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Marche de l’opposition républicaine : le FAD officialise une position commune

S’ils l’avaient fait de façon  individuelle, les partis membres du Front pour l’Alternance Démocratique (FAD), à  travers une déclaration commune, viennent de se désolidariser officiellement de l’opposition républicaine qui tient à  organiser une série de manifestations politiques à Conakry.

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Le Front pour l’Alternance Démocratique (FAD) a été informé, par ses représentants à la plénière de ce jeudi, 06 juillet 2017, du programme des prochaines manifestations de l’Opposition Républicaine pour, essentiellement dénoncer le non-respect par le pouvoir, de l’Accord Politique Inter-guinéen du 12 Octobre 2016.

  Le Front réitère, conformément aux dispositions de l’article 10 de la Constitution, son adhésion totale et entière au sacro-saint principe de la liberté de cortège et de manifestation. Celle -ci d’ailleurs, participe de l’exercice des libertés individuelles et collectives et constitue l’expression même de la vitalité de la démocratie et de l’État de droit. Mais en aucun cas, ces manifestations ne peuvent et ne doivent constituer en soit, pour un parti politique ou une entité quelconque, des objectifs ultimes.

  Le FAD précise que par le passé, les manifestations politiques sur les voies et places publiques ont constitué, pour l’Opposition Républicaine, des moyens de pression sur le pouvoir. Elles ont permis de contenir ses élans liberticides et dictatoriaux et ont contribué ainsi à l’ancrage démocratique et  à l’amélioration de la qualité de la gouvernance exercée dans le pays.

  Cependant, Le Front pour l’Alternance Démocratique rappelle qu’il y a plus de trois mois,l’opposition  républicaine avait fait le constat du blocage dans la mise en oeuvre de l’Accord du 12 Octobre 2016 et avait décliné à l’intention de l’opinion, un calendrier de manifestations ( meetings et marches pacifiques) qui devaient se dérouler avant, pendant et après le mois de ramadan. Mais du fait de l’absence prolongée dans le pays, pendant près de deux mois, du Chef de file de l’Opposition, cet agenda n’avait pu être respecté.

  Entre-temps, la situation a évolué de manière significative et les réunions du comité de suivi chargé de l’application de l’accord politique ont effectivement repris avec la participation régulière et active des trois représentants de l’opposition dont deux députés de l’UFDG.

  Le FAD soutient que dans le contexte politique actuel, au regard des progrès enregistrés ces dernières semaines dans le processus de mise en oeuvre des dispositions du dernier accord, les manifestations projetées en mai dernier deviennent pour l’instant sans objet.

  En effet, les deux dernières sessions du comité de suivi ont mis en évidence des progrès reconnus par tous ses membres autour notamment des dispositions suivantes:

  – la libération effective de la totalité des personnes détenues dans le cadre des manifestations de l’opposition ;

– l’Arrêt de la Cour Constitutionnelle sur le Code Electoral qui ouvre la voie à sa promulgation après amendement ;

– la finalisation en cours de la liste des personnes devant être indemnisées au titre des victimes de violences à l’occasion des manifestations ;

  – la participation de la CENI aux travaux du Comité de Suivi de l’Accord du 12 Octobre. Ce qui donnera plus de visibilité sur le calendrier électoral et l’audit du fichier électoral;

  – la participation de l’opposition a l’atelier d’imprégnation et de croisement d’expériences organisé par l’OIF en vue de faciliter et d’enrichir les débats parlementaires autour de la réforme de la CENI;

  – l’organisation effective d’ateliers régionaux par le ministère en charge de l’administration du territoire pour sensibiliser les administrateurs territoriaux sur leur responsabilité en matière de neutralité du service public ainsi que l’édition et la vulgarisation du code de déontologie de la fonction.

  Certes, des disposions restent encore totalement ou partiellement inappliquées, mais le FAD estime qu’à ce jour, l’organisation de manifestations politiques dans ce cadre précis est totalement contre-productive et le restera tant qu’il existera un cadre de dialogue auquel l’opposition participe pleinement.

  L’appel aux manifestations sur les voies et places publiques doit se faire de façon responsable et parcimonieuse en raison des risques réels de violences et de la probabilité de pertes en vies humaines et de destruction de biens matériels.

  En effet le pouvoir actuel, dans sa volonté de brider les libertés consacrées par la Constitution fait souvent effectuer des opérations de maintien d’ordre avec des armes non conventionnelles occasionnant de nombreuses pertes en vies humaines.

  En conséquence, soucieux de garantir un climat politique apaisé et  favorable à la mise en oeuvre de l’ensemble des dispositions de l’Accord Politique du 12 Octobre, devant améliorer la transparence du processus électoral ainsi que de la préservation de la quiétude sociale, le Front pour l’Alternance Démocratique se désolidarise complètement de cette décision annoncée de manifestations de l’Opposition Républicaine. Il décide subséquemment de retirer ses représentants de la commission d’organisation de ces manifestations et se réserve le droit de participer aux prochaines manifestations éventuelles pour autant que leurs motifs soient pertinents et leur utilité clairement établie.

Le FAD exhorte l’opposition républicaine à s’abstenir à l’avenir de toute décision unilatérale et à éviter de mettre certains de ses membres devant des situations de fait accompli préjudiciables à son unité et à sa cohésion.

Conakry, le 10 juillet 2017
Le Front pour l’Alternance Démocratique

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