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Soguipah : A quand la fin de Mathusalem?

Ce mois de mai marque le 30  ème anniversaire de la création de la  Société guinéenne de palmiers et d’hévéa (SOGUIPAH), basée dans la  localité de Diécké, dans la préfecture de Yomou, à dix kilomètres du  territoire libérien. Apparemment aucune activité n’est prévue pour  commémorer ces trois décennies d’existence. Preuve qu’à la  SOGUIPAH on rit jaune, et le cœur n’est pas du tout à la fête.  

L’entreprise ayant ses comptes dans le rouge. Une situation imputable  sans doute à la dangereuse incurie qui caractérise la gestion de la  société.  Les trente ans marquant la création de la SOGUIPAH ne seront  certainement pas célébrés en ce mois de mai, à la grande déception de  certains travailleurs de la société qui avaient commencé à rêver de ce  moment qui devait servir d’opportunité pour véhiculer « les valeurs, les  réussites et la vision de l’avenir », pour ce fleuron de l’industrie guinéenne.  

Ils espéraient en effet profiter de cette célébration pour oublier un peu les  kafkaïennes difficultés qui rythment leur vie quotidienne. Car à Diécké, dont  la survie dépend de la SOGUIPAH, l’argent se fait dorénavant rare. Pour  preuve, une des deux banques présentes dans la zone a fermé sa  succursale, vu que les activités sont fortement en baisse.  

On invoque la chute des cours du caoutchouc, dont le kilogramme de  coagulum se négocie à 4000 francs guinéens, pour justifier les mauvais  résultats qu’affiche l’entreprise, qui à cette allure risquerait de partir en  brioche.  Mme Mariama Camara, la directrice générale qui vient de rentrer récemment  de l’étranger aurait réitéré son appel aux travailleurs à se serrer la ceinture.  Histoire de mieux préparer les esprits au retard de salaire et aux ponctions  effectuées depuis un certain temps dans certaines primes, dont ce fameux  13  ème mois qui n’aurait pas été perçu en fin décembre 2016.

Austérité oblige,  dit-on.  Il faut dire que pour éviter que le navire ne prenne l’eau, Mme Fernandez  veut effectuer un coup de barre pour rectifier une longue période de gestion  pas du tout catholique.  Malheureusement ce sont les travailleurs et le monde paysan qui trinquent  pour de telles turpitudes. Malgré cette situation de délitement, évoquer la  question de sa succession peut passer pour un crime de lèse-majesté.  

Les quelques velléités syndicales qui s’étaient manifestées au sein de  l’entreprise ont été vite étouffées.  Car un tel environnement ne saurait être propice pour des activités  syndicales. Quand il s’agit de défendre surtout les droits des travailleurs.  Vu que la SOGUIPAH ressemble bien à s’y méprendre à une armée  mexicaine, avec une pléthore de « cadres », dont les critères de nomination. 

M. Camara

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