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Plume à Aboubacar Diallo du 28 Novembre 2016

plumeDans la jungle de Guinée, c’est le sauve-qui peut ! Transis de peur-panique, parce que tous abandonnés, livrés à une gueule dévoreuse, qui semble avoir carte blanche pour happer tout sur son passage. Désormais, ce ne sont plus les seuls agneaux qui ont du mouron à se faire !

On se croirait dans le Farwest du Nord du Nigéria, à la seule différence que là-bas, ce sont des Djihadistes qui sévissent, orchestrent des tueries de masse, font des rapts pour des fins de rançons, et s’adonnent à cœur joie à leurs trafics les plus sordides qui soient, des trafics aux odeurs corrosives de trictracs des mêmes qui donnent l’impression de combattre un phénomène, qui est, il n’y a pas à tortiller, un business entretenu. Il en est de même de l’insécurité, de la grande insécurité à laquelle les guinéens sont livrés depuis six ans, comme à un foyer incandescent qui les consume, sans défense aucune. Oui, si les mêmes qui sont chargés d’assurer notre sécurité et qui donnent l’impression de le faire, sont les premiers à être soupçonnés de comploter contre le peuple, d’alimenter, d’organiser et d’entretenir la grande criminalité qui dévore celui-ci, ce qui reste à faire, c’est le sauve-qui peut ! Loin de nous, toute tentation d’en appeler à une nécessité qui se fait absolue dans un contexte de pic, rarement atteint en Guinée, c’est-à-dire l’autodéfense, dites-moi si ce n’est pas le sauve-qui peut, que reste-t-il à faire à un peuple sans défense, à un peuple pris au piège de ses propres services de défense et de sécurité ? Que reste-t-il à faire à un peuple livré ainsi à la merci des hordes sans foi ni loi ? Que de victimes anonymes et connues ? Là où Aissata Boiro, Paul Temple Cole, Mohamed Ghussein, Thierno Aliou Diaouné, ou encore Pascal Bangoura, de la hiérarchie de la police, se sont fait culbuter sans qu’un petit doigt ne se lève, aussitôt passé l’instant d’émotion humaine, qui peut y échapper ? Qui peut échapper à leur furie meurtrière ? La chape de plomb est telle que tout le monde vit en s’attendant que demain sera son tour. Nul havre de sécurité, ni à domicile ni sur les routes, encore moins en voitures, surtout lorsque celles-ci sont rutilantes.

Que de victimes en série, connues et anonymes de braquages, que de victimes d’irruptions de colonnes de hordes de malfrats à domicile, que de victimes d’enlèvements de mineurs, maintenant de femmes !

Que de victimes en série aussi de coupeurs de routes, devant qui, ils ont capitulé, ils ont courbé l’échine, je veux nommer nos fameux services de sécurité. Preuve si besoin en était que l’Etat s’est effiloché, qu’il est devenu si déliquescent, désormais c’est à ses symboles, qu’elles s’attaquent ces hordes de scélérats, comme pour lui faire la nique, comme pour le moquer, pour le railler.

Après le N02 de la principale unité d’intervention de la police, ce qui était un cran de leur outrecuidance sans limite, parce que n’ayant rien en face, c’est la première autorité de la préfecture d’à côté, qui a subi son bizutage, qu’il n’oubliera pas de sitôt, s’en tirant certes indemne, mais le corps totalement en marmelade, l’Etat bafoué, foudroyé en pleine poitrine.

Ça sonne comme un violent retour de la manivelle. Ce qui est en cause, à l’analyse de toutes ces attaques, c’est bien la question de la circulation des armes. Les malfrats opérant, cagoulés, habillés en tenues, à l’aide d’armes de guerre de tout calibre. Ces tenues et ces armes, comment s’en procurent-ils si ce n’est par la complicité de certaines brebis égarées au sein des forces censées nous défendre et assurer notre sécurité ? Voilà tout le chiendent dans la lutte engagée contre cette grande criminalité organisée, entretenue, à visage connu.

Autrement, comment venir à bout d’un phénomène alors que celui-ci, est en grande partie, un business entretenu au plus haut ? Kabélé, peut enclencher les réformes qu’il veut, au rythme qu’il veut, en ayant en priorité, la formation des hommes, on veut bien comprendre, en attendant, les guinéens, vivent la peur au ventre, ayant en tête que le pire peut leur arriver à tout moment, et ne sachant pas à quel Saint se vouer lorsque le scénario le plus redouté se produit. Il en va ainsi dans un farwest, il en va ainsi dans une jungle !

 

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