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Kankan/Affaire d’une mosquée brulée à Diansoumana : Et si Karamo Solo était le problème ? (Par Moussa Tatakourou Diawara)

CheikDiansoumana, un district situé à une vingtaine de kilomètres de la commune urbaine de Kankan, est plongé dans un différend d’imamat qui remonte à 2010.

Il oppose les habitants du village au clan de Cheick Souleymane Sidibé, connu sous le nom de Karamo solo.

Tout a commencé lors d’un sacrifice organisé par les sages du village en 2010. Lorsque les fils de Diansoumana, se sont  réunis au village pour ce sacrifice, les organisateurs, ont officiellement informé toutes les familles du village, à travers les KABILA, et les sèrè, de la tenue du sacrifice au jour indiqué par les sages.

Karomo Solo étant résidant à Kankan-centre, s’attendait à une invitation personnelle de la part des autorités locales du village ou des sages, chose qui n’a jamais eu lieu jusqu’au jour du sacrifice, sachant que chacun devait être informé  par sa famille, son kabila, ou son sèrè.

Ainsi ce grand sacrifice s’organise à Dianssoumana sans la présence de Karamo Solo.

L’imam d’alors de la principale mosquée du village, du nom de Odia Mady Sangaré, qui était un fervent relais  des opinions de Karamo solo, n’a pu digérer le refus des sages et des autorité locales du village d’envoyer un émissaire pour informer Karamo solo à Kankan.

Pendant la prière du vendredi, tout le long de son sermon, il n’a eu de cesse de dénoncer cette attitude des sages et des autorités, qu’il accusera d’être contre le succès des enfants de El Hadj Ansoumana, connu sous le nom de Diankana karamokè, le défunt père de solo qui d’ailleurs a été pour beaucoup dans l’expansion de l’islam en Haute guinée, durant toute sa vie.

Dans ce sermon, largement relayé par les radios privées de Kankan à l’époque, l’imam Odia Mady Sangaré, a dit haut et fort quelque part qu’initier ou organiser  tout sacrifice à Dianssoumana sans associer ou inviter les fils de El Hadj Ansoumana, est une démarche vouée à l’échec.

Du moins, les vœux pour lesquels celle-ci est entreprise, ne seront point exaucés par le Tout puissant Allah, soutenant que Dieu même est de nos jours du côté des enfants d’El Hadj Ansoumana, à en juger par la popularité d’un d’entre-eux, El Hadj Cheick Souleymane, en l’occurrence.

On se rappelle, ce vendredi  avait été marqué par de violents soulèvements dans le village contre l’imam Odia Mady, et sa famille.

Toute chose qui ne laissera pas Karamo solo indifférent, qui le révoltera même.

Aussitôt, il décida de se déplacer pour aller contester la décision du Sotikémo du village, qui avait pour un premier temps, écarter l’imam Odia Mady de toutes les activités religieuses du village jusqu’à nouvel ordre.

Arrivé au village, accompagné de ses talibés, il trouve le sotikèmo absent à la maison, il se dirige directement à la mosquée, où était ce dernier.

S’ensuivirent de violents affrontements entre les talibés et les jeunes du village. Karamo Solo n’a eu d’autre solution que d’appeler la gendarmerie et la police pour rébellion contre sa personne.

Des éléments de la gendarmerie, débarquèrent aussitôt et procédèrent à des arrestations ciblées contre des personnes accusées, au total neuf.

Parmi elles, le président de la jeunesse et le chef de district, avant que lui-même (Karamo Solo), soit sous bonne escorte des mêmes éléments pour Kankan.

Le lendemain de ces arrestations a été suivi d’une manifestation géante des femmes et filles de Diansoumana, qui marchèrent de leur village à Kankan-centre, avec un seul pagne rouge attaché aux poitrines et des foulards rouges sur la tête, en signe de  protestation.

Elles marchèrent de la préfecture au gouvernorat en passant par le palais de justice pour demander la libération de leur fils et maris.

Une libération qui ne sera rendue possible que suite à une forte implication des sages de Kankan, celle du grand imam et du khalif El Hadj Amadou Chérif, qui a d’ailleurs joué un grand rôle dans ce conflit alors qu’au préalable, il avait été récusé par Karamo Solo qui tenait à la tenue d’un procès contre son village.

Quelques temps après, une rencontre pour parler de réconciliation entre lui et son village, avait été initiée par Karamo Solo.

Grâce à l’implication du préfet d’alors, du Djélitomba, et d’El Hadj Amadou chérif, après des semaines de pourparlers, une paix durable avait été conclue par les médiateurs entre les parties, mais le départ de l’imam Odia Mady était non négociable.

Le village avait déjà fait appel à un autre fils du nom de Souleymane Sidibé qui était imam à Kounankoro pour venir prendre les destinées religieuses du village, et depuis lors c’est lui l’imam de Dianssoumana.

Depuis quelques jours, à en croire nos sources, Karamo Solo, se serait décidé de faire revenir le même imam Odia Mady, pour faire prier le village.

Pour éviter le pire, une réunion des 12 villages peulhs de Batè, a été convoqué à Banlandou, il y a 4 jours pour discuter du problème.

Au sortir, il aurait été clairement dit à Karamo Solo que le nommé Odia Mady ne pourra plus faire prier la mosquée du village.

On lui aurait même proposé, vu qu’il a sa propre mosquée de mettre cet imam Odia Mady, à la tête de celle-ci, ou toute autre personne de son choix,

Rien n’y fît ! Vendredi, un communiqué de Karamo Solo portant annulation de son arrivée à Dianssoumana, pour la prière du vendredi Saint, pour cause de réunion avec le préfet Aziz Diop, fut lu sur les ondes de la radio Milo FM.

Concernant l’incendie de sa moquée qui alimente la chronique sur la toile, un court-circuit serait à l’origine des feux.

Des citoyens de Dianssoumana interrogés par mosaiqueguinee.com, nous ont confié que jamais on ne touchera à un lieu de culte, une maison de Dieu dans cette localité, quel que soit le différend avec un de ses fils.

A noter que Karamo Solo n’est pas à son premier affrontement avec son village.

En 2009, les femmes du RPG, avaient organisé une mamaya de soutien en faveur de leur président, le Pr Alpha Condé, cette mamaya aussi s’était soldée par des arrestations des organisatrices par des gendarmes sur la demande expresse du Cheick.

Ambassadeur de la paix de l’UNESCO oui, mais ça commence chez soi, dans son propre village !

Nous y reviendrons.

Moussa Tatakourou Diawara

Commentaires

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1 Commentaire

1 Comment

  1. Mamoudou Babila

    21 février 2016 at 21 h 11 min

    Rien que des balivernes, c’est pas l’auteur de cet article qui m’avait demandé avant aujourd’hui de lui passer le numéro de la personne qu’il diffame aujourd’hui pour un besoin. Karamo Solo n’est connu par personne dans les mouvements politiques. C’est là que nous l’apprenons. On se connait. Quand on a ses espoirs perdus, on raconte du n’importe quoi. Voir même on se prostitue pour trouver quelque chose à mettre dans les bottes. ça vaut le coup. Car si on se fait une ambition sans les moyens, on vend sa dignité. « Femmes en pagnes rouges » archi faut. « Manifestation politique » du faut. La libération par El Hadj Amadou, c’était sur l’accord de Karamo. Il m’oblige à faire des révélations et le ferez dans les prochains jours.

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