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Plume à Aboubacar Diallo du 04 Octobre 2016

plumeUn nouvel assaut d’amabilités, preuve d’une idylle politique, qui commence à prendre. Mais jusqu’à quand durera-t-elle ? En attendant, celui des deux, qui a l’initiative de l’action, et qui y avait tout à gagner, ne peut que se mordre le doigt, pour tout le gâchis accumulé. Pourvu que ce soit sincère !

D’entrée, on est comme pris par une envie de crier ‘’ Oh si vieillesse savait, si jeunesse savait’’, oui, permettez cette altération pour le moins ubuesque d’un vieil adage aux vérités universellement prouvées. Mais, elle est sied bien à la nouvelle donne politique guinéenne, au New deal politique comme jamais imaginé, rêvé, voire espéré dans un pays où on est habitué aux castagnes, où on adore la bagarre politique.

La preuve, la dynamique d’apaisement, effet direct de ce New deal politique, nous en fait manquer déjà, un tantinet. Si vieillesse savait, oui, sil avait su dépouiller son vieil homme, il n’en aurait eu qu’avantage et tout le bénéfice politique qui va avec. Mais, c’était presqu’impensable, pour peu qu’on connaisse de son caractère fort trempé, à la limite belliciste.

Aujourd’hui qu’il se rende à l’évidence qu’il ne peut, indéfiniment demeurer dans cette voie qui le fourvoie, dans cette voie qui le mène dans le mur, parce que le spectre d’une sortie peu honorable, peu glorieuse où il n’aurait que peu de trophées de chasse à brandir à la face de son peuple qui avait vu l’homme providentiel en lui, se précisait pour lui, aujourd’hui qu’il décide de jeter le manche après cinq années de cognée politique débridée, qui n’aura entrainé que désastre au plan humain et économique, on en est forcément rendu à l’interrogation : Quel démon était bien chevillé à son corps pour qu’il soit resté sourd et aveugle aussi longtemps, pour ne pas réaliser tout le mal qu’il s’était fait à lui, personnellement, pour avoir claqué tout un mandat à faire de la stupidité politique, pour ne pas réaliser tout le tort qu’il a causé à un pays et à son peuple, pour qui il était le Messie attendu, pour les sortir du gouffre d’un demi-siècle dans lequel ils avaient été enfoncés, au terme de deux régimes des plus catastrophiques ?

C’est vrai qu’à propos, il y a toute la critique qu’on peut faire aux businessmen de la crise, qui soufflaient sur la braise et tiraient bien leurs marrons du feu, mais il est à dire que c’est bien l’homme lui-même qui y a prêté le flanc, se mettant tout seul sur le gril de longues et pénibles années durant, au rythme trépidant des convulsions et commotions sociétales, occasionnées par le rosaire de manifestations de rue aux conséquences désastreuses, ayant mis le pays à feu et à sang, le long de sa première mandature.

S’il avait su très tôt s’ouvrir et parler à ses opposants, s’il avait su très tôt que ceux-ci n’étaient point des ennemis, mais des adversaires politiques dont l’avis compte, s’il avait très tôt su créer et maintenir avec eux, un climat de dialogue et de confiance mutuelle, c’est sûr et certain qu’il n’en serait pas encore à chercher son chemin de Damas, qu’il n’en serait pas encore à avoir un mal de chien à sonner la mobilisation des investisseurs étrangers. Hormis quelques-uns venant de l’empire du milieu, les autres se sont montrés jusqu’ici timorés pour cause de chienlit politique dans le pays depuis son avènement au pouvoir.

S’il avait su très tôt que la voie de la confrontation, du trictrac politique, du pourrissement, le mènerait à un tel cul-de-sac, il aurait vite changé de fusil d’épaule. Qu’à cela ne tienne, il n’est jamais trop tard pour bien agir, pourvu que le geste d’ouverture, l’élan amorcé, soit sincère et échappe à l’usure du temps, oui, c’est à l’épreuve du temps qu’il sera évalué. Quoi qu’il arrive, quelle que déclinaison que ce geste prendra, sera à son profit ou à sa perte.

A bon entendeur, salut !

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