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Plume à Aboubacar Diallo du 24 Mai 2016  

plumeEt cette autre forme d’inaction bien guinéenne, sous Alpha Condé ! Du fait d’un aplatissement trop condescendant au chef, c’est le fonctionnement et le travail le long de tout l’appareil d’Etat, qui s’en trouvent compromis, le développement du pays avec. Tous les hauts commis, se massant à chaque fois, comme obligés, dans les roues de celui-ci.

 

 

C’est une futilité made in Guinée ! Une forme d’oisiveté crée et entretenue. Uniquement par mimétisme, on va dire, non pas par obligation. Oui, en Guinée, il est malheureux de constater que cette autre forme d’inaction, a bien de beaux jours devant elle, tous s’y complaisant comme à une partie de plaisir. Chef suprême, subalternes, laudateurs et mêmes valets. Le chef, aveuglé, sous l’empire du culte de la personnalité, tous les autres se croyant redevables de lui d’une obséquiosité à tous crins, au point d’être capables d’une renonciation à soi et à sa dignité pour s’aplatir devant lui comme des carpettes. Conséquence, eux tous, se sentant comme obligés de suivre, tels des moutons de Panurges, le grand chef, partout où le vent des cérémonies de poses de premières pierres, d’ouvertures, de clôtures et d’inaugurations, conduisent celui-ci. Résultat, pour le plus clair du temps, c’est le fonctionnement même et toute la chaîne de travail de l’appareil d’Etat, de l’administration publique, qui en prennent un coup d’arrêt des journées et des journées, sans compter tout le tracas, tous les désagréments causés aux citoyens, dans la circulation, dans une capitale où ils étouffent déjà sous le poids d’un rodéo urbain rasant, à leur couper le souffle. Pour s’en faire une idée, trois exemples des plus récents. La réception d’un chef d’Etat étranger, la pose d’une première pierre et une inauguration. Du folklore étatique à toute vapeur, à grand renfort de tintamarre à coups de sirènes et de klaxons ! Il y a quelques semaines, j’ai vu encore comme cela est de coutume, tout le petit monde qui symbolise ce qu’il y a de substantiel dans l’Etat guinéen, se masser, s’attrouper, le président et le PM en tête, aux pieds d’Ellen Johnson Sirleaf, venue dit-on officiellement parler à nouveau de plan de relance post-Ebola, alors qu’en réalité, le centre de ses intérêts, était plutôt ailleurs. A-t-on besoin d’eux tous, président, premier ministre, ministres et hauts cadres à tous les échelons, pour aller accueillir un hôte, fut-il de marque ? Deuxio : J’ai vu, il y a quelques semaines, tout le ban et l’arrière-ban de tout ce que l’Etat compte de hauts cadres et subalternes, se presser sur les pas du président Alpha Condé ou le devancer pour aller prendre place à ses côtés à la pose de la première pierre de l’aménagement du site directionnel de Koloma, alors qu’à l’occasion, des cadres venant de départements et structures techniquement concernés, auraient suffi. Ce qui aurait évité que tout l’Etat s’arrête de fonctionner toute une demi-journée. Il y a quelques jours, scénario identique comme dans un rituel, tout le toutime de cadres, de hauts commis de l’Etat, ceux-là mêmes qui ont la main à la pâte et qui ont pouvoir de décision le long de notre administration réfractaire au changement, se dirigeait comme pour aller à un pèlerinage, à Kagbélen, à l’inauguration d’une usine d’engrais, alors que le ministre de l’industrie, celui de l’agriculture, ceux de la santé et de l’environnement et une certaine catégorie de cadres issus de structures techniquement concernées, auraient largement suffi. Qu’ont-t-ils y à faire tous, ministres et cadres de seconde zone ? Ce n’est plus ni moins qu’une mamaya d’Etat, organisée, à laquelle il ne sera pas aisé de mettre fin, eu égard l’inclination trop poussée du guinéen au farniente, à la paresse. Pourtant, c’est un impératif des plus péremptoires, l’Etat guinéen, doit cesser de faire du surplace, il doit être au travail, il doit tourner à plein régime. Les nations considérées comme prospères où les populations ont atteint un niveau de vie et une espérance de vie, assez importants, n’y sont pas parvenues, par un coup de baguette magique, mais plutôt par la force du poignet, et l’abnégation au travail. Quel que fut le standing de vie et de prospérité qui est le leur, dorment-ils pour autant sur leurs lauriers ? Je plains le sort des fragiles Etats africains, la Guinée notamment où la culture du travail, du résultat, de l’accomplissement de soi, du dépassement de soi, pour sa patrie, sans avilissement aucun aux chefs, est encore une réalité lointaine. Que ce clapotis Etatique auquel on assiste depuis toujours, cesse. Enfin !

 

 

 

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