Chroniques

La Guinée, un pays pris en otage par la classe politique

abdourahmane-dialloNotre classe politique a encore montré une fois de plus son mépris pour les guinéennes et les guinéens. Les accords signés à la sortie du dialogue politique qui vient de s’achever sont le reflet même du caractère affairiste des partis politiques guinéens, même si, et ils sont une très faible minorité, certains défendent encore des convictions et des valeurs. Il n’est pas acceptable que des formations politiques s’arrogent l’exclusivité des élections et en excluent catégoriquement les citoyens. Toutes ces manœuvres sont le fait d’une clique, que nous qualifierons de «  300 », qui voient dans des candidatures indépendantes une alternative crédible à ces décennies de mauvaises gestions, de corruption et de népotisme. Les citoyens que nous sommes devons-nous opposer à l’instauration d’une hégémonie partisane. Nous devons lutter pour que les règles du jeu démocratique ne soient écrites que pour favoriser une domination plus qu’indécente désormais. On ne peut cantonner le citoyen au simple rôle d’électeur en lui refusant la possibilité de constituer une alternative aux choix partisans. La participation à des élections ne peut reposer uniquement sur des critères d’appartenance partisane.

Les partis politiques, en premier ordre l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) et le Rassemblement du Peuple de Guinée Arc-en-ciel (RPG Arc-en-ciel), ont fait des élections locales un enjeu stratégique. Pas pour ce qu’elles peuvent contribuer à avoir un réel débat sur les questions de développement des communautés à la base, mais pour ce qu’elles constituent un enjeu primordial dans le contrôle des collectivités à la base pour les échéances nationales (législatives en 2018 et présidentielle en 2020). Refusons qu’on continue de nous imposer un agenda politique qui n’a rien à voir avec les défis auxquels nos communes sont confrontées, auxquels la Guinée est confrontée. Les élections communales et de chefs de quartier et de districts ne peuvent être celles du contrôle de la présidentielle de 2020 ou d’une quelconque manœuvre pour une modification constitutionnelle.

Depuis 1958, ce sont les mêmes qui se relaient au pouvoir et empêche l’ouverture du champ politique à de nouvelles idées, à de nouvelles propositions, à une nouvelle dynamique. Tout est fait pour obstruer la sphère politique et empêcher l’éclosion d’une nouvelle élite capable de répondre aux défis de développement auxquels ils n’ont pas su répondre en 58 ans d’indépendance.

Au-delà des élections locales, ce sont toutes les consultations qui doivent être ouvertes. La loi fondamentale ne peut pas consacrer le droit d’être électeur et éligible pour que par d’autres tours de passe-passe juridique de « petites gens » se permettent de s’attribuer l’exclusivité de la gestion des affaires publiques et d’en faire un gâteau à partager. La Guinée n’est pas une friandise que vous pouvez vous scinder au détriment de toute règle éthique et légale.

Ces accords sont des accords honteux surtout quand ils sont entérinés par un parti politique qui crie à tue-tête son désir de faire de la Guinée un pays démocratique et veut se positionner en alternative crédible. Messieurs la démocratie est avant tout inclusive et elle ne saurait s’accommoder de petits arrangements minables visant à exclure du débat les citoyens eux-mêmes.

Il est donc temps qu’on se lève et qu’on remette les pendules à l’heure dans ce pays. La classe politique, ces « 300 », doivent comprendre que nous citoyens guinéens avons décidé de leur opposer une résistance dans le débat sur la Guinée et pour la Guinée. Et ce pour qu’ils comprennent que trop c’est trop.

 Abdourahamane Diallo

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