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TPI de Mamou : Procès inédit d’un jeune accusé de viol sur une vieille de 75 ans

Bademba Keita, 27 ans et chauffeur de profession, accusé entre autres de viol sur une vieille de 75 ans, a comparu pour la deuxième fois hier mercredi 22 Mars 2017 au tribunal de première instance de Mamou, a constaté Mosaiqueguinee.com via son correspondant basé dans la région.

Les faits remontent au 15 mars 2016. Ce jour-là, Kadiatou  Noumou Diallo, une vieille femme de 75 ans domiciliée à Thankoï dans Kankalabé (Dalaba), a été victime de viol alors qu’elle revenait d’un village voisin où elle était allée récupérer un montant d’un million quatre cent vingt mille franc guinéens (1.420.000 GNF), qu’un de ses fils se trouvant à Conakry venait de l’envoyer.

L’accusé Bademba Keita a plaidé non coupable. «Ce jour là, j’ai passé tout mon temps à refaire la clôture du jardin de ma mère. Le soir, c’était un mercredi, pendant que je regardais un match de football dans le cafétéria de mon grand frère, mon petit frère est venu me trouver en courant, me dire que des individus m’ont envoyé une convocation à la maison, m’accusant de viol» a-t-il raconté, ajoutant par la suite qu’il a été torturé par les agents enquêteurs, l’obligeant à reconnaître les faits.

Pour sa part, la victime Kadiatou  Noumou Diallo  déclare que c’est bien Bademba Keita qui l’a violée. « J’étais allée récupérer l’argent que mon fils m’avait envoyé. Sur le chemin de retour, j’ai rencontré ce jeune qui m’a administrée un coup sur le visage à l’aide d’une pierre. Soudain je suis tombée et c’est en ce moment qu’il s’est assis sur mon ventre en me rouant de coups. La chemise avec laquelle il avait cagoulé son visage est tombée. Il me demande si je lui ai reconnu j’ai répondu, NON ! Pourtant je l’avais bien reconnu. Il a continué à me molester et a fini par me violer», explique-t-elle.

Prenant la parole pour sa réquisition, le procureur général près le Tribunal de Première Instance de Mamou Sidiki Camara, a fait comprendre au Tribunal que l’accusé Bademba Keita est un récidiviste.  «Il avait été condamné en 2013 à 4 mois de prison par la justice de paix de Dalaba pour les mêmes faits. C’est pourquoi M. le président, depuis l’ouverture de ce procès il (l’accusé) s’inscrit dans une logique de négation systématique des faits, pourtant il avait reconnu avoir effectivement violé la pauvre vieille lors de sa première audition”, explique-t-il.

Pour la répression, le procureur Sidiki Camara requiert dix (10) ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de cinq (5) ans et une interdiction de séjour à Kankalabé pendant cinq (5) ans.

Dans sa plaidoirie, l’avocat de Bademba Keita dit ne pas comprendre les réquisitions du ministère public qu’il qualifie d’ailleurs de «conte et légende». Il soutient que depuis l’ouverture du procès, ce dernier n’a apporté aucune preuve incriminant son client. «M. le président, cette vieille a été violée mais rien ne prouve que c’est mon client qui l’a fait. Depuis le début de ce procès, aucun témoin des faits  n’a été présenté à la barre», fait-il remarquer.

C’est pourquoi Me Mohamed Abou Camara demandera au Tribunal la libération pure et simple de son client pour délit non constitué. Après avoir écouté les deux parties, le président du Tribunal Me Sidiki Kourouma, ordonnera la fin des débats et le renvoi de l’audience au 5 avril prochain pour le délibéré.

  Alpha Mamoudou Barry Mamou

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