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Plume à Aboubacar Diallo du 12 Décembre 2016

plumeEt le professeur, de se jouer à nouveau d’eux comme des pions sur un damier, qu’il manipule à sa guise. Qui a dit qu’il était devenu soudain, comme par enchantement, un homme de parole avec ses apprentis-sorciers ? Erreur !

 Ceux qui ont, un chouia, cru qu’il s’était amendé, qu’il était capable d’assaut de conscience, qu’il était capable pour une fois, de démentir les pronostics les plus lugubres de tous les Cassandres, en prennent à nouveau pour leur matricule et ne devraient que définitivement changer de bésicles à son sujet.

A présent qu’il a craché, comme à son habitude, dans la soupe de leur confiance qu’on savait vouée à être dévoyée, à présent qu’il a décidé tout seul de rompre la dynamique d’accalmie qui était de cours dans le pays, il s’est conduit tout seul, à jamais, à un point de non-retour, et se fait tout seul harakiri. Mais point de surprise pour nous autres, qui, à aucun moment, lui avons fait confiance.

Le connaissant, lunatique, versatile ! C’était donc trop beau pour être vrai ? a-t-on beau jeu de s’étonner ! Quoique dénoncé avec vigueur par plus d’un acteur politique et de la société civile, qui plus est, parmi les plus importants de l’establishment guinéen, l’accord qui s’en trouve aujourd’hui, remis en cause, suite au violent de canif à lui porté en plein cœur, avait ceci de particulier qu’en dépit de toute la tempête que son point 2, avait soulevée, plus d’une revendication de l’opposition, qui n’avait été que trop superficiellement prise en compte, à l’issue de précédents Yalta, y avaient trouvé, du moins formellement, un traitement comme jamais auparavant.

Que ce soit le fichier électoral, l’OGE lui-même, la Haute Cour de justice ou encore l’indemnisation des victimes des récentes violences politiques, quoique sujet polémique, d’importantes avancées, avaient été enregistrées à l’intérieur de cet accord dont les artisans et signataires, en plus de ne pas avoir été ménagés par les critiques, avouons-le, ont dû, se dépatouiller, pour sauver leur mise.

Alors que ce à cause duquel, ce qui attisait jusque-là le brasier de la bourrasque née suite à cet accord de toutes les déchirures, je veux nommer, le point 2 de celui-ci, continuait de pourrir l’atmosphère politique, contre toute attente, oui, c’est la dernière des forfaitures, à laquelle le politicard le plus crédule, aurait imaginé, il surgit de nulle part, comme à son habitude, pour administrer une giroflée à cinq feuilles à tous, comme pour narguer et railler tous ceux qui pensent qu’il est du métal à se laisser faire, à concéder un compromis et le respecter au pied de la lettre. C’est bien fait pour eux tous, eux qui ont cru, qu’il était devenu soudain un homme de parole, au gré d’un engagement officiel pris à cet effet, oubliant toutes les volte-face dont lui seul a le secret, comme si, soudain, leur mémoire était devenue comme d’une poule.

La parade aussi singulière que spectaculaire trouvée pour tenter de justifier un impair des plus incroyables de l’histoire politique du pays, était si transparente, si claudicante qu’il fallait être un gros dadais pour y ajouter foi ! Mais il peut compter sur ceux qui avaient cru bon d’aller à cet accord avec lui, pour permettre une parenthèse d’accalmie propice à un peu d’efforts en faveur du développement socio-économique du pays, sonnés certes, pour lui opposer la réplique qui sied. Il sait qu’en face, ses opposants, quoique divisés, ne manqueront pas d’aplomb comme ils l’ont démontré par le passé, pour contrer cet autre coup de Judas. Le ton est donné, les nerfs sont suffisamment déjà à fleurs de pot pour qu’ils implosent au cas où, mon œil, l’étonnant impair du faucon Bouréma Condé, qui se découvre soudain un autre visage, venait à demeurer et à prospérer.

Les jours ou heures à venir, nous diront si c’était un impair délibéré ou fait à dessein. En attendant les copies non erronées du projet de modification du code électoral. Et puisque le galop d’essai, pour le moins audacieux et iconoclaste même, a donné ce que ça donné, les copies vraies, naitront même s’il faut par Césarienne. Autrement, ce serait le retour à la case départ. Mais il se plait bien aux castagnes !

Il s’y est fait le long de ses six ans déjà passés au pouvoir. Après, que personne ne vienne nous parler de dialogue dans ce pays. On n’en est que trop soupé ! On aura envie de lancer : « Charlie, arrête ton char ! ». A bon entendeur, salut !

 

 

 

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