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Mamadou Djakwane Diallo, tué par balle : l’absence de l’Etat et du RPG à ses obsèques agace Dalein (Interview)

Faussé par une balle le 06 février dernier dans un contexte de violences post-électorales dans le quartier Carrière, commune de Matam, l’étudiant Mamadou Djakwane Diallo a été inhumé ce vendredi 09 février 2018.

Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG et  l’opposant Alhousseny Makanéra Kaké, ont pris part à la prière funèbre. Au sortir de la mosquée, où a eu lieu cette prière funèbre dans le quartier Carrière, le chef de file de l’opposition a répondu à quelques questions des journalistes présents.

La mine serrée, entouré des membres de sa délégation, de militants et de simples badauds venus contempler, Cellou a attribué cette énième mort aux forces de l’ordre, déploré l’absence du gouvernement à l’enterrement de la victime, et fustigé l’impunité garantie, selon lui, à ceux qui tuent des militants de l’opposition.

Lisez !

  • Vous  assistez aux obsèques de ce citoyen tué dans des violences post-électorales, quel sentiment avez-vous ?  

Je suis naturellement très triste. D’abord, c’est peut être la quatre-vingt deuxième personne que nous inhumons, des victimes de la répression aveugle des forces de l’ordre.  Ce qui est plus triste encore, c’est qu’on sait que celui qu’on vient d’enterrer n’aura jamais droit à la justice.

Celui que nous venons d’enterrer était étudiant en deuxième année à l’université. On a décrit les circonstances dans lesquelles il a été abattu par les forces de défense et de sécurité qui sont chargées normalement de d’assurer la sécurité des citoyens. Mais c’est triste pour notre pays, lorsqu’on accumule plus de 80 morts et que jamais, aucun d’entre eux n’a droit à la justice parce que simplement, ils sont des militants de l’UFDG.

Alors que l’Etat est censé être là, aucun  membre du gouvernement, aucun responsable du RPG  pour venir soutenir  la famille alors que c’est un citoyen guinéen, un compatriote, un frère.

Ce n’est pas simplement une bavure, même si c’était le cas, il méritait la compassion de tout le peuple de Guinée. Ils ne sont pas là, ils ne sont jamais venus, c’est comme s’ils en étaient heureux.

C’est triste, sous l’effet d’une haine qu’on n’arrive pas à expliquer, que le gouvernement ne prenne aucune disposition pour déclencher une enquête, identifier les coupables, les sanctionner pour que ça ne répète plus. Mais personne n’est là, il n’y aura jamais d’enquête, il n’y aura jamais de justice ! Je souhaite que cela change.

  • Allez-vous demander l’ouverture d’une enquête ?

Je vous dit qu’il y a plus de 80 victime, il n’y a jamais d’enquête. On a revendiqué ça dans les dialogues, on a obtenu l’engagement du gouvernement dans les accords politiques, ça n’a jamais été suivi d’effet.

  • Certains résultats seront proclamés ce soir par la CENI, quel est votre message de paix à l’endroit de vos militants ?

Ecoutez, je suis triste, nous sommes au cimetière là ! Je suis venu exprimer ma tristesse, je souhaite que le vol, l’injustice, les hold-ups électoraux s’arrêtent. On n’obtient pas la paix par l’exhortation à la Paix. On obtient la paix par la justice et le respect des droits des autres. Mettons-nous ensemble en tant que guinéens, nous qui avons en partage ce pays, essayons d’instaurer l’état de droit, la démocratie, une démocratie apaisée.

Thierno Amadou M’Bonet Camara

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