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Tribune : 3ème Mandat, le sens des principes et de la responsabilité

Une séquence importante de l’avenir de notre cher pays la Guinée se jouera tout au long des trois années à venir jusqu’aux élection de 2020 et leur issue. Cet avenir sera l’histoire individuelle d’hommes et de femmes, courageux ou pas, intègre ou non, conséquent ou non, refusant ou non de se laisser emballer dans l’aventure personnelle qui implique le destin d’un seul homme au dépend de celui de tout un pays et ses aspirations.

Il se trouve qu’à un moment de l’histoire récente de notre pays, nous sommes convenus d’un Principe : Pour l’exercice du pouvoir suprême, chaque Guinéen qui prétend à cette fonction à droit à seulement deux mandats de Cinq ans Non renouvelables, quels que soient ses qualités humaines ou sur humaines, ses compétences d’hommes d’État et ses propensions à la Paix.

C’est un pacte républicain dont nous sommes convenus. Ce pacte doit être respecté, au delà du juridique, c’est une simple question de bonne foi, d’honnêteté avec le peuple et de conséquences avec soi-même.

C’est quelques lignes sont un encouragement et une invite à chaque Guinéen, digne de ce nom, en commençant par le Pr Alpha Condé qui est le premier citoyen du pays. Elles sont surtout un encouragements à rester intransigeant et inflexible lorsqu’il s’agira d’apporter un quelconque soutien à qui voudrait violer ce pacte.

Des hommes et des femmes, sous nos yeux eux et sous d’autres yeux ont déjà eu le courage d’assumer leur responsabilité. Nous pouvons et  devons le faire aussi. Inspirons nous à travers leurs exemples.

En 2003, alors que les États-Unis étaient en pleine fougue guerrière contre l’Irak, la grande bretagne de TONY BLAIR Marquait son adhésion complète à la cause américaine. Le 17 Mars 2003 alors que le parlement était à la veille d’autoriser une intervention britannique en Irak, un homme, ROBIN COOK, alors Ministre des relations avec le parlement se demarquait admirablement de cette folle entreprise en démissionnant du Cabinet BLAIR, il fit comprendre ceci : ( Je ne peux pas accepter une responsabilité collective pour la décision d’envoyer la grande Bretagne maintenant dans une action militaire en Irak sans un agrément international ou de l’opinion britannique). À la même période, Jacques Chirac, Président français manifestait sa ferme décision de ne pas emballer la France dans cette guerre, au grand bonheur des pacifistes de ce monde il affirma que 🙁 Dans ce nouveau monde en gestation… La France refuse la fatalité de l’affrontement comme la facilité du laisser-faire). Manifestant ainsi sa foi en un monde réconcilié et rassemblé.

En Afrique du Sud, Nelson Mandela, après avoir passé 27 en prison accède à la magistrature suprême, à la fin de son premier mandat il ne demanda pas le renouvellement, préférant céder la place à la nouvelle génération et refusant par là de pervertir la Démocratie Sud africaine acquise à un prix de sang.

Il en va de même au Bénin ou Thomas Boni Yayi après avoir dirigé son pays pendant 10 ans ( 2006-2016) décida de quitter honorablement et démocratiquement le pouvoir sans toucher à la limitation de mandats faisant de lui le vrai phare de la démocratie Béninoise.

Enfin, en Guinée, après les tragiques événements de 28 septembre 2009, Monsieur Abdourahamane Sanoh alors Ministre de l’agriculture et de l’élevage déposait sa démission après neuf mois passé dans le gouvernement. Il fut le cas aussi pour le Ministre de fonction publique Dr Alpha Diallo, dans sa lettre de démission on pouvait lire ceci : (… Après les événements de 28 septembre 2009,  mes convictions religieuses et morales ne me permettent plus d’exercer mes fonctions actuelles telle que je le souhaiterais…). Les exemples ne finissent pas.

Ces différents hommes et femmes dont mention vient d’être fait sont certainement de lieux, de situations et des réalités bien différentes mais partagent un fort point commun :Le sens des principes et de la Responsabilité.

Ces hommes et femmes se sont trouvés dans des situations dans lesquelles les valeurs qui leur sont le plus intimes étaient plus que jamais en joue, quelque chose de si précieux, de si grand et peut être de si noble en eux et à laquelle ils attachaient certainement une capitale considération était en passe d’être violée. Ils ont refusé de se laisser aller à un entêtement stupide et peu honorable.

Il ya à parier que si chacun d’entre nous faisait preuve d’un si grand sens de la conséquence dans la sphère de responsabilité qui est la sienne, la guinée, notre guinée s’en porterait mieux. Il y a à parier aussi que le désordre troublant dans lequel se trouve notre pays provient certainement de ce que nous ne sommes pas toujours enclins à être des hommes de principes et de la Responsabilité. Nous tordons souvent le cou à certaines de nos valeurs fondamentales bafouant ainsi notre sens de principes au profit d’intérêts strictement personnels et immédiats tel que l’honneur, le privilège, l’argent, le pouvoir et renvoyant ainsi l’intérêt général ou l’intérêt des générations futures dans l’univers éthéré des concepts creux, imprécis et utopiques.

Nous refusons bien souvent d’assumer nos responsabilités et d’appliquer nos principes dans des situations dans lesquelles notre éducation, Nos valeurs sont en jeu mais aussi des situations dans lesquelles nos limites et nos erreurs sont notoirement établies.

C’est à nous de jouer. La Guinée de demain sera ce que nous voudrions qu’elle soit.

Notre pays n’est pas situé sur la planète Mars, nous devons nous conformer aux standards de la Démocratie qui prévaut dans quelques pays africains exemplaires.

Alpha Condé devrait tirer toutes les conséquences de ces vérités élémentaires et se retirer du pouvoir à l’échéance de son mandat. Il n’en mourra pas et il y’a bien un autre destin après celui de Président.

S’il ne veut pas entendre raison, que tous ceux et celles qui l’encouragent dans les médias et qui passent des journées entières à lui répéter en boucle qu’il est l’homme Providentiel de la Guinée et de l’Afrique veuillent bien l’aider. En cas de refus de comprendre, qu’il en tirent toutes les conséquences en se rengeant du bon côté de l’histoire.

En conclusion, je voudrais terminer par cette réflexion : Apprenons à être des hommes et des femmes de principe et de responsabilité à quelque niveau que ce soit. Parce que seuls des femmes et des hommes d’une telle envergure, sachant tirer toutes les conséquences de leurs actes mais aussi sachant refuser toutes réduction compromettantes à des valeurs et principes cardinaux seront en même de relever nos nombreux défis contemporains et aussi de demain.

DORAH ABOUBACAR KOITA

JURISTE  ET ACTIVISTE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE GUINÉENNE.

00224-628020209

Aboukoita@gmail.com

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