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Mamadou Thug après le FENAC 2017 : «nous souhaiterions avoir un ministre de la culture plus culturel que politique»

Mamadou Thug

24 heures seulement après la fin de la 16ème édition du Festival National des Arts et de la Culture (Fenac), les comédiens, à travers l’une des voix les plus écoutées, se plaignent d’exclusion et dénoncent des promesses non tenues.

Le comédien Mohammed Lamine Diallo,  communément appelé  Mamadou Thug, est aussi opérateur culturel.

Il organise ce soir même un festival pour dénoncer les menaces contre la presse privée guinéenne.  Ces deux sujets ont été au cœur  d’un entretien qu’il a accordé à un reporter de Mosaiqueguinee.com.

Mosaiqueguinee.com : que reprochez-vous au déroulement du FENAC 2017 ?

Mamadou Thug : je tiens à féliciter  les initiatives qui font appel au renouveau du travail culturel, parce que c’est un plus pour la culture guinéenne.

Mais le mal au FENAC, c’est qu’on a favorisé un art au détriment des autres. Quand un département organise, il fait appel à tout le monde. C’est comme le ministère  des sports, quand il organise par exemple les jeux olympiques,  il fait appel à toutes les disciplines sportives.

Mais quand le ministère de la culture organise un événement, on met la priorité sur la musique, ce n’est pas bien, ce n’est pas respectueux vis-à-vis des artistes des autres genres.

Un exemple : en 2016, j’étais en discussion franche avec l’ex-ministre, Siaka Barry, en présence de dix médias. Il a présenté des excuses publiques à tous les comédiens parce qu’ils ont commis un tort aux comédiens et aux autres arts.

Les chanteurs ne sont pas les seuls à mériter de jouer devant Alpha Condé, il est le président de tous les Guinéens. Nous méritons aussi de jouer devant lui.

Ce qui fait mal au niveau du ministère de la culture, tu ne peux pas faire une lettre  annonçant ce FENAC, après tu reste en communication avec seulement trois artistes. J’ai du respect pour mes frères Takana Zion, Deeg J Force 3 et Banlieuez’art. Mais, le mal, c’est le fait qu’on ne pense pas aux autres artistes. J’ai du respect pour tous les responsables du département, mais je suis désolé, leur politique n’est pas bonne.

J’ai envie qu’ils comprennent une chose, quand un département organise, ce n’est pas une agence privée qui le fait.  Mais, si le ministère de la culture, notre département à nous tous, organise et qu’il se mette à concurrencer Tidjane World Music, Benedi Record et autres, ça fait mal parce que le ministère de la culture  n’est pas une agence.     

Nous souhaiterions avoir un ministre  de la culture plus culturel que politique. Mais aujourd’hui, il y a plus de la politique  au département que de la culture. Et ça, je sais qu’ils vont  m’en vouloir, mais c’est la vérité.

Quand notre comédien, Moussa Doumbouya, est revenu des jeux de la francophonie avec une médaille, ils ont promis  qu’au prochain FENAC, les premiers en tête de liste pour l’ouverture, seraient  Moussa Doumbouya et les frères Sylla. Cela n’a pas été fait. Il faudrait  qu’on respecte quand même le travail des gens.

Mosaiqueguinee.com : pouvez-vous nous parler de votre spectacle dénommé ‘’ferme Ta Gueule », prévu ce soir même ?

Mamadou Thug : c’est l’acte six  du spectacle du programme  rire non-stop. C’est un rendez-vous où les gens sont invités dans le cabaret chez  ‘’Le Cherif’’,  derrière l’Ambassade des Etats-Unis, pour venir rire pendant deux heures. Nous montons  des  spectacles pour  sensibiliser parce que l’objectif, c’est d’avoir un guinéen nouveau.  

A chaque deux semaines, on travaille sur une thématique. Par exemple, on a travaillé  sur ‘’Ah Conakry !’’  qui dénonce l’insalubrité  dans la capitale.  

Dans le spectacle, il y a la brigade de ‘’Vingt Coups’’. Cette  brigade qui prépare le guinéen nouveau, qui le conseille dans le bon sens de la citoyenneté.   

C’est fois-ci, on a voulu faire ‘’Ferme Ta Gueule’’  qui est une façon de ramener les émissions qui passent dans les radios  sur scène. Pour nous, c’est une façon de dénoncer, une manière de dire au gouvernement  et aux gouverneurs  qui veulent obstruer  la liberté d’expression, que c’est impossible. Et ça se passe ce vendredi à 20 heures, derrière l’ambassade des Etats-Unis.

Interview réalisée par Hassane Kolié  

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