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Opposition guinéenne : Il faut séparer le bon grain de l’ivraie (Par Mohamed Sita Camara)

Pour certains esprits non éclairés, l’opposition se résume essentiellement à une contestation systématique du pouvoir en place. De l’avis des observateurs politiques avertis, il serait irresponsable de voir les choses à travers le prisme déformant de ses préjugés ou de ses désirs. Dans un passé plus ou moins lointain en Guinée, il a nous été pourtant donné de constater qu’un opposant peut bel et bien épouser les valeurs républicaines, se battre sans violence aucune pour se faire entendre du pouvoir sur le long chemin de la promotion et de l’enracinement de la démocratie et du respect des droits de l’homme. 

Lors du désormais célèbre sommet de La Baule, en 1990, François Mitterrand, alors président de la République française, n’est pas allé par quatre chemins pour montrer aux chefs d’Etat africains la voie à suivre dorénavant pour bénéficier de l’aide de son pays. Il fallait donc, pour les dirigeants africains, se faire violence pour renoncer définitivement au parti unique avec ses corollaires (népotisme, culte de la personnalité, dictature, etc) et s’engager résolument dans la voie du multipartisme. 

En Guinée, l’histoire retiendra que le Pr. Alpha Condé a été l’un des tout premiers, pour ne pas dire le tout premier à s’opposer, avec courage et détermination,  au régime militaire issu du coup d’Etat du 3 avril 1984 et dirigé par Lansana Conté. Une opposition qu’il a su mener et incarner avec constance, tact et responsabilité. Jamais il n’a fait descendre ses militants dans la rue pour détruire les biens publics et privés. Au contrairement, à ses nombreux militants et sympathisants traqués, menacés ou discriminés aux quatre coins du pays, il a inculqué le civisme, le patriotisme, la tolérance et la patience.    

En 1993, les premières élections pluralistes se sont tenues dans le pays. Le président Lansana Conté, présenté par le PUP, a été déclaré, dans les conditions que tout le monde connaît, vainqueur dès le premier tour de la présidentielle. Selon les très controversés résultats proclamés par le ministère de l’Intérieur, Pr Alpha Condé du RPG est arrivé deuxième, suivi de Bâ Mamadou de l’UNR et de Siradiou Diallo du PRP. Les voix de Siguiri et de Kankan (deux circonscriptions largement acquises au RPG) avaient été annulées par le ministre Alsény René Gomez pour permettre l’élection de Lansana Conté dès le premier tour. Alors que ses militants frustrés et mécontents se disaient prêts à en découdre avec le régime Conté dans la rue pour qu’on leur restitue leur ‘’victoire’’ arrachée de haute lutte, le Pr. Alpha Condé les a plutôt invités au calme et à la retenue. « Je ne suis pas venu pour gouverner les cimetières », avait-il déclaré. Une déclaration qui, on le sait, avait été saluée par tous les démocrates et toutes les chancelleries occidentales. Au lendemain de la présidentielle de 1998, à laquelle il avait pris part, celui qu’on appelait affectueusement ‘’l’opposant historique’’ a été arrêté par le pouvoir et emprisonné à la Maison centrale de Conakry pendant deux ans. A sa sortie de prison, il a tenu un discours rassembleur plein de sagesse propre aux grands hommes d’Etat.  

En 2010, sans surprise, Pr. Alpha Condé sera élu président à l’issue d’une élection jugée libre et transparente par tous les observateurs. Aujourd’hui, le premier président démocratiquement élu de la Guinée indépendante  fait face à une opposition que d’aucuns présentent, à juste raison, comme la plus bête et la plus irresponsable d’Afrique. Ces quatre dernières années, Cellou Dalein Diallo et ses camarades de l’opposition dite ‘’républicaine’’ ont préféré s’illustrer, avec la manière, dans l’organisation des manifestations de rue qui, pour la plupart, ont été émaillées d’incidents et de violences. Si l’on n’enregistre pas des morts, ce sont des biens publics et privés qui sont détruits pour le simple plaisir de détruire.  Pour beaucoup, Kötö Cellou, toute honte bue, devrait, sagement, aller chez le Pr. Alpha Condé pour apprendre et faire siennes les attitudes qu’un leader politique doit avoir avant de clamer sur tous les toits ou revendiquer à cor et à cri son appartenance à une opposition républicaine. 
Mohamed Sita Cissé

Cadre du RPG Arc-en-ciel et Membre de la Cellule de Communication

   

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