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Le marché moderne de Dabondy et ses risques environnementaux : Des révélations troublantes de l’ancien ministre de l’Environnement

img_20161218_123339Il y a une semaine, le chef de l’Etat inaugurait, pas sans fierté, un nouveau marché au quartier Dabondy. Splendidement implanté au bord de l’autoroute Fidel Castro, l’infrastructure force l’admiration  des passants.

Mais, il y a des dessous sur desquelles Alpha Condé et ceux qui ont démarché pour l’implantation de ce marché à cet endroit, préféraient se taire. A l’occasion d’un entretien avec l’ancien ministre en charge de l’Environnement, Papa Koly Kourouma, ce dimanche, nous avons été mis au courant de quelques non-dits autour de la construction de ce fameux Marché  moderne de Conakry à Dabondy. Notre interlocuteur nous explique  que la zone d’implantation dudit marché était une zone classée et ne devait pas abriter une telle réalisation. La raison est simple : l’endroit est affecté à la Société des Eaux de Guinée pour le captage des eaux souterraines destinées aux populations de Dabondy, Bonfi et Matam.

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Le Grand marché de Conakry qui portera d’ailleurs le nom de feu Biriki Momo, selon le Président de la République, serait-il vraiment  un mérite de plus de la gouvernance Alpha ?

C’est un très bon investissement mais le lieu d’implantation, de  par sa nature écologique, disqualifie sa justesse.  Cet investissement est au bénéfice exclusif des promoteurs et démarcheurs, ce  au grand dam des usagers de l’autoroute et des populations des quartiers de Dabondi, Bonfi et Matam.

Lorsque vous étiez ministre, en 2012, vous avez été démarché sans succès pour l’obtention de la zone pour abriter ce marché, pourquoi ?

Je n’ai pas été démarché en tant que Papa Koly, mais en ma qualité de ministre en charge de l’Energie et de l’Eau.  La zone d’implantation du marché  était un domaine affecté à la société des eaux pour le   captage des eaux souterraines destinées aux populations de Dabondy, Bonfi et Matam.

Au regard de l’importance que révélait ce domaine dans la fourniture d’eau potable aux populations de Dabomdy , Bonfi,et Matam, j’ai refusé d’ accéder  à la demande  de son attribution à d’autres fins. Je vais vous dire les deux rasons de mon refus.

  1. la réduction du champ de captage par la pression exercée sur celui-ci par l’envergure des travaux;
  2. la pollution des eaux à distribuer par infiltration des matières fécales  collectées dans les  fausses septiques.

En 2008, nous avons été confrontés  à un tel cas dans la zone de Kakimbo où les eaux distribuées  contenaient des matières fécales du fait de la proximité des fausses septiques du champ de captage.

Quelles conséquences environnementales pour les riverains ?

C’est  la réduction du champ de captage ayant pour conséquence directe  la réduction de la  quantité d’eau à distribuer, et le risque de pollution de l’eau distribuée aux populations riveraines par la matière fécale.

 Regrettez-vous votre opposition qui, manifestement, n’a pas empêché la réalisation du projet, malgré les multiples risques environnementaux ? 

Je regrette plus tôt la destruction de cet écosystème qui, au regard des avantages comparatifs, était propice à la culture maraîchère

 Interview réalisée par Thierno Amadou M’Bonet Camara

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