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Affaire Mohamed Diallo: Quand l’enquêteur blanchit son présumé « coupable »! (Par Ibrahima Diallo)

Ibrahima DIALLO

Ibrahima DIALLO

Si depuis le meurtre de notre confrère El hadj Mohamed Koula Diallo au siège de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée – UFDG – le 5 février dernier les camps de Cellou Dalein et de Bah Oury n’arrivent pas à se départager sur la responsabilité du présumé auteur et de son éventuel complice alors que la gendarmerie en charge de l’enquête semble choisir sa position, il semble évident maintenant que les déclarations des acteurs concernés et/ou impliqués et aussi les conclusions de l’enquête nous ouvrent le chemin de la vérité.

Qui de Cellou Dalein ou de Bah Oury aura – t – il le dernier mot à l’issue du processus judiciaire en cours dans l’affaire du meurtre du journaliste cité plus haut ?

La question reste posée et bien malin qui nous dira la réponse espérée.

A date, la guerre de communications de l’un et de l’autre des camps en opposition ne consiste qu’à tirer la couverture sur soi d’une part et accuser l’autre de tous les noms d’oiseaux, d’autre part.

Et pour les avocats du président de l’UFDG, le Colonel Tamba Gabriel Diawara serait instrumentalisé par la Dame Thémis pour juste incriminer le principal leader de l’opposition guinéenne dans le but de déstabiliser ce dernier sur l’échiquier politique national. Dénonçant du coup l’impartialité des enquêteurs.

Les amis et alliés hier, Cellou Dalein et Bah Oury ne filent plus le même fil de coton aujourd’hui, n’accordant leur violon sur rien dans le combat politique qui les unissait.

A l’étape actuelle du processus, loin de savoir ce qui en résultera du verdict de la justice de notre pays dans cette affaire qui défraye la chronique. Pour l’heure, certains alliés et pas des moindres de la mouvance présidentielle seraient outrés par le manque d’indépendance de notre justice dans cette affaire.

A propos, certains observateurs pensent que la justice se passe à deux (2) vitesses. Pour certains parmi eux, le pouvoir de Conakry pourrait avoir à se reprocher en soutenant le camp de Bah Oury. Et pour cause. D’après tout, toutes les arrestations opérées ont été du côté de Cellou Dalein et pas de l’autre. Et en plus, le gouvernement brille par son silence.

En tout état de cause, l’UFDG qui est et demeure la principale force politique de l’ère Alpha Condé offre présentement un spectacle de désamour entre le président du parti et son ex vice–président.

Pour rappel, l’exclusion de Bah Oury qui réclamait sur tous les toits sa « paternité » du parti aura été la pilule impossible à avaler par ce dernier. Cela faisant suite au «prétendu » ralliement de celui-ci avec le Président de la République.

En effet, les rencontres des deux (2) hommes à Paris en France, la grâce présidentielle à lui accordée par le chef de l’Etat qui pourtant accusait l’enfant de Pita d’être impliqué dans les attaques contre sa résidence privée de Kipé le 19 Juillet 2011 et son retour au bercail suivis des marques de sympathie qu’il voue à son bienfaiteur et aux proches du chef de l’Etat sont les maux de Bah Oury qui étaient de nature à bouleverser Cellou Dalein et compagnie.

De l’avis de certains militants et sympathisants de l’UFDG qui le pensent, il y’aurait eu un deal politique entre Bah Oury et le Pr Alpha Condé dans le seul but de détruire les fondements de l’UFDG.

Il n’est superflu de rappeler qu’avant l’incident mortel du jour et en prévision de toute éventualité, la direction du parti avait saisi le Commandement de l’Escadron mobile N° II de Hamdallaye et aussi la mairie de Dixinn à cause de la décision de Bah Oury d’user de gré et/ou de force pour participer à une rencontre à laquelle il n’était pas conviée. Mais hélas ! Aucune de ces autorités n’aura prises les dispositions utiles pour sécuriser les lieux et particulièrement le siège de l’UFDG. Même Balla Soumaré serait informé et aurait recommandé à Cdt Cissé de l’Escadron N°II de prendre ses responsabilités. Malheureusement la mort d’El hadj Mohamed s’en suivra là dans un trouble décor.

En dépit de l’arrestation et la détention d’une vingtaine de personnes de son côté, l’Honorable Cellou Dalein Diallo reste serein présentement alors qu’au même moment Bah Amadou Oury continue sa fuite en avant contre son ancien collaborateur, notamment en portant plainte contre Cellou Dalein pour « diffamation ».

L’enfant de Dalein dans la préfecture de Labé apparait imperturbable dans ce combat comme dans le combat politique qu’il mène sur le terrain pour une Guinée unie, prospère et émergente.

Récemment, l’Honorable Cellou Dalein a participé aux cérémonies de la Djihara à Labé où il s’est entretenu avec les responsables des différentes fédérations de l’UFDG de la Moyenne Guinée avec lesquels il a échangé sur l’actualité du parti. Sur son chemin de retour sur Conakry, il a fait l’objet d’un bain de foule triomphal à Pita et à Mamou d’où les milliers de militants ont réitéré leur soutien  inconditionnel au président de l’UFDG.

Pendant ce temps, l’officier judiciaire en charge du dossier essuie toute sorte de critiques de la part du pool d’avocats de l’UFDG sur la conclusion de ses enquêtes. Le Colonel Tamba Gabriel Diawara, après donc s’être prononcé publiquement sur le dossier d’enquêtes en place et lieu du Procureur de la République, le seul habilité à le faire en effet, déclinera par ce biais une image sombre de son institution, la Gendarmerie, pourtant réputée jusqu’à date d’être « bon enfant » parmi les forces de sécurité et de défense  de notre pays.

Officier supérieur de son état et aussi ambassadeur du Haut commandement de la Gendarmerie Nationale, Direction de la Justice Militaire du Général Baldé Ibrahima, l’enquêteur en chef aurait – il aujourd’hui la conscience tranquille dans cette affaire ?

S’il est avéré que la volonté du Pr Alpha Condé est d’éliminer toute force politique d’opposition à son régime en tentant de se faire rallier des leaders politiques, d’une part et également de déstabiliser l’UFDG, d’autre part, il est à souligner que l’impact d’une bonne gouvernance politique dépend cependant aussi, pour tout pouvoir, de sa capacité d’adopter et d’accepter une opposition forte susceptible de lui tenir tête pour la bonne marche de notre jeune démocratie.

C’est dans cette trajectoire qu’il convient d’éclairer la lanterne de l’opinion publique nationale et internationale sur ce qui s’est réellement passé le 5 février 2016.

Si l’appareil judiciaire national se montre responsable en tranchant efficacement en faveur du droit, la crédibilité de l’Etat en gagnera en points. Mais si celui – ci persiste dans la démarche en cours alors cela risquerait fort d’avoir un coup dur pour les investissements  étrangers. Car seule une justice équitable doublée d’une sécurité sans faille dans un pays encourage les investisseurs à s’y installer. Espérons quand même que notre Dame Thémis aura la main franche pour dire le droit et tout le droit et rien que le droit.

Vivement la vérité et toute la vérité.

Ibrahima Diallo

DG Radio Liberté FM

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