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Journalisme en Guinée : l’envers du décor ( Tribune de Laye Mamadi Condé)

Les medias doivent être l’un des facteurs clés de démocratisation de notre pays. En s’imposant d’emblée comme un potentiel critique de l’autorité politique et administrative, leur premier apport serait alors la dénonciation sans langue de bois, la dénonciation de ce qui ne va pas avec impartialité.

Aujourd’hui, les medias privés ont sans doute contribué à estomper la peur de s’exprimer librement, à ancrer dans l’esprit de nombreux citoyens, qu’il est légitime d’avoir une opinion propre.

En dépit de toutes ces avancées considérables du paysage médiatique guinéen, il y a encore des journalistes boiteux sans repères professionnel et déontologique.                                                                                             

Les nombreuses dérives de certains journalistes guinéens, trouvent généralement leur origine dans l’absence de formation appropriée, et de mesures disciplinaires. Les jeunes recrues venues à la profession, parce qu’elles ressentaient le besoin de s’exprimer, ou étaient à la recherche d’un emploi.                                                        

Ces jeunes, souvent de niveau d’études faible, ou n’ont fait pratiquement aucune formation en la matière, se livrent à des actes anti-professionnels, et ceux qui ont fait  la formation  ignorent volontairement, l’éthique et la déontologie au profit du gain facile ou politique. Les valeurs du métier sont alors monnayées.

Il est évident que les journalistes recherchent la vérité et la disent ?

Combien offrent à leurs publics, auditeurs, lecteurs, les moyens d’exercer leur rôle de citoyen ?

Combien présentent au public, les principes qui guident le choix des informations et des valeurs que les medias défendent ?

Combien de journalistes n’escroquent pas, d’où l’expression d’ailleurs ‘’journalisme d’affaire’’ ?

Combien de journalistes cherchent à faire valoir cette citation de Socrate « les grands esprits discutent les idées ; les esprits moyens discutent les évènements ; les petits esprits discutent les gens »

En Guinée, fort malheureusement, la liberté de la presse est encore perçue, comme le simple pouvoir d’écrire ou de dire ce que l’on veut, sans entrave ni limite aucune, c’est d’ailleurs de libertinage.

Le sens de la responsabilité journalistique semble être bafoué, il ne s’agit pas seulement d’une méconnaissance ou d’une négligence des principes déontologiques, mais surtout d’un manque total de prise en considération des conséquences potentielles des propos malveillants  dits ou publiés.

L’objectif du journaliste, est de transmettre à son public l’information la plus complète, la plus précise, cette culture est très peu ancrée chez beaucoup de journalistes guinéens.

Confusion entre journalisme économique, politique et publicité, encore entre espace rédactionnel et publi-reportage, pratiques partisanes.    Absence de distinction entre information et commentaire, autant de violations de la déontologie journalistique dont se rendent coupable un certain nombre de journalistes guinéens, sans oublier la politisation de l’univers médiatique, la haine vis-à-vis des dirigeants ou des hommes politiques sans aucune raison fondée.

Dans certaines émissions radiophoniques interactives, frisent parfois l’inacceptable, appels à la haine entre communautés, insultes personnelles et orientées, grave  cet état de fait est entretenu et encouragé par les animateurs.

Que font les associations de presse   devant cette situation qui fait honte à la corporation ?

Que fait la HAC en tant qu’organe de régulation ?

Nous estimons alors, qu’au-delà d’une simple solidarité et confraternité aveugles et peu confortables, les associations de presse doivent être plus responsable, efficace en appelant, incitant les journalistes à plus de professionnalisme, mais aussi extirper du milieu les intrus, les journalistes agents commerciaux et  arnaqueurs.

La solidarité et la confraternité qui encouragent les journalistes à pousser les bouchons de la dérive entrainent la décrédibilisassions  du métier ; une solidarité deux poids deux mesures créent la frustration et la division.

Il serait alors important  d’assainir l’environnement, le paysage médiatique guinéen truffé d’incompétents, d’agents commerciaux et de semeurs de trouble, de pyromanes.

A la HAC, de prendre ses responsabilités : promouvoir l’excellence ; sanctionner les incorrects ; organiser des rencontres périodiques avec les patrons des medias, dans l’optique de les accompagner afin qu’ils revoient leur grille salariale. Car les journalistes guinéens sont très mal payés, ce qui les conduit à faire des informations « sous commande » et l’apparition de l’expression mon ‘GOMBO’.                              

Tant de choses à faire dans cet univers, aussi important que la consolidation et la préservation de notre jeune démocratie, mais aussi de la paix et de la quiétude sociale.

                        LAYE MAMADI CONDE   

                            Consultant en Communication

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