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  Plume à Aboubacar Diallo du 08 Novembre 2016

 

plumeComme pour se sauver une face, pourtant bien entachée, conséquence d’une duperie au piège de laquelle elle s’est fait prendre à juste raison, elle, la société civile guinéenne, mais pas toute, tente de reprendre la main sur un enjeu où elle avait l’occasion rêvée de se refaire une santé, hélas, c’est peine perdue, le mal étant déjà fait.

 Honte à elle, honte à elle la société civile guinéenne, que dis-je, celle qui vient de s’avilir à jamais, celle qui vient de cracher dans la soupe de la peuplade, qu’elle est pourtant censée défendre, mordicus au prix même de son existence. Hélas ! Cet impératif catégoriel, devenu cadet de ses préoccupations, elle l’a passé outre, elle s’en est bien moqué, on va même dire éperdument.

Oui, le coup de poignard, le coup de judas, le coup d’âne, il a été bien administré, derechef, en pleine figure. Mais venant d’elle, venant du CNOCSG, oui, puisque c’est de cette plate-forme, la plus ancienne, mais devenue telle une vieille neurasthénique qui débloque à pleins tubes, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, elle et la CONASCO, qui n’en est vraiment pas une ni par la stature ni par la représentativité, puisque dirigée par un petit obligé de l’Etat, il n’y a point à s’en émouvoir, il n’y a point à s’en étonner, puisque coutumières des faits.

En signant l’accord de tous les désaccords, l’entente de toutes les déchirures, le 12 octobre dernier, quoique, claironne-t-on, sous réserve, le CNOCSG et son sac en bandoulière de CONASOC, non seulement, portent un violent coup de canif dans le contrat social fondateur même de leur existence et des missions censées être les leurs, pis, ces organisations, ou ce qui en reste, se délitent à nouveau un peu plus dans le soap public, au point de voir fondre comme cire au soleil, le peu de crédibilité, s’il y en encore, qui leur restait. Si par le passé, le CNOCSG, a joué le rôle que l’histoire tumultueuse et truculente de la Guinée, lui reconnait, il est à reconnaitre aussi que cette organisation n’est plus aujourd’hui que l’ombre d’elle-même, peinant toujours à se remettre du coup de boutoir des scandales à répétition ayant marqué une transition générationnelle à sa tête. L’élan de renouveau qu’a voulu lui insuffler le jeune Dansa Kourouma, depuis son arrivée, l’opération de rachat et de réconciliation de cette organisation avec le peuple martyr de Guinée, pourtant pas si mal embarqués, prennent aujourd’hui un coup dur, du fait justement de cet avilissement, de cette compromission dangereuse, du fait du cautionnement de cet accord de la discorde, perçu par l’opinion comme un acte de haute trahison. Quelle que parade qu’elle puisse tenter, que celle-ci s’appelle Débout citoyen ou je ne sais quoi, le mal est fait, le vin est tiré, il faut le boire.

Le tollé, la vague de réactions d’indignation, de réprobation, voire de répulsion, suscités par cet accord polémique, suffisent pour que le CNOCSG, puisqu’il s’agit de lui, se convainque qu’il s’est gouré, qu’il s’est mis le doigt dans l’œil, qu’il a mal agi, qu’il a craché dans la soupe des citoyens guinéens, qui attendaient de lui, plus que des partis politiques, qu’il soit le premier à s’élever contre la violation annoncée de nos textes, au gré d’intérêts politiques à assouvir, qu’il dresse le torse contre cette intrusion honteuse telle qu’elle se dessine, du politique tel un ver dans le fruit, jusque dans la petite portion de pouvoir, la seule qui existe, véritablement, exclusivement citoyenne, donc débarrassée de toutes les scories, de toutes les salissures politiques. Hélas ! Il n’en a rien été.

Aujourd’hui que ses dirigeants, il faut le reconnaitre, bien bridés dans leurs costumes, s’en rendent compte et tentent de se sauver une face bien pâle et rabougrie, il y a lieu d’en conclure qu’après coup, ils ne peuvent qu’être habités par un sentiment de culpabilité, voire de déception qui ronge de l’intérieur. Pourtant, l’occasion était si belle, si opportune, pour se rapprocher voire se réconcilier avec les guinéens ? Le coche est raté, à dieu CNOCSG ! Au moins, toute la cause n’est pas perdue, puisqu’une alternative existe, une alternative qui s’appelle la PCUD, qui ne s’est pas loupée, à propos.

Tout à son honneur !

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  1. Pingback: Mieux vaut tard que jamais pour une société civile indépendante.  – Alseny Farinta Camara

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