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Dr Ousmane Kaba à Mosaiqueguinee: « l’éducation n’est pas une priorité du budget guinéen »

IMG_20160211_172430Dans une interview qu’il a accordée à la rédaction de mosaiqueguinee hier, jeudi 11 février 2016, à son bureau,  le Dr Ousmane KABA, fondateur de l’université Kofi Annan, et président de la chambre représentative des institutions d’enseignement supérieur privé, est longuement revenu sur le bras de fer qui oppose l’université privée guinéenne au gouvernement, principal client de cette université.

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Mosaiqueguinee: Vous étiez face à la presse hier mercredi, quel message clé aviez vous voulu transmettre ?

Dr Ousmane Kaba: Nous avons voulu dire simplement que les universités privées en Guinée ont énormément de difficultés pour les financements que l’Etat les doit. Comme je l’ai dit hier, il faut savoir que les universités privées ne bénéficient d’aucune subvention, pas un seul franc. L’Etat envoie des étudiants dans ces universités et payent les frais de scolarité de ces étudiants et ce sont ces frais qui ont pris beaucoup de retard, beaucoup plus d’un an. Donc les universités privées sont dans une situation où elles sont obligées de suspendre les cours par ce qu’elles ne sont pas en mesure de payer les salaires du corps enseignant et les salaires de l’encadrement. 

Je dois dire qu’il s’agit de quarante mille étudiants et cinq mille travailleurs. Donc voila pourquoi la situation est difficile. C’est pourquoi elles ont été obligées de dire  qu’elle vont bientôt suspendre les cours. D’abord le 31 janvier et sur intervention du nouveau ministre de l’enseignement supérieur, et du nouveau gouvernement, elles ont reculé la suspension des cours jusqu’au 15 février.  

Mosaiqueguinee: A combien s’élève le montant impayé ?

Dr Ousmane Kaba: Je n’en sais pas grande chose, je sais simplement, par ce que vous savez  chaque université connait ses propres montants, mais le montant global ça se discute. Mais ce que je peux vous dire, à titre d’information simplement, les étudiants qui étaient en première année l’an dernier, et qui sont à leur deuxième année, n’ont même pas de contrat à plus forte raison le payement.  C’est lors de  cette dernière semaine, la dernière discussion que nous avons eue avec le ministre de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, aujourd’hui, ce jeudi, qu’il nous a donné l’assurance qu’il va signer ces contrats. c’est pour vous dire les difficultés dans lesquelles nous sommes. 

Ce que je peux vous dire aussi, par ce que là c’est important de le savoir, c’est que dans le budget de la Guinée, en ce qui concerne l’éducation, tous cycles confondus, c’est 12% du budget. A titre de comparaison, au Sénégal, ce budget atteint 40% du budget du pays, le Sénégal. c’est pour vous dire que l’éducation n’est pas encore une priorité dans le budget de la Guinée. Or l’avenir de ce pays dépend de notre système éducatif.

Mosaiqueguinee: Au delà du non payement de ces arrières, quelles autres difficultés des universités ?

Dr Ousmane Kaba: Il y a beaucoup d’autres problèmes, vous savez il y ‘ a le problème de l’encadrement, le problème de formation des formateurs, tous ces problèmes regardent à la fois les universités privées et les universités publiques. La faiblesse générale  du niveau, qui vient des difficultés rencontrées dans le pré-universitaire, par ce que ce sont ces mêmes élèves qui deviennent des étudiants. Donc la Guinée en tant que nation a un grand effort à faire pour ameliorer le niveau de son système éducatif.

Un étudiant qui vient dans le système universitaire privé, l’Etat paye comme frais de scolarité, en moyenne, l’équivalent de 500 dollars par an, qui est le coût le plus bas dans toute l’Afrique de l’ouest. C’est à dire que nous sommes aux alentours de quatre millions. Au Mali tout près, ça ne fait même pas un bon lycée. A titre de comparaison, il faut au minimum 12 millions de francs guinéens pour les pays les plus pauvres de la sous région. C’est pour vous dire que le prix est extrêmement modéré. Et pourtant avec ça on demande aux universités privées d’avoir des produits qui soient de même niveau que ceux qui sont d’ailleurs. Et malgré ça, ce sont ces montants qui ne sont pas payés. C’est pour ça que nous sommes en énorme difficulté aujourd’hui.

Interview réalisée par Thierno Amadou CAMARA

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