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Plume à Aboubacar Diallo du 19 Décembre 2016

plumeJustice guinéenne, réveilles-toi ! Avant que la terre de nos ancêtres, ne crame sous le poids des explosions de ressentis, conséquences d’errements dont on ne se farcit plus. A l’allure des vendettas qui se produisent ici et là, recours dangereux dans un pays où la justice a foutu le camp, le pire est à craindre.

 C’est peu dire que l’heure est grave ! On ne le dira jamais assez, la grande gangrène de la Guinée, c’est bien sa justice. A force de la laisser se métastaser, cette gangrène n’est plus loin de l’engloutir dans un gouffre abyssal, au point de la perdre.

La Guinée inquiète, l’onde de choc de récentes images d’une barbarie innommable, d’un degré de bestialité rarement constaté, venues de Siguiri, a traversé la planète entière. Et la Guinée de s’en trouver caricaturée, dépeinte comme un pays de sauvages, comme une jungle. Oui, dites-moi si ce n’est pas dans une jungle, comment est-ce possible ? Comment est-ce possible humainement que des guinéens lynchent d’autres guinéens, qui plus des ados sur qui ne pesaient que des soupçons, donc dont la culpabilité n’était pas établie, avant de les supplicier à l’autodafé ? Qui n’en a pas été pris de répulsion, de révulsion, de stupeur, mais aussi d’indignation et de révolte ?

Mais plus que cette sauvagerie d’une cruauté comme ce n’est pas répandu, c’est bien le signal que cela renvoie d’une ville tristement réputée pour être une zone où on en enclin à la violence, une zone de non droit, donc un no man’s land, et subséquemment, de tout un pays, finalement guetté par le péril d’un embrasement généralisé, à l’allure d’une propension trop grande pour de la vendetta en bandes organisées. De Siguiri, nous n’en dirons pas assez, les convulsions quasi-permanentes auxquelles cette zone est en proie, suffisent pour ne pas en rajouter. Il n’y a qu’à se rappeler cette autre image du même degré de bestialité, celle d’un jeune trainé en pleine brousse par ses suppliciers, pour y subir un traitement corporel des plus cruels qui soient, qui plus est, sur ses parties intimes, pour en avoir le hoquet !

Il n’y a qu’à se rappeler cet autre épisode de violences, à la faveur d’une bataille rangée entre factions du RPG-Arc-en-ciel, autour du poste de l’édile de la ville. Celui qui s’y accrocha becs et ongles, n’en avait-il pas eu pour son compte ? Que d’autres cas d’explosions de violences à Siguiri, les exemples sont légions. Parce qu’on y a jamais sévi, parce qu’on a laissé faire, aussi face à cette grande impunité, l’inclination, l’ardeur et la hargne au mal, ne pouvant que s’en trouver décuplées. Siguiri, n’est certes pas la seule zone qui soit à loger à cette enseigne peu flatteuse, mais il est à dire que Siguiri en conserve bien une louche supplémentaire. Et par ricochet la Haute Guinée.

Avant Siguiri, Kouroussa avait envoyé des prisonniers extraits de leurs cellules, au bûcher. Sans que notre justice d’injustice, ne s’en émeuve outre mesure. Les procès de présumés auteurs, organisés à la cloche de bois, à la fin, on s’en aperçoit, n’ont été que comme des cautères sur des jambes en bois, puisque n’ayant pas servis d’exemples pour dissuader. Dans un pays où la justice a foutu le camp, où ceux qui doivent administrer le droit et assurer la garde de ceux qui en conflit avec la loi, sont comme obnubilés que par l’appât du gain, on ne peut avoir qu’un système judiciaire abâtardi, dans lequel le citoyen ne peut, aucunement avoir confiance. Ajouter à cela le fait que lorsque ceux qui perturbent et menacent sa sécurité, celle de ses biens et sa quiétude, aussitôt mis aux arrêts et conduits en taule, se retrouvent dehors, leur capacité de nuisance, redoublée.

D’où son sentiment de rejet d’un système aussi corrompu qu’inique. Et subséquemment, son recours, que rien ne saurait justifier, à des moyens tout aussi abominables, pour se rendre justice. Peut-être qu’il en aurait été autrement ? Mais imaginez-vous, un seul instant, être passé par là, et retrouver celui ou ceux qui vous y conduit, dehors vous narguant et narguant la société entière, pendant qu’ils devaient subir toute la rigueur de la loi, qu’auriez-vous fait ? C’est de cela qu’il est question. De justice, pas d’autres ! Qu’on arrête de nous enfumer avec ces réformes qui n’ont que trop peu produit d’effet !

L’heure est grave !

Commentaires

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1 Commentaire

1 Comment

  1. leno

    20 décembre 2016 at 11 h 29 min

    la radio espace fm est en deuil, son MENTOR beny steimeist est en prison. c est ce mr . qui financais la radio epace fm pour destabiliser le regime du president alpha conde

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