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« Je n’ai jamais forcé une porte », dixit Lounceny Nabé, gouverneur de la BCRG (interview)

Lounceny NabéA travers une interview qu’il a accordée hier, mercredi 17 février 2016, aux deux médias Djigui FM et Mosaiqueguinee.com, le gouverneur de la Banque Centrale de Guinée (BCRG), Lounceny NABE, a expliqué le rôle qui a été le sien dans la gestion de la grève en cours. Ce, en niant les accusations de sabotage portées contre lui et en estimant légitime, la présence du ministre de l’Enseignement Supérieur à sa compagnie, devant certaines banques primaires de la place.

Monsieur le gouverneur, la Fédération syndicale autonome des banques, assurances et micro finances de Guinée (FESABAG) vous accuse  de violer le droit à la grève de certains travailleurs de banque, qu’en est-il ?

Je défie quiconque de m’apporter la moindre preuve que ce que nous avons fait est contraire à la loi. De quoi s’agit il ? D’une grève illimitée décidée par des centrales syndicales concentrées essentiellement dans la fonction publique, avec des revendications essentiellement concernant la fonction publique. A cette grève, la fédération syndicale autonome des banques assurances et institutions de microfinance qui est membre de l’USTG, une des centrales syndicales ayant appelé à cette grève, par solidarité dit on,  a suivi le mot d’ordre de grève. Le secteur financier aussi s’est mis en grève, ça ce n’est pas un problème. Personne ne dénie le droit à la grève à quelque travailleurs que ce soit, à quelque centrale syndicale que ce soit. C’est un droit constitutionnelle, consacré aussi par des texte juridiques précis en la matière, c’es le code du travail. Mais le droit de grève est sérieusement encadré. D’abord normalement, le droit de grève doit être assorti d’un service minimum, la FESABAG n’a pas cru devoir respecter ce service minimum. Là non plus, ce n’est pas le but de mon propos. Ce que la FESABAG a cru devoir, c’est fermer les banques par ce que ce sont les délégués syndicaux qui sont venus fermer les banques, j’en ai les preuves. J’ai été juge et témoin moi même d’un syndicaliste qui se mettait à travers de la porte pendant qu’un directeur voulait l’ouvrir. J’ai dit, c’est la grève de la fonction publique au départ, allez dans les service publics, les administrations, les ministères, aucun n’est fermé. Aucun syndicaliste ne se promène là-bas pour aller voir le degrés d’observation de l grève. Pourquoi nous, dans notre secteur, qui ne sommes là que pour accompagner les autres par solidarité, on va être plus royal que le roi ? Mais cela n’est pas un problème au moins si c’était dans la loi, selon les principes il y aurait pas de problème. Maintenant, qu’on aille par dessus le marché, dans les salles pour faire sortir les gens, ça devient quand même très grave. Une violation flagrante de la loi qui est très claire la dessus, je vous la lis in extenso. C’est l’article 431-7 « même en période de grève, il est interdit à toute personne, à tout travailleur de s’opposer, sous peine de sanction pénale par la force ou sous la menace, au libre exercice de l’activité des salariés ou des employeurs de la même entreprise ou non« . C’est le code u travail qui le dit. On peut interpréter cela comme on le veut,  selon la bonne fois des uns et des autres. C’est vrai qu’en la matière, le juges sont les plus habilités à dire le droit.  

Mais nous n’en sommes pas là encore, je continue avec le même code du travail, sur la fermeture des établissements, qui est strictement réglementée par ce code de travail. Il y a l’article 432-1 qui dispose, citation : « le lock-out, est la fermeture provisoire de toute partie d’une entreprise ou d’un établissement décidée volontairement par l’employeur à l’occasion d’une grève des salariés de son entreprise ». La fermeture d’une entreprise pour fait de grève ne peut être décidée que par l’employeur. Ni par l’employés ni par un syndicaliste.

L’article 432-2 dit  » le lock-out est prohibé dans son principe, il est exceptionnellement licite lorsqu’il est justifié par un impératif de sécurité ou lorsque la grève est jugée irrégulière« . Voilà dans quelle mesure on peut fermer un établissement. Que l’employeur le décide, mais qu’il le décide seulement pour un impératif de sécurité. Sinon personne n’est habilité à fermer une banque.

Le gouverneur de la BCRG est-il fâché du non respect du principe de service minimum ?

On devrait l’observer mais ça c’est autre débat. Moi mon propos c’était de dire qu’à l’image des autres, ls banques et établissements financiers doivent rester ouverts ou s’ils doivent être fermés, que ce soit du fait des employeurs en raison des problème de sécurités, comme la loi le dit. Mais que quelqu’un, fort de je ne sais quoi, viennent s’arrêter pour empêcher l’ouverture de la porte ou pour disparaitre avec les clées, c’est tout ce que j’ai essayé de corriger. Et en plus, ce que je peut dire, c’est faux que je suis parti avec de la sécurité pour le faire. J’ai trouvé les gens de la sécurité sur place. Je dois dire que c’est nous Banque centrale qui avons renforcé la sécurité autour des banques en prévision de la grève. Nous l’avons nous même. Donc quand je suis parti m’enquérir de l’ouverture ou non des banques, ils étaient là déjà. Je n’ai fait que leur dire ceci:  vous êtes ici pour la sécurité, c’est pas pour violenter quelqu’un, ce n’est pas pour répondre à quelqu’un. Même si quelqu’un vous insulte, ne réagissez pas ! Voilà je leur ai dit. Je n’ai jamais forcé une porte. Toutes les portes ont été ouvertes par les directeurs. Des huissiers ont relevé tout cela.

Le gouverneur de la BCRG serait-il ébranlé par la menace de plainte que brandit la FESABAG au niveau du Bureau International du Travail (BIT) ?

Qu’ils le fassent ! Je crois que le BIT est constitué d’hommes et de structures raisonnables, ils vont se renseigner. Cela ne me fait ni chaud, ni froid. Je suis complètement serein devant ça, même devant les tribunaux. J’en serait très content d’ailleurs.

On a vu aussi votre vice-gouverneur, récemment nommé ministre en charge de l’enseignement supérieur, à votre compagnie devant certaines banques. Cette présence du ministre  a été diversement interprétée.

Abdoulaye Yéro BALDÉ est le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, membre du gouvernement de la République de Guinée. A ce titre, il est concerné par tous ce qui concerne l’Etat Guinéen, premièrement. Deuxièmement, il est vice-gouverneur de la BCRG depuis janvier 2011. Nommé ministre de l’enseignement supérieur, il n’a pas passé service encore ici par ce que son successeur n’est pas encore désigné. Donc, il peut parler des affaires de la Banque centrale. Aucune autre interprétation n’est possible. Ou en tout cas,  n’est valable.

Entretien co-réalisé par mosaiqueguinee.com et Djigui Fm, décrypté par Thierno Amadou CAMARA

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