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Sur quels acquis, pouvons-nous fonder la renaissance de notre pays ? s’interroge l’économiste Moussa Dioumessy (Lettre ouverte au président de la République)

wpid-wp-1452120193584.jpgLes Guinéens aspirent toujours au changement qu’ils espèrent depuis l’investiture le 21 Décembre 2010 du Professeur Alpha Condé à la tête du pays. Ils ont soif d’un renouveau en lieu et place du changement qui n’aura finalement pas répondu aux attentes.

Cette approche factuelle collective, vous interpelle directement ou non de l’impératif de changement de cap tout au long de 2016 / 2020.

Parler de la Guinée, c’est parler de son histoire, brève, passée et contemporaine, des Hommes, des communautés qui la composent, son organisation politique et sociale, ses projets, ses acquis politiques, économiques et sociaux, ses drames, ses aspirations profondes, pour comprendre le contexte actuel, très difficile dans tous les domaines, et définir les atouts, et surtout les chances, et les voies d’une renaissance éventuelle nécessaire pour notre pays.

La Guinée indépendante est née sous le signe du refus.

Une histoire pourtant remplie de bravoure, proche de l’héroïsme, avec des profonds drames et de temps en temps des périodes de sursauts, puis des errements et des crises.

Les Guinéens, loin d’être fatalistes au-delà de la solidarité nationale qui a prévalu pour votre élection à la magistrature suprême de la République, et face à la conjonction des fléaux et des inégalités, voient en ce second mandat une nouvelle ère de Bonne Gouvernance, Un Moyen, un Instrument sans précédent pour entamer une profonde mutation dans le pays

Elle devrait laisser entrevoir des lendemains meilleurs pour les Guinéens meurtris de longues décennies de misères.

Cette noble mission ne doit nullement souffrir du péril de l’échec.

Pour ce faire, il est impérieux de vous doter en sus de votre visibilité sur les actions de développement en cours, la perception de vos concitoyens ainsi que de leurs attentes afin de mieux orienter vos actions.

Nous sommes tous d’accords que la vision et l’ambition pour notre pays sont déjà inscrites dans notre devise « Travail-Justice –Solidarité »

C’est pourquoi nous soulignons avec une émotion perceptible, sur ce plan, la qualité du travail accompli par les pères fondateurs, en dépit de leurs divergences, des erreurs et des fautes des uns et des autres.

L’élite Guinéenne tout le long de sa tumultueuse histoire, lui a donné dans les processus, de promotion économique et politique de L’Afrique de l’ouest une position de leadership incontestable.

La Guinée est un Pays qui regorge d’immenses et exceptionnelles ressources,

De belles perspectives s’offraient à notre peuple, si l’on prend en compte, le potentiel minier et hydro énergétique placés parmi les plus importants au Monde.

Excellence, Monsieur le Président ;

Après une indépendance obtenue au prix de sacrifices par les pères fondateurs, la Guinée n’assume pas pleinement toutes ses responsabilités.

Le pays gagnerait à reconnaitre sa fragilité et à y faire face.

Ceci n’est-il pas la caractéristique fondamentale et essentielle du système politique qui nous impose son dictat depuis des décennies ?

Le Pays est malade de ses dirigeants, de ses Institutions, de sa justice, de son école, de son identité, de ses élites, de ses hôpitaux, la mal gouvernance etc.

Notre pays est malade partout, avec des élites dévoyées par l’ambition et l’égoïsme, un amour délirant du profit pour le maintien duquel nos dirigeants ont été capables du pire, y compris de nous faire passer aux yeux du monde pour des clowns pathétiques.

Une Administration déliquescente, des institutions Républicaines fantômes, une société civile et des communautés infestées par la corruption et la misère, dans un état informel et incompétent (Absence totale de reflexe d’homme d’Etat de nos dirigeants).

Cette situation asphyxiante pour les populations, les entreprises, les investisseurs Étrangers et pour tous les opérateurs économiques du pays, notamment ceux du secteur privé, ne semblent pas être maitrisée en dépit des efforts consentis, et qui exigent des mesures d’urgences.

Excellence, Monsieur le Président.

Votre souci de compétences techniques pour trouver des solutions aux problèmes de la Guinée, semble certes être judicieux, mais n’est pas la panacée ou la grande recette miracle que vous recherchez tant, au regard de notre histoire récente.

-1986 sous le magistère du Feu Président Lansana Conté, il faisait appel aux technocrates issus de la « Diaspora Guinéenne » dont personne ne pouvait mettre en doute leurs compétences et leurs performances dans les pays où ils exerçaient.

-1996 toujours son magistère et avec une ferme et farouche volonté de rompre avec les vielles habitudes qui ont gangréné notre pays, ne s’avérerait pas être également une solution idoine. Malgré qu’il privilégiera la cohabitation entre les « locaux résidents et non-résidents».

N’y a-t-il pas problème ?

Quelle que soit la solution envisagée, la compétence doit être choisie comme un aspect, mais ne peut pas suffire pour arriver à résoudre et opposer durablement des actes (solutions) significatifs durant tous les processus de notre évolution.

Que faire ? Comment faire ? Quelles sont les options et quelles sont les vraies priorités ?

Voilà les vraies questions, sans exclusive qui motivent et mobilisent pour réunir et reconstruire Notre cher Pays que nous aimons tant.

L’opposition au changement, la force de l’impunité, la corruption systématique, le mauvais fonctionnement de l’appareil judiciaire, la faible qualité de la Gouvernance locale, l’injustice et les frustrations l’absence de la culture du compte rendu, toutes choses qui aggravent les inégalités, vous ont poussé après un implacable diagnostic au début de votre premier mandat en 2010 a affirmer que:

CITATION: « J’AI HERITÉ D’UN PAYS ET NON D’UN ETAT »

Cela suppose comme priorité, la construction d’un état.

Excellence, Monsieur le Président.

Ce qui ne semble pas avoir été un défi stratégique de gouvernance.

Excellence, Monsieur le Président,

Qu’est-ce qu’un homme (Ministre) compétent peu ?

-Lorsque son autorité lui échappe et se trouve exercée par des subalternes…

-Lorsque ce dernier n’est pas imprégné de valeurs morales qui garantissent le respect des biens publics et des lois de la république.

-Lorsque les discours deviennent de plus en plus démagogiques maquillés par de fortes doses de zèles qui brouillent tout votre potentiel de discernement et de lucidité nécessaires à apprécier toutes incompréhensions ?

-Lorsque les enfants gâtés de la République asphyxient notre économie

-Lorsque le réflexe d’homme d’état est fondamentalement absent chez les représentants de L’état, lorsqu’ils incarnent Injustice et Frustration auprès d’innocents citoyens.

Certains de nos enfants aux cerveaux dévorés par les injustices, la précarité et le manque de repère croient que cette vie-là est la leur.

Ils ont cru à toutes sortes de promesses sous toutes les gouvernances successives   (Emploi-Santé-Conditions meilleures-nourriture pour tous).

Comme tous les jeunes du monde, ils savent d’abord ce qu’ils ne veulent pas avant de savoir ce qu’ils veulent.

Leurs jeux d’enfants sont le téléphone portable et le clavier d’ordinateur, la télévision est leur mémoire externe.

Ils disent non aux insécurités dans lesquelles ils ont grandi.

Non aux inégalités et aux discriminations.

Non à ceux qui ont toujours raison sur tout. Non à ceux qui les rançonne le soir et rançonnent leurs parents le jour.

Ils disent non à la promotion systématique des enfants gâtés de la République, des enfants arrogants, méprisants, méprisables et incompétents.

Ils disent non quand de vrais diplômés battent le macadam pour vendre des cartes téléphoniques ou périssent dans des pirogues en haute mer.

Ils disent non aux politiques toujours surpris par les évènements. Avec l’amplification de la culture, « que plus on vole plus on est béni » !!!

-La misère et l’injustice engendrent la soumission d’abord et la révolte ensuite.

Ces jeunes Guinéens arracheront leur respect et celui de leurs droits quand ils auront tous en partage la même colère, la même aversion pour la soumission.

Seul un sursaut national serait à la hauteur de nos ambitions, et pour cela, votre nouvelle doctrine de Gouvernance démocratique et économique exige la prise en compte des vraies attentes du Peuple et devraient constituer   les véritables moteurs d’accélération du processus de rupture profonde pour une croissance et du renouveau:

  • Ce qui nous parait pertinent, est de restaurer et renforcer la Justice et la sécurité comme valeurs qui conditionnent la cohésion sociale, La paix, la stabilité des institutions, l’État de droit, la démocratie et le développement économique et social.

DIOUMESSY MOUSSA.

Administrateur Civil / Economiste

CONSULTANT

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