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Grève des enseignants : Face au règne de la rue, l’État s’efface devant des manifestants déchaînés (constat de la journée)

Le début de la cinquième semaine de la grève des enseignants, révèle la face la plus hideuse d’une gouvernance têtue qui burlingue et qui a, pourtant montré, la nécessité d’un besoin de toilettage de toute sa composante pour ne pas que la défiance de la population exprimée dans la rue n’ait raison du régime.  

De Kaloum au Km36, Conakry ressemblait ce lundi 11 mars, à une ville fantôme où les manifestants faisaient la loi.

Circulation impossible à cause des barricades érigées partout, même dans les quartiers qui servent habituellement d’issue en pareilles circonstances.

Activités paralysées, bref, la ville a souffert de la grogne des élèves et des parents d’élèves enrégimentés à des endroits avec l’appel à la journée ville morte par l’opposition.

À Kaloum, d’après  ceux qui ont interrogé l’histoire récente de cette presqu’île qui s’est toujours rangée du côté du pouvoir pour souffler dans la même trompette, c’était du jamais vu !

Les femmes, les enfants, les tout-petits aussi et des jeunes étaient tous dans la rue. On fournissait moins d’efforts, ils se donnaient rendez-vous devant les maisons, dans la plupart des quartiers pour désavouer l’Etat.

Certains s’attaquaient aux effigies du Président de la République, un signal fort à lui envoyer pour l’interpeller sur sa gouvernance

Après un quart d‘heure difficile vécu par le Premier ministre en partance à son bureau, pourchassé par des manifestants en colère, qui ont par ailleurs demandé son départ, c’est le député de Kaloum, Baidi  Aribot, qui s’est essayé dans la sensibilisation.

Il en a pris à ses dépens et le député de Kaloum a pu bien mesurer, à cet effet, sa popularité qui est en berne, car il a essuyé la plus grosse humiliation de la part de ses femmes qui l’ont hué et insulté (excusez-moi de peu).  

Des fumées épaisses s’échappaient de partout, amenant la sécurité présidentielle à quadriller le palais interdisant la circulation aux alentours, toute la journée.

Les envolés verbales de la veille, ont sans doute crispé la situation. Des acteurs politiques, à visage découvert ont appelé à une résistance, comme pour dire qu’il n’y a pas d’État, aucune once d’autorité par conséquent, alors à chacun d’assurer sa propre défense.

En banlieue, la colère s’est transportée de l’axe Bambeto-Cosa vers des zones habituellement moins tumultueuses.

Dixinn, Matam, Matoto, dans toutes les communes et quartiers, les barricades ont existé, contredisant ainsi les petits malins opportunistes qui veulent revêtir ces ras-le-bol du saut de la manipulation.  

En entendant que chacun auprès du chef, ne justifie son échec, le peuple en colère, à cause du laxisme pour certains, et la fermeture prolongée des classes pour d’autres, lui, continue d’occuper la rue pour se faire nette dire.

Des citoyens comme toujours, et des médias, ont été pris pour cibles dans cette embrouillamini où le seul coupable ne peut être que le Président de la République qui est constitutionnellement le garant de la sécurité et de l’ordre public.

Son hésitation et sa mauvaise gestion de la crise portent un grand préjudice à État qui s’affaisse  dangereusement.

ML Cissé

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