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Le ministre des Télécoms répond au patron de Sabari Fm: «Je ne peux pas me substituer au procureur»

Cette année, tout porte à croire que le Président de l’Union des Radios et Télévisions Libres de Guinée (Urtelgui), applaudira le rapport 2017 de Reporter sans Frontières (Rsf) sur la liberté de la presse en Guinée.

Lui, qui a récemment  qualifié la fermeture de radios privées par les autorités guinéennes, de violation grave de la liberté de la presse, a même taxé le ministre des Postes et Télécommunications d’avoir une pierre à la place du coeur.

En 2013, alors que l’axe dit du mal (Bambéto-Cosa) était en ébullition et échappait très souvent au contrôle de l’Etat, Sanoun Kerfalla Cissé, patron de Sabari Fm et du journal le Diplomate, a vu les locaux de son groupe de médias saccagés par des manifestants surexcités. Suite  aux nombreuses pertes qu’il a subies à cette occasion, comme tout autre investisseur voulant aller encore plus loin, il s’est endetté pour relancer son entreprise de presse, en allant s’installer ailleurs. C’est du moins ce qu’il dit.

Chez nos confrères des GG cette semaine, il s’est étonné de la fermeture de sa radio par une équipe de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (Arpt) pour non-paiement de redevances, malgré ses démarches administratives auprès du ministère de tutelle pour obtenir  une faveur, ne pouvant pas, selon lui,  payer ses redevances. Pour lui, le ministre a juste fait preuve de mauvaise foi, en se comportant comme quelqu’un qui a une pierre à la place du coeur.

Lors d’un entretien qu’il a accordé hier à une équipe mixte de journalistes de Mosaiqueguinee.com et d’Espace TV, dans son bureau, nous avons demandé au ministre Moustapha Mamy de donner sa version des faits concernant particulièrement la radio de Sanoun Kerfalla Cissé.

« Oui, j’ai écouté ce que M. Cissé a dit. Je vais être franc avec vous. En temps normal, M. Cissé est mon ami, mais je fais une différence entre mon travail et mes relations personnelles. Certes sa radio a subi des dégâts, qui sont déplorables. Il a écrit, mais il n’y a aucune disposition légale ou réglementaire qui me permet de dire à M. Cissé qu’il est exempté du payement des redevances ou du renouvellement de sa licence. Si des enquêtes avaient été menées par les services compétents, peut être qu’on aurait pu identifier ce qui ont saccagé les installations de la radio Sabari Fm, et les juger. On aurait procédé au dédommagement de M. Cissé. Mais je ne peux pas me substituer au procureur, je ne peux pas dire à M. Cissé, malgré toute la sympathie que j’ai pour lui, d’être dans une position qui ne respecte pas la loi », a longuement réagi le ministre qui dit être engagé à aller jusqu’au bout de cette opération de fermeture des radios non en règle vis-à-vis de l’ARPT.

Thierno Amadou M’Bonet Camara

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