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Plume à Aboubacar Diallo du 15 Février 2016

plumeIls n’auront plié à aucun vent. Rien, absolument rien, ni personne, n’aura pu les divertir ni les dérouter de leur trajectoire. De bout en bout, ils sont restés droits dans leurs bottes. Leur mot d’ordre de grève générale et illimitée est en vigueur depuis minuit de ce lundi 15 Février. En face, un exécutif qui est resté imperméable et sourd, jusqu’au trognon à des revendications légitimes. Vogue la galère !

 

Le vin est tiré, il faut le boire, enseigne l’adage! Au gouvernement Youla, à l’administration Alpha Condé, dure de feuille, d’affronter le feu roulant de grogne qui la cerne de part en part. A elle de s’y résoudre, à ses risques et périls, elle qui a incorriglement campé en Ayatollah, comme ayant brûlé ses vaisseaux. Comme si de négociations, il n’en était point question. Comme si la solution c’était d’user continûment de génuflexions et de salamalecs creux, à grand renfort de subterfuges et de personnages, facticement utilisés pour les besoins de la cause comme cautions morales. Mais en face, pour une fois depuis les heures glorieuses du syndicalisme guinéen, gravées à jamais en lettres de sang dans le marbre, grâce, on le dira jamais assez, au binôme Hadja Rabiatou Serah Diallo-Feu Ibrahima Fofana, pour une fois, il y avait du répondant, il y avait de la conviction, il y avait de l’engagement, il y avait de la détermination, bref du syndicalisme vrai. C’est vrai que peu de personnes vendaient chère leur peau, tant et si vrai qu’ils s’étaient comme à jamais fait démonétiser, à coup de soupçons de corruption, dans le subconscient collectif. Peut-être que le glas de la léthargie, de l’amorphisme, mais aussi et surtout d’un assouplissement à la limite condescendant dont a fait montre le syndicat guinéen ces dernières années, vis-à-vis de l’exécutif, a enfin sonné, peut-être que l’heure du réveil a ainsi sonné. Oui, il était temps ! Oui, il était temps pour notre mouvement syndical de se reprendre. D’ailleurs, il ne pouvait en être autrement, tant la classe ouvrière, tant la plèbe, est comme crucifiée de componctions fiscales, à l’effet pour une administration voyou de financer son escarpement budgétaire, provoqué par elle-même, du fait d’une gestion aussi lamentable que catastrophique, en voulant ainsi se défausser sur elle, la plèbe. Oui, quoique pas honnête, à la limite même immoral de sa part, de la part de l’administration Alpha Condé, de faire payer le tribut de ses propres turpitudes, soldées par une dilapidation quasi démentielle, une mise en coupes réglées, systématique, de nos maigres ressources entassées de bric et de broc après que le peuple ait entassé Pélion sur Ossa, ce peuple, le vaillant peuple de Guinée, qui d’ordinaire, a été peu gâté le long du parcours sinueux et oblique qui a été celui de son pays, s’y est résolu, sans grimace. En retour, il n’a demandé ni plus ni moins qu’une baisse, ne serait-ce sensible, du prix du carburant, consécutivement à une chute du cours des Platt’s sur le marché international. Ce n’est pas de la lune à décrocher avec ses dents. C’est une cause juste, c’est une réclamation juste. Mais, de bout en bout, par des acrobaties intellectuelles bigrement révoltantes, au moyen de prétendues contraintes de programme d’ajustement structurel, mon œil avec je ne sais quelles institutions, ils sont restés, nos gouvernants, sourds à toutes les complaintes, pourtant justifiées, de la peuplade. Préférant jouer la montre et une politique d’usure à l’épreuve, tablant sur un essoufflement précoce du mouvement de grève, déclenché, tablant aussi sur des frictions dans la ligne de front. Comme cela a été entendu déjà, venant d’une bande de fantoches et d’impies, dont les agissements sont à jamais voués à l’enfer. C’est sans compter avec l’engagement sans faille ni fard de la classe ouvrière guinéenne et de ses leaders syndicaux. Le vin est tiré, à l’administration Alpha Condé, de le boire. Mais attention, si on sait comment un mouvement social peut commencer, on ne saurait savoir quelles tournures il prendra ni quelle issue ? A défaut de casser le cou au baril, on peut se retrouver comme sur un baril de poudre ! A bon entendeur, salut !

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

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1 Commentaire

1 Comment

  1. M.Diaby

    16 février 2016 at 8 h 24 min

    Diallo, on sait que toi tu n’es pas journaliste plutôt tu es opposant, continue à flanquer ces mots inutiles et incensés.

    Tu parles des taxes multiples tout le monde sait que le guinéen est celui qui paye moins de taxes dans toute la sous-region, mais comme tu vois jusqu’au km 36, je ne t’en veux.

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