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Le mystère impénétrable des leaders politiques : pourquoi sont-ils inamovibles ? (Opinion)

C’est une tendance générale. Les partis politiques souffrent de la stabilité permanente de leur direction politique. C’est la maladie commune à toutes les formations politiques de toute obédience confondue de leur naissance à nos jours !

Alpha Condé a fait près d’un demi siècle à la tête du RPG, Sidya Touré célèbre ses 17 ans avec l’UFR, Cellou s’apprête à fêter ses 10 ans avec l’UFDG, juste quelques exemples.

De l’oligarchie à la monocratie, nos chefs sont les éternels indémontables. Découvrez la raison !

Tout d’abord il est important, de cerner les deux expressions.

  • L’oligarchie : est un mode de domination dans lequel, une petite coalition tend à exercer une influence disproportionnée sur les décisions collectives d’un groupe.
  • La monocratie : est un mode de domination caractérisé par l’influence d’une seule personne sur les décisions d’un groupe.

‘’Le fait que des dirigeants restent à leur poste pendant de longues périodes, contribue à développer le phénomène oligarchique’’. Commente Robert Michels dans son ouvrage 《 Sociologie des partis politiques.  Selon lui, une telle stabilité sépare les leaders des militants, crée l’esprit de caste et concentre l’autorité, l’influence et le pouvoir entre les mains d’un groupe restreint.

C’est ainsi, qu’il a qualifié les partis d’oligarchie. Car, pour ce sociologue, l’oligarchie se caractérise par la ‘’nonrotation des dirigeants’’. La théorie de la circulation des élites ou leurs  remplacements devient un souci majeur. C’est le cercle fermé d’une boîte avec un mystère impénétrable.

Dans cette étude, l’auteur conclut ce qui suit : Pourquoi cette tendance dominante ?

La raison est simple : « Les dirigeants en place ont l’avantage d’être connus et sont généralement mieux considérés que leurs hypothétiques remplaçants. En les maintenant à leurs postes, on évite de possibles déconvenues’’.

«C’est par paresse grégaire ou, pour nous servir d’un euphémisme, en vertu de la loi d’inertie, que les camarades renouvellent indéfiniment leur mandat aux mêmes chefs ». Il poursuit en affirmant que : ‘’ une nomination à des mandats de courte durée est démocratique, mais aussi tout à fait inapplicable pour des raisons à la fois technique et psychologiques’’.

Maurice Duverger, qui a consacré sa vie à l’étude des partis politiques, tire à son tour cette conclusion : «tout parti politique ayant le sens de l’efficacité a besoin d’un dirigeant expérimenté et compétent. La bataille pour la prise du pouvoir dans une société ne se prête pas à l’amateurisme. Afin de parvenir, le groupe a besoin d’experts et de spécialistes ».

Il fait cette nuance sur le caractère oligarque des partis : « toute organisation démocratique repose sur la division du travail. Mais qui dit division du travail, dit spécialisation et dit enfin spécialiste ». Ce qui signifie en d’autres termes que la non-rotation des leaders politiques n’est pas forcément synonyme de dictature.

La fonction politique est différente de la fonction ministérielle. La fonction politique est à vie. C’est la loi « d’airain ». Pour cette fin de la parenthèse, Robert Michels écrit : « Les chefs démocratiques deviennent inamovibles et inviolables comme jamais dans l’histoire ne le furent les chefs d’un corps aristocratique. La durée de leurs fonctions dépasse de beaucoup la durée moyenne de la fonction des ministres dans les États monarchiques ‘’.

Il faudra donc retenir que l’oligarchie ou la monocratie, a pour but final de créer une efficacité et une stabilité dans l’équilibre de nature à ne pas secouer le cocotier.

Par Habib Marouane Camara

Journaliste et analyste Politique

 

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