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Plume à Aboubacar Diallo du 29 Février 2016  

plumeJusqu’au trognon, ils lui mèneront la vie dure. Lui qui pensait, par un tour de passe-passe magique, leur avoir porté le coup de grâce, doit à présent se raviser. Sa seconde mandature risque bien d’être plus agitée. Oui, car, en plus de faire face encore et toujours à la rudesse de leur opposition, il doit faire avec le désamour de son propre camp…

 

 

On dit de lui qu’il est un animal politique qui adore les castagnes, eh bien, d’un bout à l’autre de sa gouvernance, il aura été bien servi. Oui, fort heureusement d’ailleurs pour notre pays, autrement, nul n’aurait pu mesurer les excès de sa propension hégémonique, de sa volonté bigrement incoercible d’étouffer toute contrariété, d’écraser, de réduire au silence toute opposition. Fort heureusement pour notre pays, qu’il ait trouvé chaussures à ses pieds, oui, car en face, il y a une opposition, certes, qui cherche toujours son chemin de Damas dans le labyrinthe de ses coups fourrés, qui n’aura jamais, du moins jusqu’ici, su à en déjouer le moindre qui soit, mais une opposition, tout de même, lui-même le sait de science certaine, qui ne se laisse pas aisément manger la laine de sa peau, une opposition qu’il sait frondeuse, rouspéteuse, teigneuse, et d’un jusqu’auboutisme qui ira se décuplant, après ce qu’elle a subi de lui jusqu’au sortir de sa présidentielle-réélection. Pour toutes les couleuvres qu’il lui a fait avaler, pour toutes les tuiles qu’il a infligées à cette opposition, au gré de ses tours de passe-passe magiques dont lui seul a le secret, pour toute la roublardise dont il a fait montre à son égard, en voulant chaque fois se jouer d’elle, en voulant chaque fois la mener par le bout du nez, pour prendre le meilleur sur elle à chaque compétition électorale, pour avoir donc fait la nique jusqu’au bout à cette opposition, sans jamais un chouia vouloir d’un dialogue franc et sincère avec elle, celle-ci, cette opposition semble désormais plus qu’avant, bien décidée à lui mener encore et encore la vie dure, bien décidée, on va dire à lui gâcher la vie, bien décidée à lui tenir la dragée haute jusqu’au bout. Pourtant lui, il pensait avoir fait le plus dur, en mitraillant les rangs de celle-ci, en faisant passer à la trappe à la queue leu leu, Don Kass, Bouba Barry Big Up, feu Jean Marie, Sidya Touré, devenu son Très Haut Représentant sans que celui-ci ne sache encore où se placer dans les dédales du palais, et et pour le moins inattendu du monde, Bah Oury, dernier trophée de chasse mais au goût amer, puisqu’à la fin, il se rend bien compte son coup est loin d’avoir été fumant, il pensait pourtant avoir fait le plus dur, après toute cette machination, qui consistait à aboutir à une strangulation définitive de son opposition, lui-même ayant fait de cela un défi personnel, il en avait d’ailleurs urbi et orbi fait l’annonce, en dépit de tous les risques que cela comporte pour notre démocrature, oui les risques d’un retour au parti unique, il pensait avoir porté l’estocade à son opposition, la voici lui revenir à la figure, plus que jamais déterminée à en découdre avec lui, une opposition qui recharge ses accus, et qui affriole, puisqu’elle pourrait même voir ses rangs grossir à nouveau avec le débarquement de tout le contingent d’anciens ministres frustrés et d’anciens alliés, déçus d’avoir été utilisés par lui comme des marches-pieds pour assouvir ses ambitions et jetés par après comme des citrons pressés. Les vendages faites, adieu le Saint ! A nouveau, le chiffon rouge des manifestations de rue. Désormais, cette opposition veut aller au-delà des chicaneries politiques, l’occasion faisant les larrons, elle se veut à l’écoute des populations, elle veut réussir là où les syndicats ont échoué, c’est-à-dire tordre la main au gouvernement, vogue la galère, quel qu’en sera le pot cassé, pour qu’il baisse le prix du carburant. C’est opportuniste certes, mais à la guerre comme à la guerre ! Tous les coups sont à asséner pourvu qu’il fasse mal à l’adversaire d’en face. Les opposants d’Alpha, c’est sûr, ont juré devant leurs grands dieux, ils ne lui feront encore aucun quartier. Ils cherchaient une occasion de lui chercher noise, la CENI vient de leur en donner une. Mais à côté, il ne faut pas oublier le grand désamour de son propre camp vis-à-vis de lui. Comment en sortir les braies nettes ? Bien malin qui pourra le dire !

 

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