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Quand le premier ministre se rend coupable de « délit de mensonge » (Par Mamadou Pathé Barry)

pm_youla_confAu lendemain de la présidentielle du 11 octobre dernier, l’incertitude planait au-dessus des têtes de tous les Guinéens, et ce à propos de la nomination du prochain premier ministre pour former l’équipe gouvernementale.

Bien que des spéculations venaient de toute part, la nouvelle tant attendue tomba dans la nuit de ce samedi 26 décembre 2015. Un décret lu sur la télévision nationale par le ministre secrétaire général à la présidence de la République annonçait la nomination d’un certain Mamady Youla au poste de premier ministre chef de gouvernement.

Cette nomination aussi surprenante qu’elle a pu paraître, car l’intéressé méconnu du grand public, a tout de même été saluée par l’opinion nationale toute entière. Pour cause, le profil du désormais locataire du palais de la colombe donnait une lueur d’espoir à tout un chacun quant à la gestion future du pays.

Mamady Youla n’appartenait pas à cette génération de vieux corbeaux qui rôdent autour de la sphère Étatique depuis une éternité sans jamais songer à la postérité. Il devient ainsi le premier « Premier Ministre » née après l’indépendance, donc symbolisant par là une rupture avec les vieilles pratiques et redonnant au passage confiance et espoir à cette jeunesse en manque de modèle.

Alpha Condé lui-même croyait donner une chance à la jeune génération de faire ses preuves ; la composition du gouvernement le prouve largement.

Jamais une nomination sous Alpha Condé n’a fait autant l’unanimité au sein de la classe politique guinéenne. Pour la première fois, les adversaires de ce dernier étaient tous d’accords que c’était « un bon choix ».

Même Cellou Dalein Diallo, leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée, le qualifiait de « garçon brillant », saluant sa « rigueur » et sa « droiture ».

Mais Mamady Youla a-t-il su entretenir cette confiance placée en sa personne par le peuple de Guinée ?

Pour ma part je dirai « NON » !

Aujourd’hui, comme beaucoup de mes concitoyens, je suis déçu à plus d’un titre par monsieur le premier ministre, Mamady Youla.

Mamady Youla s’est rendu coupable d’un délit de mensonge face à son peuple qu’il a d’ailleurs osé regarder droit dans les yeux pour faire de fausses déclarations.

Dans la journée du jeudi 12 mai 2016, au cours de la conférence de presse qu’il a donné à l’Hôtel Palm Camayenne, le premier ministre a menti à tout le peuple de Guinée. Par cet acte, il a prouvé que tous les engagements pris par son gouvernement ne devraient susciter aucun espoir. Car s’il arrivait que certains de ces engagements n’étaient pas respectés pour quelque raison que ce soit, il n’hésitera pas à les renier devant son peuple.

Au cours donc de la conférence, M. Mamady Youla a une première fois, dans ses propos préliminaires, annoncé que son pays, la Guinée, a été retiré de la liste noire des pays tiers non coopérants en matière de pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

Interpellé plus tard par un journaliste sur la question, il s’est juste contenté d’insister là-dessus d’où le premier mensonge.

Cette question avait été clairement tranchée il y a moins d’un mois par M. César Deben Alphonso, qui dirigeait à Conakry une mission de la Direction Générale des Affaires Maritimes et de la Pêche de l’Union européenne. Il s’est exprimé en ces termes : « Je ne peux pas vous dire que le carton rouge a été retiré. Personne ne peut le dire. C’est au conseil des ministres  de le décider. La seule chose que nous pouvons dire formellement, c’est que suite aux dernières négociations de cette mission, nous allons donner un avis positif pour que cette procédure soit menée à bon terme ».

Revenons à la question qui se retrouve sur toutes les lèvres ; le prix des produits pétrolier à la pompe.

Cette question était l’argument principal des centrales syndicales, qui se sont joué du peuple pour obtenir les miettes qu’ils ont toujours convoité.

Après une semaine de grève au mois de février dernier, l’accord trouvé suite à l’implication de l’assemblée nationale tranche la question comme suit :

2.1. De la révision du prix du carburant à la pompe

Les parties conviennent de maintenir le prix du litre de carburant à son niveau actuel. Par ailleurs, elles conviennent que, si le prix du baril venait à augmenter, le prix à la pompe en Guinée continuera à être maintenu au prix de 8000 Gnf jusqu’en Décembre 2016.

Cependant, si le prix du baril se maintient à 57 Dollars, le Gouvernement, le Patronat et le Syndicat conviendront du prix du litre à appliquer à la pompe dans les 90 jours.

A seulement une semaine de l’expiration de ce délai, alors que le baril se négocie à moins de 50 dollar US, monsieur le premier ministre Mamady Youla n’a pas hésité une seule seconde à renier cet engagement pris par son gouvernement lors des négociations en déclarant que le gouvernement guinéen n’a pris aucun engagement dans ce sens.

Après tout, je me demande si Mamady Youla mérite son poste de premier ministre. Ne devrait-il pas purement et simplement déposer sa lettre de démission auprès du chef de l’Etat ?

En tout cas s’il ne le fait pas, sachons que plus aucun espoir n’est permis avec ce gouvernement qui n’hésitera de changer de veste à chaque fois qu’il le voudra.

A bon entendeur salut !

Mamadou Pathé Barry

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