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Des donzos convoyés par le RPG pour réprimer des manifestants ? «Je ne nie rien… on est dans la violence» (Interview)

Le député Amadou Damaro Camara, chef de la majorité parlementaire en entretien avec un journaliste de Mosaqieguinee.com

De retour au pays après des semaines passées à l’extérieur du pays, Amadou Damaro Camara, chef du groupe parlementaire du RPG-Arc-en-ciel, a accordé une interview à  un journaliste de Mosaiqueguinee.Com à son domicile sis à la minière.

La présence des chasseurs traditionnels appelés « donzos » dans la capitale, les manifestations inédites de Kaloum en début de semaine, les manifestations de l’opposition et l’annonce par le chef de l’Etat d’un « grand » remaniement ministériel, ont été entre autres sujets évoqués dans cette première partie de l’interview que nous vous proposons.

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Mosaiqueguinee.com : l’opposition a commencé une série de manifestations par une journée ville morte lundi, quelle lecture faites-vous de ces manifestations ?

Amadou Damaro Camara : ce n’était pas une ville morte, c’était même une ville trop vivante hier (lundi Ndlr). Tout ça c’est dommage, quand on construit la démocratie, il faut savoir que c’est un processus. Il y a eu des élections communales, quand on  a des revendications, il y a des instances indiquées pour discuter, débattre des contentieux électoraux pour un démocrate. Quand on a arrêté de participer à des élections, qu’on sache à l’avance qu’il y a des instances qui doivent décider des contentieux électoraux et que ces instances, ces institutions de la République, décident  de l’issue de vos plaintes, on doit s’en tenir à ça.

Mosaiqueguinee.com : mais le problème, c’est que le l’Etat aurait demandé à la CENI d’ouvrir les pourparlers avec les partis notamment de l’opposition autour des résultats déjà rendus définitifs. A mi-chemin, l’institution électorale a dit qu’elle ne pouvait pas continuer, n’est-ce pas suffisant pour frustrer l’opposition ?

Amadou Damaro Camara : le Président n’a pas pris d’acte, ce sont des rumeurs. On dit tantôt c’est le palais, tantôt c’est le Président… Mais on ne fait pas la loi à la Présidence. On la fait à l’Assemblée et elle est promulguée par le Président de la République. Même si ça vient de la Présidence, on n’accepte pas de violer la loi. Et surtout, après des décisions des tribunaux, on ne revient pas dans la rue pour dire : « nous ne quitterons pas la rue tant qu’on ne nous donne pas ce qu’on nous a volé ». Qui a volé ? Le problème c’est quoi ? L’opposition guinéenne, ce qu’elle ne peut pas obtenir à l’Assemblée, sur des voies légales, va dans la rue, crée des crises artificielles qui aboutissent à des accords politiques dont l’applicabilité, se heurte sur le terrain à la réalité.

Mosaiqueguinee.com : est-ce que tout ceci arriverait si les magistrats avaient convenablement joué leur rôle dans ce processus électoral ?

Amadou Damaro Camara : qui doit apprécier si les magistrats ont travaillé convenablement ou pas ? Ce ne sont pas les acteurs. Nous (RPG Ndlr) nous ne sommes pas non plus contents de nos résultats. L’opposition n’est pas contente, la mouvance n’est pas contente… c’est ça les élections.

Mosaiqueguinee.com : dans une déclaration publiée mardi, l’UFDG accuse le parti au pouvoir de convoyer des « donzos » à Conakry pour réprimer des manifestatants, qu’en dites-vous ?

Amadou Damaro Camara :  mais est-ce que l’opposition s’est demandée aussi combien de casses a-t-elle déjà faites sous prétexte de ville morte, de marches entre guillemets pacifiques ?

Mosaiqueguinee.com :  vous ne niez pas donc…

Amadou Damaro Camara : je ne nie rien, mais je veux tout simplement dire qu’on est dans la violence. Ils n’ont pas de leçons de violences à donner à qui que ce soit ? Aujourd’hui, ils sont en train d’être violents. La preuve est que les gens ne peuvent pas travailler, il y a eu des blessés, ils ont tué des gendarmes.

Mosaiqueguinee.com : mais si cela est avéré, on ne serait pas en train de substituer les forces de l’ordre républicaines à d’autres forces ?

Amadou Damaro Camara : mais c’est ce que Cellou fait. Prétextant que sa maison a été attaquée, qu’est-ce qu’il a fait ? Au lieu d’appeler la gendarmerie ou la police, il a appelé  des jeunes de Bambéto, il l’a avoué lui-même. Lui-même nie la République… Ce sont les institutions de la République qui ont dit voici les résultats, il les nie et préfère la rue.

Mosaiqueguinee.com : beaucoup disent qu’il n’y avait jamais eu de violences à Kaloum comme il y en a eu lundi contre le régime en place, quelle lecture faites-vous en ?

Amadou Damaro Camara : j’étais en ville, j’ai vu des motocyclistes avec des pneus derrière, s’arrêter, mettre de l’essence sur les pneus et quitter. Les voisins sortaient arrêter le feu, parce que c’est vraiment nouveau à Kaloum. Je ne peux pas dire que ça c’est une façon de faire du syndicat, ce n’était pas pour des raisons syndicales.

Mosaiqueguinee.com : n’est-ce pas le reflet d’une fébrilité du régime ?

Amadou Damaro Camara : il y a absolument un manque d’autorité de l’Etat. Même si cette grève a été mal négociée au départ, on aurait dû appliquer la loi, faire valoir l’autorité de l’Etat au lieu de caresser dans le sens des poils.

Mosaiqueguinee.com : estimant que son gouvernement n’est pas proche du peuple et ne lui dit pas la vérité, le Chef de l’Etat a promis un « grand remaniement », qu’en dites-vous ?

Amadou Damaro Camara : je n’ai rien a dire, c’est son pouvoir discrétionnaire.  Je ne fais pas de remaniement, je ne suis pas candidat à un poste ministériel.

Mosaiqueguinee.com : mais vous êtes quand même du parti au pouvoir…

Amadou Damaro Camara : oui, mais qui ne fait pas de remaniement… c’est le Président qui fait le remaniement. Le parti n’a pas demandé à faire le remaniement, le parti n’a pas demandé à être dans le gouvernement.

A suivre …

Entretien réalisé par Thierno Amadou M’Bonet Camara

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