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Séjour d’André Ayew à Conakry : «Cette fois-ci j’ai jugé nécessaire de ne même pas appeler le ministre Siaka» (Entretien avec Ahmed de Paris)

Ahmed de Paris

Depuis un peu plus de 24 heures maintenant, l’international Ghanéen André Ayew séjourne à Conakry. Connu sous le nom Ahmed de Paris, notre compatriote Ahmed Sékou Camara est le principal artisan de ce séjour du fils d’Abedi Pelé en terre guinéenne. Dans un entretien exclusif qu’il a accordé ce jeudi, 29 juin 2017 à la rédaction de Mosaiqueguinee.Com depuis l’hôtel où la délégation est logée, Ahmed de Paris répond à coeur ouvert à quelques questions qui tournent autour de la venue du jeune Ayew, la relation entre lui Ahmed et le ministre Siaka Barry, et le passage raté de Samuel Eto’o.

Lisez !

Mosaiqueguinee.Com : Vous avez fait venir André Ayew, on imagine quand même que ce n’est pas simplement du tourisme. Dites-nous l’objectif de ce séjour de la star Ghanéenne à Conakry.

Ahmed de Paris : Comme vous le savez, j’ai pour habitude de faire venir des gens. Donc après Samuel Eto’o et Kader Keita, aujourd’hui  j’ai fait venir André Ayew qui est plus qu’un frère. C’est mon meilleur ami depuis près de 12 ans. C’est depuis longtemps qu’on avait en tête l’idée de venir à Conakry. André Ayew est un jeune très très positif, réfléchi, qui est au dessu de la moyenne sur le plan sportif et aussi dans tout ce qui suit. Il est aussi responsable que n’importe quel autre footballeur africain.

Mosaiqueguinee.Com : Il est là pour combien de jours et qu’est ce qui va être fait concrètement durant son séjour ?

Ahmed de Paris : D’abord il doit repartir demain. Nous avions rencontré hier le président de la Fédération Guinéenne de Football que nous devons rencontrer encore aujourd’hui.  Nous voyons d’abord avec les autorités ce qu’il y a lieu de faire pour aider cette jeunesse sportive de Guinée.

Comme vous le savez, il a beaucoup d’entrées à Marseille et ailleurs. Donc il est prêt à mettre ses entrées à la disposition des jeunes guinéens. Pourquoi pas parler aussi d’un éventuel centre de formation que son père avait bien voulu offrir à la Guinée ? Tout dépendra de la manière dont on va nous faciliter les choses, puisque vous vous rappellerez qu’avec Eto’o, nous avons rencontré un échec total. Nous essayons cette fois-ci de ne pas faire beaucoup de bruit comme nous l’avions fait auparavant.

On apprend de ses erreurs ! Donc cette fois-ci nous venons petit-à-petit et préférons que les autorités nous disent s’il y a une possibilité de bâtir quoi que ce soit pour cette jeunesse. Nous sommes à la disposition du sport guinéen parce qu’on a un rôle à jouer. Je ne suis pas le meilleur des jeunes Guinéens, seulement c’est que j’ai beaucoup de patriotisme en moi.

Mosaiqueguinee.Com : Une rencontre est prevue entre le joueur et le Président de la République de Guinée, vous ne pouviez pas vous en passer ?

Ahmed de Paris : Non ! Vous savez, la plupart des grandes célébrités ou des grandes personnalités qui arrivent en Guinée rencontrent le Président de la République, c’est tout à fait normal. Je pense aussi que la rencontre avec le Président pourrait changer pas mal de choses.

Les choses que nous devons faire doivent passer forcément par l’Etat, donc  je crois que rencontrer le Chef de l’Etat est légitime dans ce cas. Lorsque nous avons fait venir Eto’o, on n’a pas eu toute cette intelligence d’impliquer le Président dans le projet.

Pour l’instant rien n’est encore décidé, on a peut être des projets mais tout dépendra de ce que nous rencontrerons sur le terrain et aussi de la motivation et de l’engagement du gouvernement à pouvoir nous accompagner.

Mosaiqueguinee.com : Après le passage de Samuel Eto’o à Conakry sous vos auspices, vous avez dû entendre dire en Guinée que c’était simplement du tourisme, cela ne vous a pas choqués ?

Ahmed de Paris : Oui, j’ai été choqué, j’en ai parlé plusieurs fois. Franchement, les dessous de l’arrivée d’Eto’o, je ne préfère plus en parler puisque c’est un sujet qui fâche. Très sincèrement, aujourd’hui on aurait pu avoir un centre de formation digne de ce nom mais bon…l’heure de Dieu est toujours la bonne, mais je ne regrette rien, parce qu’étant croyant.

Mosaiqueguinee.Com : Et Siaka Barry, l’actuel ministre des Sports, l’avez-vous rencontré ? Est-ce que vous trouvez en lui un bon interlocuteur ?  

Ahmed de Paris : Moi je ne suis pas un démagogue, je suis très différent des Guinéens qui font de la démagogie, qui font du m’as-tu vu. Siaka Barry est un ministre pour qui j’ai beaucoup de respect mais j’ai eu quand même à l’approcher pour des projets. A chaque fois que ce fut le cas, ce fut un échec.

J’aimerais donc lancer un message fort au ministre Siaka Barry afin qu’il comprenne que nous sommes là plutôt pour aider le pays. Lorsque nous venons vers eux, c’est pour apporter et non le contraire. Cela m’a vexé par moment ! Par exemple l’arrivée de Kader Keita, qui avait un gros projet pour la Guinée, il a promis de nous rencontrés mais il ne l’a jamais fait.  Cette fois-ci j’ai jugé nécessaire de ne même pas l’appeler.

Mosaiqueguinee.Com : Allez-vous créer un pont entre André Ayew et des joueurs Guinéens dont certains sont en manque de repère au niveau international ?

Ahmed de Paris : Oui, bien sûr ! L’objectif c’était ça, c’est pour ça qu’hier on a fait une soirée où on a convié des joueurs Guinéens mais vous savez, on souffre d’un problème de complexe dans ce pays et nous devons arrêter ça.

Notre priorité c’est que ces gens rencontrent nos frères Guinéens et qu’ils se donnent les mains pour avancer tous ensemble. Mais on ne peut pas forcer la main à quelqu’un. Moi en ce qui me concerne, mon objectif principal aujourd’hui ce sont ces jeunes qui sont dans les ghettos, ces jeunes talentueux mais qui n’ont aucun espoir de  pouvoir devenir demain des grands joueurs. Ce n’est pas ces gens qui sont déjà arrivés et qui font la grosse tête.

Mosaiqueguinee.Com : Un message à l’endroit des Guinéens !

Ahmed de Paris : Comme je le dis souvent, la Guinée est une famille, nous sommes tous fils de ce pays, nous n’allons pas attendre à chaque fois que le gouvernement fasse des choses. Des Guinéens comme moi, il y en a des centaines, j’en connais plein qui sont en dehors d’ici. Il faudrait qu’on arrête de penser d’abord à notre propre intérêt, qu’on pense aussi à l’avenir de ces jeunes Guinéens qui ont vraiment besoin de nous.

Interview réalisée par Thierno Amadou M’Bonet Camara

 

Commentaires

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1 Commentaire

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  1. Guinée

    30 juin 2017 at 11 h 44 min

    J’ai honte de cette jeunesse guinéenne. Je me demande qu’est ce qui est extraordinaire dans la venue de Andre Ayew

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