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Jeunesse guinéenne, complice de son malheur…

Avec le souhait de voir les gouvernants agir pour l’amélioration de leurs conditions de vie, les guinéens se sont habitués à encourager et à féliciter les cadres supérieurs ou Ministres qui se distinguent dans l’accomplissement de leur mission. Si une telle démarche est prometteuse de bonne gouvernance, la tendance actuelle frise le sensationnel.

Depuis l’introduction de l’évaluation trimestrielle des ministres dans le gouvernement de consensus, la distinction des Ministres travailleurs est devenue un exercice passionnant pour différents observateurs.

Parlant du bilan, on pourrait se poser des questions de savoir quels actes a-t-il posé ? Quels sont les impacts de ces actes sur le quotidien des citoyens ? Mais en lieu et place des observations objectives, l’on tombe dans des appréciations fondées sur des publications virtuelles que des actes concrets.

De la culture à la citoyenneté, les avis divergent et la récupération est devenue monnaie courante.

Un Ministre, qualifié de meilleur de son équipe, qui anime pendant près de deux ans un Ministère qui n’a ni direction régionale ni direction préfectorale peut-il parler d’impact ou de dissémination de ses initiatives à l’intérieur du pays ? Malgré la présence des cadres sur les réseaux sociaux, le Ministère reste sans site internet, vitrine du pays pouvant soutenir la promotion des valeurs sportives et culturelles. De quelle grande qualité parlons-nous chez un tel haut cadre?

Par ailleurs, un autre relevant de la même équipe gouvernementale et bercé par tous, même s’il s’avère difficile de pointer du doigt l’impact de ses actions sur les citoyens ; je parle bien d’impact et non d’actions menées ; se permet de réduire au néant le Peuple, dirais-je la « Nation » qui revient toujours dans ses discours.

L’organisation de la Semaine Nationale de la Citoyenneté et la Paix (SENACIP) est garantie par une Loi. Dire qu’on ne l’organisera plus, revient à dire que soit on ne sera plus Ministre de ce département d’ici Novembre prochain, soit l’organisation est foncièrement liée à sa personne.

Je condamne un tel orgueil à dire, j’ai un discours, comme la Présidence et le gouvernement ne sont pas là, vous ne méritez pas que je le lise. Pire, comme je suis propriétaire de la SENACIP, je déclare que c’est la dernière édition qui prend fin aujourd’hui. Quelle offense ?

Le Peuple massivement mobilisé ne suffisait-il pas ? Les invités ayant aménagé leur calendrier pour accompagner le Peuple de Guinée ne comptaient-ils pas ? N’y a-t-il pas un autre moyen pour faire parvenir le discours aux absents si le contenu les concerne?

Il faut déplorer tout simplement le populisme qui caractérise les actions publiques ainsi que les publicités gratuites qui les alimentent. Ce problème est transversal et les partis politiques, les organisations de la société civile et le gouvernement ne sont pas épargnés.

Un responsable politique qui vit du faux, de alpha à l’Omega, qui pollue les médias et réseaux sociaux est pris comme meneur de son Parti par ce que le fond ne fait plus l’objet de réflexions.

Un vendeur d’illusion qui se dit activiste de la société civile et qui se fait des selfies pour inonder les réseaux sociaux est considéré comme acteur du changement oubliant qu’un bon travailleur n’a pas de temps pour la publicité gratuite. On vend des travaux dont l’impact n’existerait pas 24 heures après l’action rien que pour donner l’impression qu’on existe et se faire des « archives ».

Un ministre qui se fait des selfies ou qui plonge avec le jeu de mots est applaudi même si ses objectifs se résument au nombre de « J’aime » sur les réseaux sociaux. Les actions ne sont plus menées pour s’immortaliser à travers le service rendu au Peuple.

Dans un pays où la facilité fait la règle, peut-on s’attendre à une vie meilleure? Le sensationnel suffit-il pour apprécier les actions d’un responsable fut-il Ministre ? Il est grand temps, pour la Jeunesse de Guinée, d’être plus exigeante vis-à-vis des commis de l’Etat et les personnalités publiques s’elle veut voir le bout du tunnel dans un temps raisonnable.

Et comme disait un intellectuel guinéen, quand on veut devenir quelqu’un, il faut faire quelque chose. Mais vouloir devenir quelqu’un sans faire quelque chose, on tombe dans le malin et le malin ne sert que Satan.

 

Mohamed Cissé

Enseignant chercheur

momci2004@gmail.com

Commentaires

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1 Commentaire

1 Comment

  1. M.Souaré

    14 novembre 2017 at 10 h 19 min

    Monsieur cissé vous vous etes enseignant chercheur de quoi? Pour venir nous assener des banalités consternantes. On voit votre cible….,cest pathetique.
    Cest justement des gens comme vous qui trompez la jeunesse guinéenne par la haine et le mensonge.
    Pour votre information, si vous en avez bien sur besoin, le ministre gassama na jamais dit que cest la fin de la senacip, il a dit et les textes existent que son aventure à lui avec la senacip est terminée. Quoi de mal à cela? En a til le droit ou pas? Surtout quand vous subissez lhumiliation et le sabotage des gens auxquels vous travaillés…
    Moi je trouve cela honnete, cest courageux et sincere. Un exemple a suivre….
    Arretez de deverser vos haines sur des gens qui ne font pas comme vous voulez en les accusant de mauvaises foi.
    Occupez vous de votre recherche vous navez rien trouvé encore,
    En tout cas vous vous etes pas un modele pour la jeunesse…et tant mieux

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