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Plume à Aboubacar Diallo du 18 Octobre 2016

plumeA elles seules, les routes guinéennes, en l’état d’affaissement où elles sont rendues, aussi bien celles qui n’existaient que de nom, et qui avaient besoin d’être remises à flot, que celles ayant bénéficié d’une moindre attention depuis l’avènement de son pouvoir, n’illustre mieux l’échec d’une gouvernance qui aura été, d’un bout à l’autre, basée sur le copinage le favoritisme et l’affairisme, entretenu depuis le sommet de l’Etat. Un système arrivé à saturation !

A l’origine de la décrépitude du réseau routier guinéen, à laquelle il nous est donné d’assister, trois maudits contrats de gré à gré, à forte odeur de combine d’arrière-cuisine, dont l’exécution, à l’exception d’un seul, à s’y méprendre, va à l’allure d’un ouvrage de Pénélope.

Pire, plus que ce constat amer comme du chicotin, un détour par les tronçons concernés, Sononia-Kagbélen et Kankan-Kissidougou suffit pour en avoir le hoquet, il y a leur éclaboussure financière sur la santé générale de l’économie d’un pays qui tente de recoller les morceaux au sortir de l’enfer d’Ebola.

En partie, le dérèglement budgétaire qui étrangle celui-ci, tire origine du choc du paiement, dans des proportions significatives, de lettres par lesquelles, l’Etat avait garanti le mode de financement de ces maudits de contrats, qui plus est, surfacturés, passés à des entreprises amies au cercle présidentiel. Résultat, plusieurs centaines de millions d’euros, décaissés à la cloche du bois par des entreprises voyous et leurs complices de bandits à cols blancs, prédateurs devant l’Eternel de nos maigres bas de laine, du magot dont le remboursement grève les réserves de notre Banque Centrale, qui au bout de la chaine, a un mal de chien à se faire payer par l’Etat. Un mécanisme de financement, à dires d’experts, suicidaire, un modèle rarement viable, un modèle qui finit toujours par exploser à la figure, arrivé à saturation.

Ces exemples et tant d’autres, n’en sont que parfaite illustration ! L’autre stupidité comme rarement commise, mais à dessein en Guinée, le financement de la réalisation des infrastructures routières sur le BND (Budget National de Développement), avec tout ce qu’il y a comme ingénierie du vol, conçue en amont. Contrat de gré à gré là-aussi, surfacturés à souhait, absence de cabinet de contrôle des travaux, finalement exécutés à l’as de pique, résultat, des réalisations qui ne tiennent pas le temps d’une saison.

Oui, il s’agit là aussi d’un autre modèle de financement qui finit par se retourner dans la figure de l’Etat. Ce qui est le cas de nos jours, pour le nôtre, qui ne sait plus à quel Saint se vouer pour lever un tantinet de fonds, à l’effet, ne serait-ce, que ravaler la façade de nos routes aux gueules cassées. Même le prochain voyage du PRAC à l’empire du milieu, la Chine, sur quoi compte-ton au gouvernement, pour engranger deux milliards et plus de billet vert, ne s’appréhende guère sous de meilleures auspices. Des idées de projets, comme à l’accoutumée, mais aucun projet sérieux, solidement charpenté, pour séduire le grand porte-monnaie du monde.

Autant dire que le fameux plan d’urgence d’entretien routier, proposé récemment par la ministre Oumou Camara des Travaux publics, n’est qu’un catalogue d’intentions. D’intentions bonnes ou mauvaises ? On ne saurait le dire. Le montant de plus de 400 milliards de nos francs pour le financer, certes, ce n’est pas le Pérou, mais il faut bien le réunir.

Ce qui n’est pas de la sinécure, plutôt une gageure pour un gouvernement qui s’est décrédibilisé auprès de ses partenaires. Autant dire ainsi, que nous n’avons qu’à nous armer de courage pour continuer à affronter les routes de la honte que nous avons dans notre pays. Il n’y a rien à attendre, rien à espérer de cet Etat, qui se cherche, qui ne sait plus où donner de la tête.

De miracle, il ne faut pas lui demander, il ne cassera pas la patte à un canard, la mauvaise gouvernance est passée par là aussi…pauvres de nous !

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