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Justice : Farce de réformes avec des réalités qui désenchantent

Cheik Sacko, ministre de la justice

Depuis l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir, beaucoup de réformes ont été annoncées dans le  domaine de la justice. Si besoin en est, on peut citer entre autres réformes : la mise en place du Haut conseil de la magistrature, l’application partielle du statut particulier des  magistrats, la suppression de la Cour d’assises dont le rôle est dévolu desormais aux tribunaux dans le but d’évacuer très rapidement les nombreux dossiers criminels.

Malgré ces efforts qui donnent un goût d’inachevé, beaucoup reste encore à faire pour que cette justice soit aussi proche du justiciable.

D’abord, le cas des infrastructures est une préoccupation majeure. A Conakry, les deux grands tribunaux, qui sont ceux de Dixinn et de  Kaloum se trouvent logés dans des locaux  privés qui présentent un visage pitoyable, indigne d’une juridiction de leur stature.

A Dixinn par exemple, tout comme à kaloum, il n’y a qu’une salle d’audience pour  tous les dossiers qui y sont pendants.

«Nous on a ici plus d’une centaine de dossiers criminels, je ne parle pas des autres dossiers. Et il n’y a qu’une seule salle d’audience, sinon le personnel est  là, bien qualifié. En plus il n’y a qu’un seul véhicule pour tous ces tribunaux. Il nous a été offert par l’Union européenne. Alors, que voulez-vous ? Vous comprendrez pourquoi les dossiers trainent», témoigne un cadre du TPI de Dixinn.

Parlant de leur condition qu’on estimait revalorisée, un argument d’une triste réalité nous en a été opposé. «C’est le traitement salarial qui a été amélioré, pas d’autre. A Dakar par exemple, les magistrats ont leurs véhicules de service, carburant payé et même le téléphone aussi. Ici,  contrairement, c’est le Président de la Cour d’appel et   le procureur général seulement qui en ont. Même ça, il faut le reconnaître, c’est avec Alpha Condé»,  a-t-il déploré.

Autant la justice se plaint du manque de moyens, autant la sécurité s’en plaint aussi. Les incidents survenus récemment à Lambanyi dans la haute banlieue de Conakry où un présumé voleur a été victime de vindicte populaire,  est une preuve éloquente du manque de moyens à la disposition des forces de sécurité aussi.

On apprend d’ailleurs à titre illustratif, que le poste de police qui était tout proche, manquait de tout pour intervenir au point que les policiers ont été obligés d’utiliser leurs téléphones portables pour appeler au secours.

Le bout du tunnel est encore loin, parce qu’il reste encore à faire !!!

ML Cissé

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