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Plume à Aboubacar Diallo du 31 Mai 2016  

plumeUne saison qui s’achève sur une équation en forme de quadrature d’un cercle, qui demeure depuis cinq ans : comment sortir la Guinée du creux de la vague? Une et même interrogation qui se pose plus aujourd’hui avec acuité qu’avant.

A l’heure où les vendanges ont été faites et qu’il est venu le temps de ranger les gaules, pour une trêve de confiseurs d’une soixantaine de jours, il m’a semblé expédient, en gribouillant cette dernière chronique de la saison, de fixer le temps sur une radioscopie de la situation socio-politique et économique de notre Guinée commune à tous, pour pouvoir en avoir une idée au moment de reprendre l’odyssée.

Alors que nous entamons le sixième mois de l’année, le sixième mois également du deuxième et dernier mandant, le tout dernier pour l’ex opposant historique, la Guinée ne sait toujours pas où elle va, la Guinée ne sait toujours pas dans quelle direction est-elle conduite ?

Cinq ans cinq mois après, les guinéens s’interrogent et se posent des questions qui demeurent sans réponses. Cinq ans cinq mois après, les guinéens ne scrutent guère l’avenir de leur pays dans du Plexiglas. Mais plutôt derrière un écran de fumée, qui se fait plus épais chaque jour que Dieu fait. Cinq ans cinq mois après, ils sont de plus en plus habités par la peur, le doute et l’incertitude, se demandant de quoi demain sera fait. Oui, les guinéens ont peur, ils ont peur des tournures que prennent, à leur insu, les exacerbations politico-ethniques, auxquelles leur pays est en proie depuis 2010.

Ces tensions ethniques permanentes, ces clivages ethniques sans cesse grandissants, ils n’y étaient point habitués. Ces chicaneries politiques à n’en point finir, avec à la clé une ébullition quasi permanente, faite de violences et de casses, et qui fragilisent chaque jour un peu plus un tissu social en lambeaux, les guinéens, n’y étaient point habitués et en sont à jamais soupés. Cinq ans cinq mois après, les guinéens, ont peur ! Ils ont peur de cette propension chaque jour plus grande à la violence, ils ont peur de cette banalisation à la limite d’un cynisme de marbre, du sang humain, versé chaque jour sans que personne ne s’en émeuve. La comptabilité macabre ne connait aucun répit !

La violence se banalise en Guinée et n’a plus de limites. Plus rien n’échappe à sa furie meurtrière et infamante, pas même une maison de culte. La mosquée de Timbo, vient d’en faire les frais, la haine, la politisation à outrance jusqu’à un embrigadement de nos consciences, sont passées par là. La faute, pour ma part, à un seul homme, le président Alpha Condé, lui qui tient le gouvernail du navire Guinée, par conséquent, lui qui a l’initiative de l’action. C’est lui qui doit apaiser, c’est lui qui doit rassembler, c’est lui qui doit réconcilier. S’il avait été un grand président, un président qui transcende tout, un Mandela pour tout dire, notre pays n’aurait jamais connu toutes ces affres de la violence. Sur un plan socio-économique, cinq ans cinq mois après, les guinéens broient du noir, au propre comme au figuré.

L’éducation des enfants, se dégradant au jour le jour, les hôpitaux devenant de plus en plus des mouroirs, la desserte en électricité toujours aléatoire, malgré Kaléta, l’or bleu, l’eau, une denrée toujours rare au pays château d’eau d’Afrique de l’Ouest, un réseau routier qui s’est littéralement affaissé, bref, une population qui s’appauvrit plus, une jeunesse sans repères aucun.

Pourtant, on nous avait vanté de belles et porteuses réformes économiques, qui nous avaient-dit-on conduit au fameux PPTE, et nous aidé à nous débarrasser de 2/3 du fardeau de nos dettes. Quel en fut l’impact ? Où en sommes-nous rendus aujourd’hui ? Un pays dans le Radeau de la Méduse, enferré jusqu’à la garde dans la mélasse d’une gouvernance à tâtons, d’une gouvernance paternaliste. Il aura suffi d’une petite fournée de cinq gros contrats de gré à gré, bigrement surfacturés, s’il vous plait, pour que tout se dérègle, pour que tout s’écroule comme un château de cartes.

La faute, là-aussi, à un seul homme, le président Alpha Condé. Et à un degré moindre à Mohamed Diaré et Loucény Nabé. A l’époque, ils auraient pu dire à Alpha que ç’aurait été suicidaire que de s’engager dans une telle voie. Ils ne l’ont pas fait. Cinq entreprises, sont allées escompter des lettres de garanties auprès de banques étrangères, remboursées par la BCRG et dont les réserves en devises, finiront par voler en éclats, la BCRG, elle-même obligée de se faire rembourser par le trésor public. Résultat, un pays bloqué, une inflation record, et un Etat qui accable ses citoyens d’impôts et de taxes. Ainsi va la Guinée de mes ancêtres, à l’heure de tirer l’échelle au compte de cette saison.

Merci à tous ceux qui aiment cette chronique, merci à tous et à toutes, vos encouragements, ont galvanisé nos énergies, et nous poussé à nous efforcer pour vous servir. En toute humilité, au revoir et à la reprise ! Dieu garde la Guinée.

Bon ramadan, par anticipation à tous !

 

 

  

 

Commentaires

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6 Commentaires

6 Comments

  1. oury

    31 mai 2016 at 11 h 51 min

    la radio espace fm roule pour benny steimezt

  2. Mamadou Sow

    31 mai 2016 at 20 h 26 min

    tres interessant vtre plume.

    pour quoi on ne voit plus les grandes gueules sur mosaiqueguinee?

    • Barry

      1 juin 2016 at 1 h 00 min

      Une bonne kestion se serai vraiment bien de les revoir sur mosaïque Guinée

  3. Bah

    1 juin 2016 at 0 h 38 min

    t’es vraiment le meilleur mon frère. j’aime tes plûmes

  4. Barry

    1 juin 2016 at 0 h 57 min

    Tu es une préférence mn grand j’adore tes plumes en aucun cas je ne les rate et pr aucune raison malgré le décalage horaire et les occupations. Mr Aboubacar Diallo la compétence na pas besoin d’attendre le levé du soleil pr apparaître nous te remercions pour tout ce travail de spartiate , bon courage et bonne vacance. je

  5. DEM

    1 juin 2016 at 13 h 22 min

    Clair et net, merci Mr DIALLO

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