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Dossier du 28 septembre : Comprendre le bras de fer entre la FIDH et le collectif d’avocats d’une partie des victimes

Présidente de l’Association des victimes

Suite à une plainte déposée au Tribunal de Première Instance de Dixinn par un collectif d’avocats de quelques victimes du massacre du 28 septembre 2009 contre le Général Sékouba Konaté le 26 septembre dernier, la Fédération Internationale de Défense des droits de l’Homme (FIDH), a sévèrement réagi contre Me Hamidou Barry, l’un des avocats.

Dans un courrier qu’elle a adressé au président de l’organisation Guinéenne de Défense des droits de l’Homme et du citoyen (OGDH) le 1er  octobre dernier, la FIDH a accusé l’avocat Me Hamidou Barry de vouloir retarder la clôture de l’instruction du dossier.

«Le 26 septembre 2017, alors qu’une mission internationale de la FIDH était présente à Conakry pour célébrer le 8ème anniversaire du massacre du 28 septembre 2009 et plaider en faveur d’une clôture immédiate de l’instruction et de la tenue d’un procès en 2018, Me Hamidou Barry et plusieurs autres avocats ont déposé devant le tribunal de Dixinn une plainte avec constitution de partie civile à l’encontre du Général Sékouba Konaté… Cette plainte a donné lieu, le lendemain de son dépôt, à un réquisitoire supplétif pris par le procureur de la République. Cette diligence unique dans les annales de la justice guinéenne laisse craindre, non seulement une entente préalable entre les parties prenantes, mais également que l’objectif de ce dépôt de plainte n’ait pour conséquence la prolongation de l’instruction judiciaire et la mise en danger de la tenue du procès…», a mentionné la Fédération Internationale de Défense des droits de l’Homme (FIDH) dans son courrier.

Dans un autre courrier rédigé par le collectif des avocats des victimes du massacre du 28 septembre et adressé toujours au président de l’OGDH, en date du 18 octobre dernier, ils ont qualifié la lettre de la FIDH d’insulte aux avocats guinéens. Ils ont par ailleurs réitéré leur soutien à leur confrère Me Hamidou Barry, avant d’inviter la FIDH à revoir la copie de leur collaboration.

« …Nous vous répétons ici que la lettre de la FIDH est une insulte aux avocats  guinéens que nous sommes. (…) Nous condamnons le contenu de cette lettre avec la dernière énergie et nous nous réservons éventuellement d’initier toute action judiciaire pour obtenir réparation du dommage moral que la FIDH nous a causé », ont-ils déclaré dans leur lettre.

« Avec cette crise de confiance, il nous paraît extrêmement difficile, nous les avocats guinéens de collaborer avec la FIDH, sans l’assainissement et la clarification des termes de nos rapports. (…) En dernier ressort, si la FIDH tient sincèrement à collaborer avec les avocats guinéens, le moins que ceux-ci sont en droit d’attendre de notre partenaire c’est : 1) Que la FIDH reconsidère sa position vis-à-vis des avocats guinéens concernant la lettre du 1er  octobre 2017 ; 2) Que l’on définisse les termes clairs et précis dans la prise en charge des dossiers que nous défendons », ont ajouté ces avocats de certaines victimes du massacre du stade du 28 septembre.

Il faut noter que cette plainte dont il s’agit, n’aura pas de suite car le juge Souleymane Bah, a pris une ordonnance de non informer.

Le ministre de la Justice, Me Cheick Sacko, avait déclaré que le procès allait avoir lieu avant la fin de cette année.

Mamadou Sagnane

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