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  Plume à Aboubacar Diallo du 21 Novembre 2016

 

plumeComme un brin d’agacement qui flotte dans l’air ou quand le navire d’une idylle politique, des plus inattendues qui soient, se met à tanguer. Moult observateurs l’avaient écrit, ne prédisant pas un long feu à un compromis qui ne saurait résister à l’épreuve du temps.

 Que les deux matadors de la vie politique guinéenne de la décennie en cours, en viennent à vouloir enterrer la hache de guerre, à vouloir tourner la douloureuse page des carambolages socio-politiques qui n’avaient que trop stranguler et plonger le pays, qu’ils en viennent ainsi à vouloir fumer le calumet de la paix des braves, qu’ils en viennent à s’entendre sur l’essentiel, en pensant enfin à la Guinée, à la Guinée d’abord, tout clivage politico-ethnique rangé, ne serait-ce, le temps d’une expérimentation, on ne peut que s’en réjouir et s’en féliciter, pourvu que l’idylle soit empreinte du sceau de la sincérité pour qu’elle résiste à l’épreuve du temps. Oui, c’est en cela, seulement en cela qu’il y aurait de quoi pavoiser. J’insiste sur le mot sincérité, oui, parce que de tout le temps, et cela à l’aune de tout le tombereau d’accords et d’alliances politiques, contractés par l’actuel locataire du palais Sékoutourya, depuis qu’il y a été installé, la sincérité, a été l’ingrédient principal qui y a manqué, pour que tout finisse par capoter, pour que tout finisse par s’effilocher et s’effondre, tels des châteaux de cartes.

Mais, nullement, il n’y avait à s’en étonner, d’autant plus que tout ou presque, avait été construit sur du sable mouvant, du moment où ceux qui s’y engageaient avec lui, n’y allaient que trop rarement entourés de toutes précautions requises. A la fin, eux tous, en finissant par découvrir sa vraie face, en finissant par découvrir qu’ils s’étaient laissé prendre à son piège, qu’ils s’étaient laissés roulés dans la farine par le grand boulanger de Conakry, Magellan de la Guinée devant l’Eternel, eux tous, à la queue leue-leue, n’avaient que leurs yeux pour pleurer. Allez demander à LK, il en sait un rayon. Le Bellebela ne s’y serait jamais résolu, si le Manding ne lui avait pas forcé la main.

Comme un chat échaudé, lui, a juré sur le palpitant qu’il ne se fera point prendre par deux fois. Allez demander à la kyrielle de petits candidats du premier tour de la présidentielle de 2010, qui l’avaient rejoint au second tour alors que la cause semblait perdue, allez demander à Papa Koly Kourouma, allez demander à François Louceny Fall, allez demander à ceux qui sont aussi passés à la trappe en 2015, Babadiko, Fodé Mohamed Soumah ou en encore Abé Sylla, pour ne citer que ceux-là. La raison, la seule raison de toutes ces ruptures sur fond de déceptions contenues, c’est le non-respect de la parole donnée, la non-tenue des engagements pris. C’est un secret de Polichinelle, le PRAC est celui-là même qui est de tout le temps indexé pour avoir influé sur le cours et l’issue de précédents dialogues, il est aussi celui qui est indexé pour être le principal empêcheur de tourner en rond, chaque fois qu’il s’est agi de passer à la mise en œuvre des compromis qui ont résulté de ces dialogues.

Non sans ignorer rien de tout cela, son principal opposant, contre, on peut le soupçonner, contre le gré de l’essentiel de ses soutiens, a récemment voulu offrir une chance, une dernière à l’homme, pour peut-être se convaincre définitivement de sa mauvaise foi, de sa trop grande propension à renier ce qu’il a déjà pris comme engagements, qui est plus, cette fois-ci, de la manière la plus solennelle qui soit. Un peu plus d’un mois après avoir concédé l’accord de tous les désaccords, et subi toutes sortes de tirs de barrage, l’UFDG, est comme désormais piquée par la tarentule, et semble fourmiller des pieds, qui lui démangent de redescendre dans l’arène et d’en découdre à nouveau.

Les signaux du malaise, certes encore diffus, se font légion et se précisent. Les premières salves, ont même déjà été envoyées en direction du camp d’en face. Pas étonnant que les discours se raidissent les semaines à venir et prennent une tonalité plus grave. Un compromis contre-nature, ça donne toujours ça !

A bon entendeur, salut !

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