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Cinéma guinéen au FESPACO : Quand la colère d’une passionnée du 7ème art, crève l’écran !

La présence du cinéma guinéen au FESPACO, a tout simplement failli se solder par l’écran noir dans les salles de projection de cette 25ème édition. Un seul film, ‘’Edition spéciale’’ de Cheick Abdoulaye Camara, figure parmi les 150 courts et longs métrages sélectionnés au titre de cette biennale du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. De quoi mettre dans tous ses états, une Guinéenne qui a le septième art chevillé au corps. Mme Martine Condé, rencontrée dans la capitale du Burkina Faso, en parle, la gorge nouée.

«Je suis désolée de ce que je vois, de ce que je vis et, je le vis d’ailleurs à chaque FESPACO», se lamente ainsi la présidente de la Haute Autorité de la Communication de la Guinée. Assise dans un stand du MICA (Marché international du cinéma et de la télévision africains), qui en est à sa 18ème édition au compte du FESPACO, Mme Martine Condé résume, par ces propos, la très modeste présence du cinéma guinéen à Ouagadougou. Pour ne pas dire ce qu’il en reste au gré des vicissitudes du temps.

En réalité, le monde du cinéma, c’est en quelque sorte la seconde nature de cette professionnelle de la communication institutionnelle formée au Canada. Mariée à un burkinabé, elle a longtemps vécu au Pays des hommes intègres, où elle a d’ailleurs piloté l’organisation des deux premières éditions du MICA. C’est l’espace d’exposition des œuvres et des maisons de production cinématographiques où les professionnels du septième art se rencontrent, échangent des idées et planifient des projets.

C’est donc dans ce décor bien achalandé du cinéma africain, situé dans la Salle de conférence de Ouaga 2000, que Mme Martine Condé s’est exprimée sur la très symbolique présence d’un seul film guinéen parmi les 150 courts et longs métrages sélectionnés pour cette 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Alors, le long métrage, ‘’Edition spéciale’’ de Cheick Abdoulaye Camara, servira-t-il de lot de consolation en décrochant l’étalon du Yennenga, le titre suprême du FESPACO ?

Pour l’heure, la présidente de la HAC porte l’estocade : « La Guinée est dans la spirale du silence dans beaucoup de domaines. Comme si nous étions sur une autre planète ». Un tantinet nostalgique, elle concède pourtant que : « Nous sommes un pays de culture. Cela nous permet de monter des milliers de scénarii en matière de cinéma ».

Hélas ! C’est presque l’angoisse de la page blanche depuis plusieurs années, puisque la Guinée peine souvent à inscrire le moindre film à une biennale du FESPACO. D’ailleurs, les quelques rares films soumis à la critique des jurys des différentes éditions de cette vitrine du cinéma africain, sont à mettre à l’actif de réalisateurs guinéens vivant à l’étranger. Ce sont entre autres, Cheick Doukouré, Cheick Fantamady Camara et Mohamed Camara.

Par ailleurs, pour Mme Martine Condé, Conakry qui s’apprête à devenir La Capitale mondiale du livre, aurait bien pu saisir cette 25ème édition pour faire la promotion de son évènement auprès de la kyrielle d’hommes et femmes de culture présents à Ouagadougou.

Primée en 1995 par l’UNESCO pour son film ‘’Un cri dans le Sahel’’, nonobstant ce désamour du cinéma en Guinée, celle qui se présente comme une militante des droits de la femme à travers le septième art, souhaite que la donne change. Pour qu’enfin, le cinéma guinéen crève l’écran aux prochaines biennales du FESPACO. Sera-t-elle entendue ?

Talibé Barry

Depuis Ouagadougou

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