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Plume à Aboubacar Diallo du 30 Mai 2016  

plumeEnfin, un signal de ras-le bol. C’était attendu comme marée en carême, il a été long à se dessiner, une proximité quelque peu incestueuse, le tardait, mais il fallait bien s’y résoudre tant la coupe de l’indélicatesse était pleine. Les rues des marchés publics en Guinée, en étaient pavées.

 

 

Le ton est donné, il faut y aller désormais de franco, il faut y aller sans ménagement, sans porter de gangs. Il faut nettoyer les écuries d’Augias au cascher. Sinon, à dieu, la volonté et l’objectif qui ont prévalu aux réformes-remèdes tambourinées à souhait, mais qui se révèlent comme un cautère sur une jambe de bois.

Oui, face à une indolence devenue coupable, on a beau jeu de douter, de douter sérieusement et même de commencer à ravaler nos rêves d’une gouvernance vertueuse, d’une gouvernance modèle, d’une gouvernance exemplaire où les deniers publics échappent à toute concussion et où tous, citoyens d’une même nation, sont équitablement traités à l’aune de la loi et des critères d’attribution de la commande publique.

Oui, le principe de l’égalité des chances, a été rarement observé chez nous. A contrario, foulé au pied. Le même club de ministres, hauts commis de l’Etat et leurs proches, par un jeu de tour de passe-passe magique, faisant mains basses sur tout, au grand dam de ceux qui ont des ‘’bras courts’’, pour s’exprimer pharisaïquement. Depuis plus de cinq ans, il nous a été donné d’assister impuissant au même bal de pompiers, les mêmes dansant et riant à chaque appel à soumissionner à une commande publique. Rares étant les fois où les dés n’avaient pas été pipés.

Quantité de PME, clouées sans rémission, pendant longtemps à prendre sur elles leurs frustrations et à les contenir, faute de recours. D’où l’impérieuse nécessité qui s’imposait de créer une institution dans le giron de laquelle, pouvaient venir pleurer, toutes les entreprises qui se sentiraient lésées dans une procédure de passation d’une commande publique. Ce qui complétait ainsi la garniture institutionnelle des réformes censées contribuer à un peu de transparence dans les marchés publics.

Ainsi est née l’ARMP, l’Autorité de Régulation des Marchés Publics, les rênes confiés à un certain Guillaume Curtis, qui rebondissait et retombait ainsi comme un chat sur ses pattes, après avoir été éconduit des mines corrompues de Guinée, après avoir été accusé de falsification de signature du ministre Yansané. Défaut congénital de moralité qui finit par infecter, plomber le fonctionnement de l’institution ARMP et obérer son avenir. Au point qu’au lieu d’être un recours, une bouée de sauvetage pour les faibles, elle deviendra un monstre qui les dévore. Le cas qui résume à lui seul, toutes les déviances prises par cette institution, détournée de sa mission première, est on ne peut mieux, celui des Ets Kalilou Baro, du nom de cette entreprise qui s’est élevée seule contre tout un système et tout un establishment.

En ce seul cas, il y a la somme de tous les impairs dont s’est rendu coupable, indélicatement le désormais ex Directeur Général, cousin manche longue d’El Présidenté. Ne se vantait-il pas d’ailleurs de cette proximité trop incestueuse pour narguer sa hiérarchie et lui faire la nique ? En ce seul cas, il y a toute l’illustration de l’insoumission de celui-ci à la loi et au décret fondateur de l’ARMP.

Son outrecuidance de ramer à contrecourant du CRDS, le Comité des Règlements et des Sanctions, en prenant une décision à l’antipode de celle prise au préalable par ce Comité et qui s’imposait à toutes les parties, avait laissé plus d’un, haletant d’ahurissement. Mais, la goutte d’eau qui fît déborder le vase et agacer le grand cousin de chef suprême, c’est le refus obstiné du sieur Curtis de se soumettre à sa hiérarchie, et de lui soumettre sa gestion et ses décisions.

En dépit des alertes et dénonciations poussées par le Conseil de Régulation, l’organe auquel il rend compte de sa gestion, il recrutera dans l’opacité la plus absolue un commissaire aux comptes en violation de la procédure en la matière, et renâclera à l’idée d’un audit, pour certifier sa gestion du budget de l’institution, sur deux exercices écoulés. Qu’avait-il à voir rouge à l’idée d’un audit s’il n’avait rien à se reprocher ? Qu’avait-il à se dresser sur ses arçons et bomber le torse, pour défier la loi et sa hiérarchie comme s’il était au-dessus de tout, parce que cousin lointain du Grand Chef ?

Tant va la cruche à l’eau qu’elle finira par se briser, le voici rendu au Chant de cygne ! ça lui apprendra !

 

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