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Paysage politique français : Le dynamitage, façon Macron

Emmanuel Macron l’avait promis, les électeurs l’ont fait: le paysage politique tel qu’on l’a connu depuis tant d’années s’est désintégré.

Personne, à commencer par les intéressés, ne pouvait seulement l’imaginer. Certes, Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, semblait en mauvaise posture dans sa circonscription parisienne, où il se présentait pour la septième fois.

Après avoir passé près de 25 ans sur les bancs de l’Assemblée nationale – avec une interruption involontaire entre 1993 et 1997 –, il termine en cinquième position, avec 8,6 % des voix.

Si le patron des socialistes connaît un échec emblématique, il n’est pas le seul. Et pour cause : à l’échelon national, le PS arrive lui aussi bon cinquième, avec 9 % des suffrages.

Élisabeth Guigou, présidente de la commission des Affaires étrangères durant le quinquennat précédent, est elle aussi éliminée dès le premier tour en Seine-Saint-Denis, comme le candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon dans les Yvelines, l’éléphant Jean Glavany, ancien chef de cabinet de François Mitterrand en 1981, dans les Hautes-Pyrénées.

Autre ironie de l’histoire : Christophe Borgel, secrétaire national aux élections du Parti socialiste, ne sera pas non plus au second tour en Haute-Garonne.

Le Foll seul rescapé

Najat Vallaud-Belkacem se trouve quant à elle en ballottage très défavorable face à l’entrepreneur Bruno Bonnell dans le Rhône. Même si elle assure, bravache, « je l’emporterai » juste après la publication des résultats, ses chances de survie sont minimes.

L’un des seuls rescapés de cette soirée tragique pour le PS en général et les anciens ministres de Hollande en particulier est Stéphane Le Foll, arrivé premier dans la Sarthe.

La droite, avec un peu plus de 20 %, s’en sort un peu mieux, avec quelques grands blessés tout de même, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, qui accuse plus de vingt points de retard sur le candidat de La République en marche dans l’ex-circonscription parisienne de François Fillon, réputée imperdable, mais minée par les candidatures dissidentes.

L’amère victoire des démocrates

L’effet de souffle ne s’arrête pas là. Il atteint aussi les partis extrémistes. Le Front national recueille 13,2 % des suffrages, un résultat inférieur à celui qu’il a enregistré en 2012.

La France insoumise plafonne à 11 %, en net retrait par rapport à la performance de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Cette victoire des démocrates face aux populistes a toutefois un revers : l’abstention record (plus de 51 %), qui contribue elle aussi à modifier le visage du second tour. Elle limite en effet, question d’arithmétique, le nombre de triangulaires, puisque peu de candidats atteignent la barre de 12,5 % des inscrits pour espérer se maintenir.

En l’espace de quelques semaines, l’ensemble du paysage politique, que l’on croyait immuable, est plus bouleversé encore que ne le prévoyaient les oracles les plus fantasques.

Le point.fr

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