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Plume à Aboubacar Diallo du 10 Octobre 2016

plumeEt la voici étalée au grand jour, à coup d’arrangements des plus ubuesques, la face la plus hideuse qui soit de l’embrouillamini politique guinéenne. Des arrangements, concédés, jusqu’ici au grand mépris des lois. Mais de là à marcher, dédaigneusement, sur des acquis à nulles autres pareilles, qui plus est, véritable essence de la démocratie à la base, sans scories politiques, c’est la ligne à ne point franchir.

En deux mots comme en mille, c’est une compromission dangereuse, une compromission qui compromet et confisque la démocratie à l’échelle censée être la plus aboutie qui soit. Le pouvoir aux citoyens, à eux seuls, sans intrusion malsaine. Quel que maquignonnage qu’on puisse opérer, quel que saupoudrage auquel on puisse procéder, quelles que arguties et acrobaties intellectuelles qui soient, il n’y a pas à tortiller une seconde, il s’agit ni plus ni moins que d’un coup de force, un attentat contre la démocratie guinéenne, quoique brinquebalante, chancelante, mais allant tout de même clopin-clopant se raffermissant au gré des épreuves et des compétitions électorales.

Ce coup de force, cet attentat, ce crime, ils l’ont pourtant orchestré, sans autre forme de procès. Parce que, uniquement mus que par leurs intérêts sordides et messianiques. Se souciant des prescriptions textuelles comme de Colin-tampon, comme de leur première chemise. Oui, depuis toujours, il en a été ainsi, à l’arrivée de différents trictracs comme on en a connus de trop dans ce pays, ils finissent par s’entendre de tordre le coup à la loi, de contourner celle-ci, pour n’être guidés que par le seul objectif qui vaille pour eux, se faire élire, non seulement pour en récolter tout le bénéfice qui s’y attache, mais aussi pour se prémunir contre tout vilain retour de la manivelle.

Et savoir qu’ils ont toujours fini par s’entendre autour de ce mauvais procédé, après tant de cris d’Orfraie poussés à gorges déployées, après tant de tumultes et de chaos semés, c’est navrant, c’est frustrant. Pis, à savoir que, eux de l’opposition, ont toujours fini par avaler toutes les couleuvres, donc par se faire manger la laine de leur peau, alors qu’au préalable, ils ont paru indéboulonnables sur des points de revendications, sur lesquels, ils finissent par capituler, comme de rien n’était. En ce moment, dites-nous, pourquoi ne pas commencer là si à la fin, vous savez que vous finirez par courber l’échine, pour ainsi épargner à vos militants les épreuves auxquelles vous les exposez depuis des années. Le énième Yalta en voie d’accoucher de cette souris de compromission dangereuse, on n’y insistera point assez, est l’illustration la plus aboutie qui soit de cette pantalonnade, de cette farce dont le peuple n’est que trop soûlé.

En y allant, que ne furent vos vociférations, à ne point accepter qu’il soit cornaqué par un membre du gouvernement, après que vous en ayez jeté en pâtures un autre, au final, le plus aisément du monde, vous l’avez concédé ; mais le long de perfidies dignes de Judas, ce qui révolte le plus, ce qui choque le plus, ce qui était impensable de vous, inattendu de vous, c’est moins votre capitulation sur la nécessité absolue qu’il y avait à tenir toutes ces élections de proximité, une fois pour toutes, quitte à accorder la rallonge de temps nécessaire à l’Organe de Gestion des élections, la CENI, de sorte à faire l’économie de la tyrannie d’un balai électoral qui se fait incessant, et ainsi donc permettre au pays de souffler, c’est votre reniement même de ce qui était, un tant soit peu, aux yeux des autres, comme un acquis singulier de l’effort de démocratisation de notre pays, un acquis à nulles autres pareilles. A vous entendre débiter à propos pour nier l’existence du soleil en plein midi, on en est réduit à quia.

Par ce maudit point d’accord qui voudrait que l’élection la plus citoyenne qui soit, celle des conseils de quartiers et de districts, à laquelle, eux, ils n’ont pas droit, soit sacrifiée de cette façon, sous l’autel des intérêts des plus grands d’entre eux, ils ont fini par laisser tomber leurs masques, pour accréditer la thèse que tout ce qui ne les concerne pas, n’est que vétille et broutille, n’est que Roupie de Sansonnet, n’est que cadet de leur souci.

Vogue la galère ! C’est un acte de haute trahison contre le peuple. L’histoire retiendra cependant que quelques rares leaders, Dr Faya Millimouno et Lansana Kouyaté, en l’occurrence, ont refusé d’y participer.

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