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Application de l’accord du 12 octobre, débat sur l’éventualité d’un 3ème mandat… Tibou Kamara apporte des précisions (Interview)

Dans un long entretien téléphonique  avec la rédaction de Mosaiqueguinee.com, le ministre d’Etat Conseiller personnel du Chef de l’Etat, s’est exprimé mardi soir sur non seulement sur les avancées que connait l’application de l’accord politique du 12 octobre, mais aussi le débat sur l’éventualité d’un troisième mandat. Tibou Kamara estime que ce fameux débat qui occupe de plus plus les esprits, et qui a déjà conduit à l’arrestation des artistes Takna Zion et Elie Kamano, est futile.

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De l’application de l’accord politique du 12 octobre 2016

De l’application de l’accord, est née une crise de confiance qu’il faut surmonter entre les différents acteurs. Parce que si le pouvoir estime avoir fait assez pour ne pas qu’il y ait de nouvelles revendications qui pousseraient l’opposition à descendre dans la rue, celle-ci estime que les avancées sont insuffisantes par rapport aux délais qui sont impartis pour les différents points de l’accord.

En ce qui nous concerne, nous travaillons à ce qu’il y ait la confiance en posant notamment des actes que l’opposition attend pour que la volonté politique du Président de la République ne fasse l’ombre d’aucun doute, mais aussi que l’horizon par rapport à la crise immédiate que constituent les élections communales, soit un peu plus clair.

Aujourd’hui, le code électoral, comme tout le monde le sait, a été adopté par la Cour constitutionnelle, on attend qu’il soit promulgué par le Chef de l’Etat pour qu’il soit effectif. Ce qui, normalement, ne devrait plus tarder puisqu’on a retourné le code à l’Assemblée nationale pour prendre en compte les remarques faites par la cour constitutionnelle, et présenter au Président le texte le plus élaboré possible, qui soit exempte de reproche. De manière à ce que lorsqu’il est promulgué, il n’y ait pas une nouvelle polémique comme celle qui a précédé son adoption par la cour constitutionnelle.

Donc sa promulgation n’est plus qu’une question d’heures. Et s’il est promulgué, ce serait une avancée qui contribuerait à rétablir la confiance.

Ensuite aujourd’hui, le chef de file de l’opposition a fait parvenir une proposition pour l’indemnisation des victimes, ces propositions ont été reçues par le président. Il est clair qu’il va accorder une attention bienveillante à cela.

Maintenant, le chronogramme électoral et l’audit du fichier, qui sont des actes qui doivent être pris par la CENI, le seront également lorsque la confiance et la sérénité reviendront au sein de l’institution qui, comme vous le savez, est confrontée aujourdhui à une crise interne liée au départ un peu forcé de Bakary de la tête de l’institution et de la volonté des commissaires à procéder à des changements à la tête de la CENI.

Nous, en tant qu’Etat, on ne peut pas s’immiscer dans les affaires de la CENI, mais il est quand même de notre devoir de faire en sorte que la crise ne perdure pas. Surtout qu’elle pourrait empiéter sur le bon déroulement du processus électoral.

Là aussi, des médiations sont en cours pour faire en sorte que la CENI sorte de cette crise et puisse se consacrer à l’essentiel, qui est l’organisation des élections locales.

Je pense qu’une fois que tout cela sera fait, et la volonté de le faire existe au plus haut sommet de l’Etat, on pourra en ce moment revenir à de meilleurs sentiments du côté de l’opposition, et donc à la fin du calendrier des manifestations.

Persistance du débat sur l’éventualité d’un troisième mandat

Moi je pense que pour qu’il y ait un débat sur le troisième mandat, il faut que la question soit officiellement posée. Cela suppose que le Président en exprime l’intention et qu’une reforme soit entreprise pour ouvrir la voie à un troisième mandat. Je pense qu’on n’en est pas encore là. C’est donc difficile d’aller vite en besogne et de faire un débat par anticipation. Le moment venu, si tel était la démarche, il sera loisible à chaque citoyen d’exprimer son point de vue conforme à ses convictions, en tenant compte bien sûr de ce qui va dans l’intérêt de notre pays et qui corresponde à la volonté de la majorité des Guinéens. Donc je pense que puisqu’on n’en est pas encore là, en parler, sincèrement pour moi, c’est se laisser distraire par les préoccupations immédiates.

 

Décrypté par Thierno

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