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Contribution : Les effets pervers de la démocratie représentative (Par Ibrahim Bah, juriste)

La souveraineté nationale accouche d’une démocratie représentative qui est caractérisée par une liberté de manœuvre du représentant.

Il faut rappeler que les élus ne représentent pas une circonscription territoriale, ni un groupe ethnique encore moins un parti politique.

Donc l’élu ne relève que de sa conscience et vote selon son intime conviction. Il agit en conséquence librement sans contrôle du représenté ; ne reçoit aucune injonction initiale de la part de son parti politique pour agir dans un sens ou dans un autre.

Or, cette démocratie représentative connaît des dysfonctionnements dans sa mise en œuvre. Ses conséquences absolutistes conduisent à la confiscation du pouvoir souverain par des représentants qui sont juridiquement irresponsables devant les représentés. Ceux-ci ne disposent d’aucune arme leur permettant de sanctionner, en cours de mandat, les déviations éventuelles des élus.

Cette démocratie représentative débouche également sur la banalisation des électeurs dans l’exercice du pouvoir. Au citoyen n’était reconnue qu’une faculté : celle de choisir ses représentants. Une fois désignés, les élus peuvent exprimer en âme et conscience, mais aussi en toute impunité la volonté de la nation pendant toute la législature.

Ces effets pervers sont visibles en Guinée notamment avec le vote récent d’une nouvelle loi électorale Guinéenne à l’Assemblée Nationale

Cette loi électorale, constitue une violation grave des principes de l’Etat de droit et un recul à la démocratie.

Si tout les Etats démocratiques travaillent pour le renforcement de la démocratie à la base en instaurant de bonnes politiques de décentralisation, c’est tout à fait le contraire chez nous en Guinée très malheureusement.

La loi électorale en vigueur, en consacrant les élections du conseil de quartier et de district en son article 109, constituait une avancée considérable en matière de démocratie et de décentralisation.

Tandis que la nouvelle loi électorale adoptée, en son article 97, sauf erreur de ma part supprime l’élection et la remplace par la nomination du conseil de quartier et de district en tenant compte des résultats des élections communales. Cet état de fait constitue un grave recul à la démocratie et remet en cause tout les efforts engagés ces derniers temps en matière de décentralisation.

Avant l’adoption de cette nouvelle loi certains députés de la mouvance et de l’opposition avaient dénoncé cette disposition supprimant l’élection au profit de nomination du conseil de quartier et de district.

Très malheureusement ce qui est à déplorer également, c’est le fait de voir le jour du vote, certains députés voter sans leur intime conviction, en suivant les injonctions de leur parti politique.

IBRAHIMA BAH

JURISTE

TEL : 622 84 46 96/ 656 26 26 17

Email : ibrahim_g87@yahoo.fr

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