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John Campbell : « Je ne suis pas sûr si Trump connait l’Afrique ou en a entendu parler…»

received_1123452124368093C’est ce qu’a confié mercredi à New York M. John Campbell, ancien haut fonctionnaire du département d’Etat des Etats-Unis. C’était au cours d’un échange qu’il a eu avec un groupe de journalistes issus de pays francophones, en voyage professionnel aux USA.
C’est une affirmation qui peut paraitre bizarroïde sur le continent, voire choquer.
Mais, elle est une vérité crue qui lève un coin de voile sur l’embarras des spécialistes à cerner Donald Trump, l’un des deux prétendants à la course à la Maison Blanche, notamment pour ce qui pourrait être en général sa politique étrangère et en particulier celle en direction de l’Afrique.
Malgré tout le background qui est sien, du haut de sa longue carrière d’ancien haut fonctionnaire du département d’Etat des Etats-Unis, en dépit de la foultitude d’études et de publications à son actif au compte du très célèbre CFR (Council on Foreing Relations), en français, Conseil des Relations Extérieures, basé à New York, M. John Campbell, avoue sans barguigner que Trump, c’est la grande inconnue, en matière de politique étrangère, qui plus est en direction d’un continent dont il ignore même l’existence.
C’est dire combien les américains eux-mêmes sont gênés aux entournures en ayant à faire à un candidat qui, s’il a entendu parler de l’Afrique, c’est peut-être très vaguement.
C’est pourtant le cas de le dire, en dépit de ses carences en Géographie, et des bourdes qu’il n’a eues de cesse de multiplier le long des primaires républicaines et de la campagne électorale en cours, Donald Trump, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est loin d’avoir dit son dernier mot.
Il reprend du poil de la bête après un début de campagne poussif.
Eclaboussée par des révélations du FBI sur ses courriels alors qu’elle était secrétaire d’Etat et par le scandale dû aux financements de sa fondation, Hillary Clinton, a vu ces dernières semaines, sa confortable marge d’avance, fondre peu à peu.
Même si beaucoup d’américains sont gênés d’avouer que Trump est leur choix le 08 Novembre prochain, confie un journaliste travaillant pour un grand groupe de médias de New York, avec qui nous avons échangé, le porte-étendard des républicains, continue de rattraper son retard sur sa rivale.
Un récent sondage, a laissé apparaitre que l’écart entre les deux candidats, ne serait plus que de deux points.
Ce qui peut laisser penser à une victoire possible de Trump, ce candidat atypique, qui est rejeté ici par beaucoup d’intellectuels, mais dont les discours populistes et va-t’en guerre, trouvent pourtant un écho favorable chez nombre d’américains.
Qu’en sera de la place de l’Afrique dans la politique étrangère de celui-ci, s’il venait à être élu au soir du 08 Novembre prochain ? Qu’en sera-t-il des interventions traditionnelles des USA sur le continent (lutte contre le terrorisme, renforcement des institutions, lutte contre le trafic des armes, celui des êtres humains, réformes des services de sécurité, de la justice, appui à la gouvernance, protection-promotion des droits de l’homme, Etat de droit, AGOA, Millenium Challenge) ?
C’est l’inconnue ici dans les milieux diplomatiques.

Aboubacar Diallo
New York

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