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La situation des personnes vivant avec handicap, telle que vue par Bakary Mansaré

handicap-mansare(Opinion) Le handicap n’est véritablement pas un mal au point de faire croire à ceux qui en sont atteints, qu’ils ne peuvent jouir des droits et libertés fondamentaux. En revanche, la discrimination fondée sur le handicap est une forme d’inégalité sociale. Cette forme d’inégalité sociale fragilise le moral de celui qui en est  victime. Dans un pays, lorsque le traitement ne se fait pas sur la base de l’égalité des chances, tout principe élémentaire qui caractérise les droits de l’homme devient formel.
Les autorités administratives qui ont l’obligation de respecter les droits reconnus aux porteurs de handicap sont les premières à les violer injustement. Le changement de comportement est-il donc nécessaire pour que disparaissent les préjugés et les pratiques discriminatoires? Doit-on comprendre que l’amélioration des conditions de vie des personnes handicapées est-elle fondamentale ? Serait-elle alors une équation difficile à résoudre ? Ce sont des questions essentielles à partir desquelles des réponses simples peuvent être trouvées.
En Guinée, les personnes handicapées présentent des difficultés au moindre petit effort de subvenir à leurs besoins vitaux. C’est une situation qui doit être corrigée à travers des mécanismes de recherche de solutions appropriées parmi lesquelles nous avons, l’accès au travail et à l’éducation de qualité.
Au sujet de l’éducation, il est important d’envisager un cadre de concertation autour duquel de profondes réflexions aboutiront à l’élaboration d’une politique d’éducation scolaire incitative des enfants handicapés. Il faut cependant accepter de promouvoir, de développer l’enseignement spécial et de favoriser l’éducation inclusive à l’image des autres pays de la sous-région.
Entreprendre des actions concrètes allant dans l’amélioration des conditions d’études des personnes handicapées permettrait également la création de bibliothèque sonore et de médiathèque pour les déficients visuels qui éprouvent des difficultés dans la poursuite de leurs études secondaires et supérieures. De nos jours, l’accès au livre est un luxe pour un non-voyant en république de Guinée. C’est pourquoi, il est  normal d’encourager la transcription en braille et la reproduction d’ouvrages scientifiques et littéraires. En ce qui concerne l’éducation des personnes en situation de handicap, tous les besoins exprimés nécessitent un important coût budgétaire.
Offrir du travail à la personne vivant avec le handicap, reste l’une des meilleures formes d’aide et de protection sociale. L’emploi des personnes handicapées doit être la préoccupation de tous les acteurs. Ils ont le devoir de se sentir concernés par la question de handicap qui touche aussi celle du développement social. Malheureusement, la lutte contre le chômage des jeunes handicapés n’est pas une priorité inscrite au programme de développement stratégique de nos gouvernants. Cet état de fait explique en grande partie les contraintes financières  dans lesquelles se retrouvent ces jeunes en situation de handicap qui sortent de l’université guinéenne. L’engagement politique pourra inverser la tendance si les responsables gouvernementaux décident de respecter la législation en vigueur qui protège leurs intérêts. Les patrons d’entreprises doivent aussi les aider en leur offrant des chances de retravailler leurs compétences afin de les faire valoir au sein de leurs consortiums.
Les personnes handicapées sont à la recherche du mieux-être. En exerçant un travail ou une activité génératrice de revenu, elles parviendront à soigner leur image. Le travail ou l’exercice d’un métier leur permet de vivre sans être obligé de tendre la main. Leur réussite dans la vie professionnelle est un soulagement. Leur participation au développement et au progrès du pays par l’accomplissement d’une activité professionnelle comme les autres, leur procure le bonheur et la satisfaction dont un citoyen a besoin. Roosevelt n’aurait jamais gouverné les Etats-Unis d’Amérique si le handicap constituait un obstacle au développement personnel de celui qui le porte.
Ceux qui acceptent de se former malgré leur handicap, méritent d’être assistés. Ceux qui croient en l’avenir, et qui s’affranchissent des griffes de la mendicité sur les voies publiques malgré les peines et douleurs qu’ils éprouvent, ont besoin d’être accompagnés dans leur combat contre la pauvreté et l’injustice. Aucun homme, qu’il soit citoyen valide, travailleur de l’administration publique ou privée, dirigeant ou personnalité de ce pays, ne doit se réjouir de la triste misère qui nous accable.
Les solutions au problème d’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées existent. Avec une volonté politique et une farouche détermination de nos gouvernants, leurs conditions de vie seront améliorées. Le contexte actuel doit se prêter à cette exigence, car leur implication effective dans le processus de développement harmonieux de la Guinée est plus qu’indispensable.
Il est évident que les personnes handicapées de notre pays souffrent. Cependant, quelques intellectuels d’organisation de personnes handicapées feront mieux de se débarrasser de leurs attitudes confuses. On ne peut s’inscrire dans la dynamique du militantisme engagé et protéger uniquement ses intérêts auprès des cadres véreux qui ont leur part de responsabilité dans la souffrance des pauvres handicapés. La lutte contre la discrimination fondée sur le handicap obéit à des critères reposant sur la conviction. Quand on est persuadé de défendre des valeurs sûres, on cesse d’user de son intelligence et de toute son influence pour tromper un groupe de handicapés.
L’intelligence et le bon sens servent de moyens pour aider les faibles en détresse. Quand on est certain d’œuvrer pour le bien-être social de la personne handicapée, on ne cherche pas à récupérer ce que font les autres en termes de résultats fiables. La tribune des nation-unies n’est pas l’endroit approprié pour tenir une déclaration dont le contenu est dépourvu de vérité. Les membres de l’ONG française Guinée-solidarité et les bienfaiteurs français ou résidant en France, sont à remercier pour leur assistance qu’ils ne cessent d’apporter aux jeunes élèves et étudiants non-voyant de la Guinée.
Ils ont compris le sens de la justice et de la solidarité. Pourtant, de nombreux riches guinéens auraient pu aussi soutenir ces jeunes handicapés visuels.

Il faut s’attaquer aux effets pernicieux de la pauvreté sur les personnes handicapées qui souffrent de plus en plus dans notre pays. Pour y parvenir, il convient de mettre en application toutes les mesures législatives afin qu’elles bénéficient d’une réelle protection sociale.

 Bakary Mansaré

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