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Développement Rural : Les décideurs et acteurs clefs du secteur Agricole guinéen à l’école de la Gestion Axée sur le Résultat, le Budget Programme et les dispositions de la nouvelle Loi Organique Relative aux Lois de Finances (LORLF) , adoptée en 2012

Disposant dorénavant et pleinement de l’appui de l’Assistance Technique Internationale ‘’ATI’’, le Projet d’Appui au Secteur Agricole en Guinée ‘’PASAG’’ a entamé à travers une série d’ateliers, la phase ultime de son important programme de formation et de renforcement des capacités des acteurs et décideurs du secteur agricole guinéen. Le Pasag est en effet, un Projet stratégique guinéen appuyé par la Banque Mondiale en prélude à l’opérationnalisation du PNIASA (Plan National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire).

C’est donc sous l’égide du PASAG que l’expertise de l’ATI a organisé du 29 mai au 2 juin 2017 à Conakry, une série de 5 sessions de  formation et de partage regroupant les Ministres du secteur Agricole, les  hauts cadres des cabinets et les staffs techniques des départements sectoriels, les présidents des chambres consulaires, des Organisations de Producteurs ainsi que des représentants des structures faîtières et filières du secteur du Développement Rural en Guinée.

Pour Mme Amina Bambara Billa, Chef d’équipe de l’ATI-Pasag, «ces formations sont un préalable au démarrage de l’élaboration des Budgets Programmes au niveau des 4 départements en charge du Secteur Agricole guinéen … il s’agit d’amener les décideurs, cadres et techniciens du ‘’Noyau Dur Stratégique’’ de ces Ministères ainsi que d’autres acteurs de terrain à mieux connaître et s’imprégner de l’outil qu’apporte la Gestion Axée sur le Résultat, les exigences du  Budget Programme, un instrument introduit par la LORLF conformément aux nouvelles réformes en termes de gouvernance économique et financière en vue de leur adhésion au processus ».

Pendant 5 jours, les experts de haut niveau ont exposé à l’attention des participants (environ 300) des modules portant sur la nouvelle Loi Organique Relative aux Lois de Finances(LORLF), la Gestion Axée sur le Résultat (contenus et innovations), le Budget Programme (définition et pratique) tout en déroulant les instruments de suivi évaluation qui encadrent la mise en œuvre de ces outils.

L’objectif de cette nouvelle approche étant d’amener en matière de gouvernance économique et financière, l’administration publique à utiliser les rares ressources pour le financement des activités qui produisent des résultats visibles et mesurables qui impactent positivement les conditions de vie des usagers et des populations.

Très intéressés par l’expérience pilote de Budget Programme, à mettre en œuvre dans les départements du secteur Agricole, 3 des 4 ministres sectoriels étaient présents durant toute la journée, au cours de la première session de l’atelier technique de présentation. Se réjouissant de la forte mobilisation des acteurs, Mme Jacqueline Sultan, Ministre de l’Agriculture et Chef de file du Secteur Agricole, a,  au nom de ses collègues, « salué la pertinence et la qualité des exposés et, surtout invité les participants à s’approprier la LORLF, à s’outiller en Gestion axée sur les résultats et à intégrer l’approche budget programme pour faire du secteur agricole le levier du développement économique de la Guinée ».

Lui emboitant le pas, les Ministres Mohamed Tall de l’Elevage et Assiatou Balde de l’Environnement, Eaux et Forêts se sont félicités « de cette nouvelle approche et espéré sa mise en œuvre rapide et pratique … il faut trouver les voies et moyens nous permettant de passer du rêve à la réalité », concluront-ils.

Au cours des différentes sessions, les présentations en powerpoint et les discussions ont porté sur les innovations et les exigences de la LORL adoptée et promulguée en 2012 qui prévoyait un basculement progressif vers la budgétisation pluriannuelle généralisée en 2017.

Une loi qui ferait des chefs de départements des ordonnateurs des dépenses de leurs ministères et, en même temps leur donne des responsabilités et des devoirs de recevabilités. Les participants ont été suffisamment éclairés sur les nouveaux documents budgétaires, la responsabilisation des acteurs, le processus d’élaboration et de reddition des comptes, les Cadres de Dépenses à Moyen Termes(CDMT) transitoires ainsi que les instruments de suivi-évaluation axé sur les résultats.

A noter que le secteur du Développement rural guinéen, qui regroupe l’agriculture, l’élevage, la pêche et l’environnement contribue à hauteur de 24 % à la création de la richesse nationale(PIB). Occupant une grange importante de la population active du pays, le monde rural regorge  65% de pauvres comparé au 35% en milieu urbain.  En outre, on est loin des engagements pris par le gouvernement par rapport au respect de l’objectif Maputo de 10% de la part du budget national à allouer au secteur agricole.  Cette part qui était de 6%  en 2014, au regard des contraintes budgétaires est même en baisse drastique en 2016 malgré la volonté politique affirmée du gouvernement de faire du secteur agricole le moteur du développement économique national.

Sur le plan institutionnel et organisationnel, une étude commanditée par le PASAG souligne le vieillissement du personnel, le départ massif à la retraite des agents cadres d’ici 5 ans, le flou dans les textes organiques, la faiblesse de la qualite des ressources humaines, le faible niveau d’absorption des allocations  sachant que le taux d’allocation du budget annuel est de 5,79% en  2015  tandis que le taux de décaissement est inférieur à 66,69%. Un tableau contrasté qui justifie l’action du PASAG appuyé depuis mars 2017 par l’Assistance Technique Internationale ‘’ATI’’

L’ATI, présente en Guinée jusqu’en 2018 déploiera un plan de formation et de renforcement des capacités des institutions et des acteurs (parties prenantes) du Projet d’Appui au Secteur agricole en Guinée. Un gros challenge pour la Coordination Opérationnelle Déléguée du PASAG engagée dans la mobilisation et l’accompagnement du pays pour gagner le pari de la programmation pluriannuelle des dépenses et outiller les acteurs en matière de gestion des finances publiques, de planification, d’exécution et de suivi-évaluation des activités de nature à obtenir des résultats positifs qui impactent en mieux être, le quotidien des Guinéens.

L’équipe Projet du  PASAG, qui vient de recevoir une mission de supervision d’experts de la Banque Mondiale pour une revue à mi parcours des objectifs assignés, aborde avec beaucoup plus de sérénité et d’optimisme, la dernière phase (2017-2018) de mise en œuvre de ses activités d’appuis institutionnels et de renforcement des capacités des acteurs du secteur agricole en prélude à l’opérationnalisation du PNIASA.

Ibrahima Ahmed BARRY, journaliste-consultant indépendant.

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