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Le Liberia et la Guinée enquêtent sur des accusations de corruption dans le secteur minier

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Dans un rapport de 44 pages publié le 11 mai et intitulé « The Deceivers » (« Les imposteurs »), Global Witness détaille des opérations menées par des responsables de la compagnie minière britannique Sable Mining, pour obtenir ou sécuriser des permis au Liberia et en Guinée.
A la suite des allégations de Global Witness, le Parlement libérien a décidé le 20 mai la création d’une commission spéciale indépendante d’enquête sur ce dossier, composé de six membres, a déclaré lundi à l’AFP un porte-parole de cette institution, Isaac Redd.
Sable Mining, cotée en bourse, a été fondée par les Britanniques Philippe-Henri Edmonds dit Phil Edmonds, ancienne vedette de cricket, et Andrew Groves, que l’ONG accuse d’avoir « bâti leur empire sur le marché boursier avec la corruption et les escroqueries ». La société, citée dans le rapport, a réfuté toutes les allégations.
Le rapport de l’ONG accuse Sable Mining d’avoir payé au Liberia près de 960.000 dollars (plus de 855.000 euros) à plusieurs responsables du pouvoir ou à des proches entre 2010 et 2012 pour s’assurer leurs faveurs.
Parmi les bénéficiaires sont cités l’actuel président du Parti de l’Unité (UP, au pouvoir) Varney Sherman, par ailleurs ancien avocat de la société, un ancien président de l’Assemblée nationale, Alex Tyler, et un ex-ministre des Finances aujourd’hui sénateur, Morris Saytumah.
Le rapport fait aussi état de milliers de dollars consacrés à des frais – notamment de voyages et de téléphone – pour un beau-fils de la présidente Ellen Johnson Sirleaf, Fombah Sirleaf, chef des services du renseignement du pays.
La présidence libérienne a de son côté annoncé avoir déjà mis en place une commission comité pour enquêter sur ces allégations.
Pour la Guinée, Global Witness évoque « des millions de dollars » déboursés par Sable Mining pour financer la campagne pour le scrutin présidentiel d’Alpha Condé, élu en décembre 2010.
Ces montants ont été versés notamment à son fils, Alpha Mohamed Condé, et à un de ses proches, Aboubacar Sampil, toujours selon le rapprt. Mais l’ONG précise que son enquête n’a permis de prouver « aucune malversation de la part d’Alpha Condé » lui-même.
En réaction à ces « graves allégations » de Global Witness, le ministre guinéen des Mines et de la Géologie Abdoulaye Magassouba « a demandé que soient prises toutes les mesures nécessaires pour examiner tous les permis miniers obtenus en Guinée par Sable Mining Africa Limited », a annoncé le gouvernement le 13 mai.

AFP

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