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CENI : La crise telle que vue par Abdourahmane Sanoh, président de la PCUD (Interview)

Dans un entretien accordé à la rédaction de Mosaiqueguinee.com, le président de la Plateforme nationale des Citoyens Unis pour le Développement (PCUD), n’est pas passé par mille chemins pour dépeindre la crise que traverse la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI).

Abdourahmane Sanoh ne cache pas ses ambitions de voir les acteurs politiques extirpés de l’institution chargée d’organiser les élections en Guinée.

Lisez !

Mosaiqueguinee.com: Depuis quelques semaines la CENI traverse un conflit entre commissaires opposés, qu’en dites-vous ?

AS : Pour nous c’est un non-événement, on est même étonné que les gens en fassent un événement. Depuis 2012, on a voté une loi qui portait en elle les germes d’un conflit. La CENI a été constituée sur la base d’intérêts opposés. Il ne faut pas s’étonner qu’elle soit traversée par une crise.

Mosaiqueguinee.com: Quelle solution de sortie de crise la PCUD envisagerait-elle ?

AS : Nous pensons que les textes sont clairs. S’il y a un conflit entre les commissaires au point qu’on en arrive là où on est aujourd’hui, premièrement, il faut se référer à la classe politique, qui a imposé une CENI de ce genre.

Il faut se référer à l’Assemblée Nationale qui n’a pas été capable de trancher, d’assumer ses responsabilités par rapport aux attentes des populations. Il faut également se référer à la justice parce que les textes sont certainement  clairs la-dessus.

Mosaiqueguinee.com: Alors, quel type de CENI proposeriez-vous?

AS : La PCUD  a toujours pensé qu’il faut sortir tous les intérêts égoïstes de la CENI. Imaginez un match de football dont le corps arbitral est constitué par les deux équipes. Dans ce genre de situation, toute faute qu’on siffle est suspecte à l’avance. C’est le cas de la CENI !

Il faut sortir les politiques de la CENI pour qu’elle  respire. Mais, il faut faire en sorte qu’on y mette des hommes et des femmes capables d’honorer et d’assumer leur responsabilité pas vis-à-vis d’un président ou d’un gouvernement, mais vis-à-vis des citoyens. C’est un instrument qui permet de faire en sorte qu’on garantisse la paix, la sécurité et  la stabilité dans le pays. Elle n’est pas là pour servir quelqu’un, donc il faut mettre en place un dispositif de ce genre pour qu’on puisse avancer.

Pour rassurer les acteurs politiques, il y a d’autres mécanismes qu’on peut mettre en place pour permettre aux gens qui sont en compétition politique de s’assurer que le processus et l’administration des élections sont transparents, sans qu’il ne soit possible pour ces acteurs d’interférer.  Cet aspect extrêmement important nous permet d’avoir une CENI moins conflictuelle, débarrassée des politiques.

Mosaiqueguinee.com: Ne serions-nous pas obligés dans ce cas, d’importer des expertises comme ce fut le cas en 2010 ?

AS : On n’a pas besoin de trafiquer notre souveraineté. Le problème n’est pas seulement la CENI,  toutes les institutions sont dans cette situation, elles  sont toutes défaillantes.

Mosaiqueguinee.com: Quel schéma pour une Guinée avec moins de crise politique ?

AS : il est question aujourd’hui de voir comment nous pouvons faire en sorte qu’on ait le courage de s’asseoir pour une large concertation. Réfléchir sur comment inverser la tendance, pour que le système serve la cause des populations. Le système doit permettre d’avoir un environnement stabilisé, un système politique tourné vers la cohésion. Aujourd’hui, il y a lieu de ramener  le débat autour de la question suivante : Quel système politique nous faut-il ?

Interview réalisée par Alhassane 3 Diallo

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