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Conakry vers l’hivernage : Les premières gouttes effrayent des citoyens qui craignent une saison de calvaire

ordures_ckry_0Autre fois perle de l’Afrique, la capitale guinéenne, depuis des décennies, perd cette image honorable, reluisante et attractive qu’elle offrait.

L’insalubrité est devenue le quotidien de l’habitant de Conakry qui marche sur les ordures, caresse la saleté, et cohabite même avec des immondices. Pendant ce temps à Kigali l’ordure est l’ennemi premier à faire disparaître. Et tout le monde s’y met.

En Guinée, il est difficile de savoir  qui fait quoi dans ce sens. Il n’existe aucune véritable politique apparente de salubrité, différente du traitement domestique des ordures qui n’a jamais résolu le problème.
Comme toutes les saisons hivernales à Conakry, celle de 2016 risque de rendre la capitale invivable cette fois. Les premières pluies tombées sur Conakry annoncent déjà les couleurs.
Les pluies du mercredi 22 juin et du jeudi 23 ont donné l’impression d’un fleuve déchaîné qui s’est déversé partout sur la chaussée, bloquant la circulation comme sous le pont  à l’aéroport sur l’autoroute FIDEL CASTRO. Par ailleurs, des maisons des populations ont été simplement inondées. Et les sinistrés n’ont que leurs yeux pour pleurer.

Quant aux ordures, elles sont sorties de  tous les horizons pour se déverser sur la chaussée, s’ajoutant aux tas d’immondices qui séjournent déjà sur les bitumes depuis belle lurette.

    »Les populations crient leurs désarrois et demandent aux dirigeants de proposer une solution avant le pire  »

Ceux qui sont les victimes directes des dégâts  causés par les pluies torrentielles, les citoyens en banlieue notamment, s’inquiètent. Nous avons recueillis les propos de certains après ces deux jours d’intenses pluies tombées sur Conakry.

Mohamed Mansaré est chauffeur de Taxi, il dit craindre pour les mois de juillet et août à venir.

La quantité d’eau que j’ai vue là en deux jours dans nos rues, j’ai vraiment peur pour les deux mois prochains. Et nous les chauffeurs, nous allons énormément souffrir. Par exemple sous le pont de l’aéroport, on aura tous les soucis. Nos véhicules seront toujours d’eau, ce qui n’est pas bon pour le moteur. Il faut que les chefs nous proposent quelque chose.

Aissatou Touré est vendeuse au marché de Matoto,  elle craint l’envahissement du marché par des ordures.

« Nous ici, nous souffrons à chaque saison des pluies. L’eau de ruissellement draine toujours des ordures dans le marché, prenant en otage nos places. Mais la pluie des deux jours passées m’ont fait peur car ce n’est que le début. Il faut que les autorités trouve une solution à cette affaire d’ordure dans nos quartiers ».

Soriba Camara est étudiant, il loge au bas-fond de Matoto, il est simplement déçu:

« Aucun régime ne trouve une solution à l’urbanisation sauvage qui est la cause première de tout cela. Aucune bonne canalisation pour la circulation de l’eau. Pire, en l’absence d’une gestion professionnelle des ordures que nous produisons, nous qui sommes vers la descente ici, on est toujours visité par les ordures. Nous passons toujours l’enfer en saison pluvieuse… Je suis vraiment déçu ».

Les gouvernants  gèrent le pays avec tout le privilège, bien logés dans des maisons fortifiées, qui résistent aux intempéries et aux visites des ordures. Ils roulent dans des voitures climatisées, grosses cylindrées, à vitres fumées, traverses les eaux stagnantes à leurs passages, et aplatissent les ordures sous les pneus costauds de leurs véhicules en passant. Vivent- ils le même enfer que les citoyens  qui se sont exprimés ci-haut?

On est tenté de dire non. Tout porte à croire que certes ils vivent sur le même territoire que les autres, mais ne sont pas affectés comme ceux-ci. Mais le pire dans tous cela, et qui irrite certains citoyens, c’est le silence et l’indifférence de ceux qui sont directement concernés par la problématique de l’insalubrité publique et de l’habitat.
Il s’agit d’abord du ministre en charge de l’Administration du Territoire, le Général Bouréma Condé, qui a dans au sein de son département, le service qui s’occupe de l’assainissement, avec des moyens financiers y afférents.

Le ministre en charge de la ville lui, qui ne sort aucune nouvelle alternative pour parer à cette urbanisation sauvage et des lotissements amateurs des domaines habitables qui constituent les causes premières de cette situation.

Pour l’instant, on ne peut que préparer nos bottes et parapluies pour endurer les supplices d’une nouvelle saison pluvieuse peut être pire que les précédentes.

Mamadou Oury DIALLO mosaiqueguinee.com

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