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20 mars : le procès de la francophonie tel que fait par deux usagers de la langue française

Le 20 mars de chaque année est une occasion pour les habitants des pays membres de la francophonie de méditer sur cet espace qu’ils ont en commun. Si certains y voient une organisation, un cadre de coopération entre les pays, d’autres considèrent la francophonie comme une sorte de domination culturelle que la france impose à ses anciennes colonies qui perdent peu à peu le goût de l’usage de leurs langues locales. A l’occasion de ce 20 mars 2017, la rédaction de Mosaiqueguinee.Com a recueilli les avis de deux Guinéens, une jeune journaliste qui travaille pour une chaîne de télé et un homme  qui exerce dans la presse écrite, tous les deux ont donc la langue française comme outil de travail.

Mafoudia Bangoura, journaliste Hadafo Medias, est chargée de production à Espace TV.

Pour la jeune génération que nous sommes, nous voyons la francophonie comme  un ensemble de structures et de réseaux de coopération. Profitons des projets. Participons aux échanges.  Autrefois langue de la diplomatie internationale, le français cède progressivement du terrain face à l’influence grandissante de l’anglo-américain. C’est normal donc que la France veuille aujourd’hui garder le cap. Par contre, je lis des positions que je suis souvent tentée de rejoindre. Quand on parle par exemple des ambitions cachées de la francophonie, elles sont politiques et économiques. Mais là encore, bien que choquée, je me réserve de jeter l’opprobre sur la France. La Francophonie réunie les individus qui partagent le français comme langue d’expression. On reproche à l’OIF d’assurer la promotion de la langue française aux dépens des langues africaines. Mais moi, j’estime que ce rôle ne revient pas à l’OIF donc c’est un mauvais procès. C’est à chaque pays de faire la promotion de sa (ou ses) langue(s).  D’ailleurs à quand un sommet pour la promotion des langues africaines ? Pourquoi faut-il toujours blâmer les autres pour nos malheurs.  A chaque nation sa stratégie. La langue maternelle est d’une importance inestimable pour l’éducation culturelle. Malheureusement, d’année en année le Guinéen s’éloigne de cette logique. L’enfant qui parle mieux français par rapport à sa langue maternelle est celui-là qui est sur le chemin de la réussite.  C’est là que nous nous trompons.
Parler et écrire correctement le français d’accord parce qu’il nous est indispensable, tout comme l’anglais.
Mais donner à nos langues locales toutes leurs valeurs, c’est garantir l’avenir  culturel de la Guinée, un avenir dans lequel elle garde son identité et l’impose aux autres peuples du monde.

 

Bachir Sylla, est  le redacteur en chef  du journal la République, l’un des plus lus en Guinée.

Malgré les critiques plus ou moins fondées que les gens font de la Francophonie, je pense que cet ensemble géopolitique a bien sa place dans le concert des nations. Dès lors, tous les francophones que nous sommes devrions nous battre pour que, l’OIF, cette flamme allumée et entretenue par ses fondateurs ne meure pas.

L’usage du français ne devrait pas être un obstacle au développement de nos langues locales. Celles-ci peuvent être promues à travers leur réintroduction dans l’enseignement primaire du pays et leur institutionnalisation comme langues officielles. Cela donnerait ainsi aux députés de communiquer dans leurs langues maternelles lors des débats parlementaires. Ils pourraient ainsi toucher le maximum de personnes

 

Par Thierno Amadou M’Bonet Camara

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