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Plume à Aboubacar Diallo du 25 Avril 2016  

plumeL’indignation au summum, le comble de l’horreur ! Rarement, une barbarie d’une aussi grave acupuncture, a été commise par des agents des services dits de sécurité, sur un citoyen. La preuve encore si besoin en était, d’une réforme loin des attentes.  

 

 

 

Le seuil de l’intolérable franchi. A jamais, la vidéo de la honte, la vidéo de l’abjection suprême pour la police guinéenne, la vidéo qui vient tout déconstruire, la vidéo qui vient mettre à nu des pratiques innommables, des pratiques d’une autre époque, dont sont encore capables les policiers guinéens, sur ceux dont ils ont en charge, dit-on officiellement, la sécurité. Quelle monstruosité que ces images de sévices corporels infligés à un citoyen ? Quelle cruauté humaine ? Quelle inhumanité ? Quelle bestialité ? Oui, les mots n’ont pas la résonnance de l’étendue de l’ignominie commise ? Qui aurait cru qu’en 2016, au pays d’Alpha Condé, nos policiers, seraient capables de soumettre un citoyen, fut-il celui qui a commis le plus grand crime, à une atrocité aussi inqualifiable ? Qui n’a pas été frappé de stupeur, d’indignation, de révolte intérieure, de répulsion, à la vue d’images ayant emballé la toile ces jours-ci, dans lesquelles, on voit un citoyen attaché comme un coyote, une barre de bois ou de fer, enfoncée entre ses jambes, se faisant martyriser par des policiers sur les tenues desquelles, il a été identifié la mention Bac ? Un supplice d’une extrême animosité, qu’on ne saurait infliger même à un animal, à plus forte raison à un être humain, un concitoyen qui plus est. Ce supplice, un citoyen, en a été victime. Un citoyen qui, pour avoir été aussi tyrannisé, aussi maltraité, oui, n’en pouvant plus de subir les assauts répétés, les coups de boutoir de ses bourreaux, ayant des pierres en lieu et place de leurs cœurs, demanda à ces derniers, de l’achever au lieu de le soumettre à un tel cynisme. Oui, le pauvre, gémissant de douleurs extrêmes, l’âme chevillée au corps, demanda qu’il lui soit ôtée la vie. C’est à se rendre compte de l’amplitude et de la sévérité, de la dureté de la cruauté, à lui, infligée. J’ai vu le gouvernement se fendre d’un communiqué de condamnation, dans lequel il promet, via une enquête qui sera diligentée, dit-on, par le Directeur de la police, sévir pour retrouver et punir les auteurs de cette monstruosité, je dis au gouvernement qu’il lui est interdit de se louper sur ce coup des plus graves, qu’il lui est interdit tout subterfuge, tout faux-fuyant, qu’il faille qu’il agisse, qu’il faille une correctionnelle à la dimension de l’horreur perpétrée. Plus encore, c’est un sujet qui interpelle au premier chef le ministre Abdoul Kabélé Camara, qui a été à l’avant-garde du combat de la réforme des forces de défense et de sécurité. Il est ainsi mis face aux bégaiements et aux inachèvements de cette réforme, qui, il faut le dire, n’a pas réussi à extraire des rangs, toutes les brebis égarées, venues à la police, et plus généralement dans les services de sécurité, dans des conditions dantesques, à la limite surréalistes. La gangrène se soigne à partir de la racine. Au Directeur Général de la police, à défaut de démissionner, il lui incombe l’impératif péremptoire, de faire flèche de tout bois, pour que les auteurs de ce crime odieux, soient absolument retrouvés et punis comme jamais. Une mesure attendue de lui et qui pourrait mettre un peu de baume aux cœurs saignants de meurtrissures des guinéens, c’est de suspendre ou de relever de ses fonctions, le colonel Soumah de cette Bac N08 de la honte. Aux organisations de défense des droits de l’homme, je dis que j’ai été outré, scandalisé, face au mutisme dans lequel elles se sont murées, depuis la découverte de ces images immondes. D’ordinaire, promptes à rouspéter, à ruer dans les brancards, que s’est-il passé pour que vous donniez votre langue aux chats, tout ce temps ? Le ministre de la justice est tout aussi interpelé au premier chef. Il ne peut aucunement se montrer fleur bleue sur la question. A lui d’agir pour qu’enfin, des criminels de grand chemin, qui ont été plusieurs fois, arrêtés et conduits en taule, n’en ressortent plus, l’énergie décuplée, la rage au cœur, pour commettre plus de méfaits. Enfin, au ministre de l’unité nationale, de la citoyenneté et des droits de l’homme, je sais qu’il en est profondément blessé, d’agir pour que ces crimes ne restent pas impunis. Lui, il se loupera pas, comme d’habitude !

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