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Plume à Aboubacar Diallo du 12 Avril 2016

plumeVoici 100 jours qu’ils sont à l’abordage, la plupart à l’étroit, comme engoncés dans une tunique qui les bride. Pourtant, ce n’est pas de l’espoir qui a manqué à leur nomination. A l’heure d’un premier bilan plutôt révélateur de la voie empruntée, point de quoi pavoiser !

 

A sa constitution, les mêmes défauts, que dis-je les mêmes malformations congénitales comme les précédents. Non seulement accouché de liaisons dans la plupart des cas incestueuses, oui parce que soit c’est lui-même qui y a envoyé son ex qui a copté à son tour son cousin de frère, oui parce que c’est l’autre qui y a envoyé son beau-frère, soit l’ami de l’autre, le fils de l’autre, et patati et patata, embarqué sur des bases plutôt irrationnelles, non seulement cela, mais aussi et surtout souffrant d’hydrocéphalie, pour avoir été annoncé à grand bruit et idéalisé à souhait. L’essai cent jours après, est à mille lieux d’être fumant. Ce n’est pas son géniteur qui dira le contraire. A l’Alpha, un premier des ministres, plutôt falot, mou comme une chiffe, plus que la copie conforme de son prédécesseur, le mufti Saïd, taciturne comme un chameau, plus douillet, plus serviable et taillable à satiété par un président bling-bling, omniprésent, omnipotent, qui ne cède un pouce de pouvoir que formellement. Dans la réalité, il n’en est rien, absolument rien. Même ceux, parmi lesquels, d’irréductibles opposants au régime, qui avaient vu en son arrivée au Petit palais, un grand signe d’espoir, en sont réduits à deux ronds à flan sur son compte. Oui que Mamady Youla, puisque c’est de lui qu’il s’agit, fait pâle figure à un poste dans lequel il ne semble jamais être entré. Même là où on l’attendait le plus, en messie d’une économie exsangue, sinistrée par Ebola, il est plutôt à la peine, sur le mauvais chemin. Oui, Youla, se goure en s’imaginant relancer une économie en marmelade, à grand renfort d’impositions fiscales, au lieu plutôt de la relancer par la consommation en libérant la dette intérieure à même de remettre au travail les entreprises et autres PME locales, dans le Radeau de la Méduse. Quid du dialogue social et politique ? Que dalle ! Comme son prédécesseur, Youla, n’en a eu que peu cure. Conséquence, la Guinée qui renoue avec ses vieux démons politiques, qui n’étaient pas allés loin et qui sont revenus au galop. L’ébullition n’en est qu’au début, alors que l’abcès des revendications syndicales, est loin d’être totalement crevé, en dépit du calme revenu après la tempête d’une grève au goût amer d’inachevé. Finalement Youla, apprenti-sorcier en chef d’une équipée de bras cassés, aux marges de manœuvres bien rognées, est bien dans de tous petits souliers, condamné à faire du surplace pour tout au moins exister. Mais comble de tout, à croire que Mamady Youla, cent jours après en soit encore à cogiter sur sa déclaration de politique générale devant la représentation nationale, c’est triste, c’est navrant ! Venons-en à son attelage. Là-aussi, c’est presque la désillusion sur toute la ligne. Comment attendre le miracle de ministres qui ignoraient tout jusqu’aux rudiments du fonctionnement d’une administration, oui des ministres, pour certains, dont le CV a plutôt trahi et s’est révélé en décalage avec la compétence prétendument attribuée. Il eût fallu se mettre à l’école d’un consultant sénégalais, pour apprendre c’est quoi être un ministre et comment se tenir à table. Parlons des nouveaux venus pour commencer. Dans les rangs de ceux-ci, seuls Dr Mohamed Diané, Moustapha Mamy, Siaka Barry, André Loua et Abdoulaye Magassouba, montrent pour le moment des signes d’envie, pour tout le reste, on cherche ses marques et son chemin de Damas. Aux affaires étrangères, au plan et à la coopération, aux TP, à l’environnement mais plus aux finances et au budget, la baudruche s’est dégonflée, il y a eu comme supercherie sur marchandise. Il n’y a point de gloire ni de fierté à tirer de leur nomination pour peu qu’on se souvienne de ceux qu’ils ont remplacés, remerciés dans la plupart des cas, non pas par incompétence ou par défaut d’intégrité ou de résultat. Avec ces nouveaux, c’est la personnalité et l’aura, mêmes, qui s’attachent à une fonction ministérielle, qui ont été désacralisées. Quid des anciens ? Pour la plupart, ils font du surplace, tourniquent et peigne la girafe, démunis qu’ils sont face aux défis et ambitions personnelles. Oui, c’est cela la marque de fabrique de la gouvernance Alpha, sinon chez eux tous ou presque, c’est le moyen qui fait défaut, mais ni l’envie de bien faire, ni  le talent, ni la vision. Les ministres Damantang, Naité, Kalifa, Sultan, Sékou Kourouma, Loucény, sont toujours sur la bonne trajectoire…  

 

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